Lire Station Eleven me fait réaliser que le monde est impressionnant

Je suis en train de lire un lire un roman, Station Eleven, et ça me fait réfléchir à beaucoup de choses. Je vais peut-être écrire plusieurs billets pour parler de tout ça. Voici un premier.

La beauté du monde

On prend plein de chose pour acquis, au point où on oublie la beauté de ce qui nous entoure et le travail incroyable et l’évolution du savoir et de l’expertise qu’il y a derrière. Dans le livre, les personnages doivent apprendre à vivre avec très peu et prennent conscience de toutes les choses qu’ils prenaient pour acquis. Des choses comme la distance qui nous sépare: quand on n’a plus de moyen de transport autre que nos jambes, on ne peut pas aller très loin. Une autre ville à 100 km de distance est un voyage de plusieurs semaines. Quand on n’a plus d’électricité et que nos téléphones et ordinateurs ne servent plus à rien, on réalise soudainement à quel point c’est impressionnant de pouvoir se connecter à l’internet et avoir accès à toutes les connaissances presque instantanément. À pouvoir parler instantanément à n’importe qui simplement en appuyant sur quelques boutons. Quand toute la structure économique disparaît, la moindre babiole devient un chef d’œuvre. Par exemple, un globe décoratif avec de la neige dans de l’eau. Une machine a transformé une feuille de plastique en petits confettis de neige. Quelqu’un a conçu et fabriqué cette machine. Une autre machine a fabriqué le globe en verre. Le verre a été extrait à partir de poussière de roches! Un humain a placé les globes dans une boîte de livraison. Un autre humain a transporté cette boîte dans un camion ou un bateau ou un train. Tout ça, on le prend pour acquis et on lui accorde à peine de valeur: on peut acheter ce genre de babiole décorative au magasin 1$.

On prend tellement tout pour acquis, et tellement vite. Même des choses qu’on n’avait pas il y a 10 ans!

Ces temps-ci, j’essaye de me débarrasser de Facebook et Google et de leurs services qui, oui, sont très pratiques et gratuits, mais qui ont un grand contrôle sur nos vie et ramassent toutes nos données pour les vendre et nous bombarder de pubs. Essayer de se débarrasser de Google, c’est accepter de vivre dans un monde un peu moins connecté. C’est perdre Google Maps et devoir utiliser des cartes moins détaillées. C’est accepter qu’on a moins de nouvelles de nos amis par Facebook et qu’on doive mettre plus d’efforts pour aller chercher ces nouvelles là. En les appelant au téléphone. En les invitant pour leur parler en personne. (oui, oui, j’y travaille!)

Pouvez-vous croire qu’on n’avait rien de toute cette tech v’là 10-15 ans? Maudit qu’on aime ça se créer des nouveaux problèmes!

Mise à jour invisible pour Lightbot

Dans la ligné « narF aime ça travailler pour rien », je pense que je viens de battre un record. Je viens de sortir un update pour Lightbot sur lequel je travaille depuis genre 8 mois. Et la beauté de cet update, c’est qu’il est entièrement invisible pour les joueurs. Mais derrière le rideau, à peu prêt tout le code a été réécrit.

Une mise à jour complètement invisible pour un jeu complètement sans gameplay!

Un exemple d'image créé par Lightbot.

Grosso modo, ce que j’ai fait, c’est que j’ai changé de librairie. Avant j’utilisais discord.io, où il fallait tout faire à la main, et maintenant j’utilise discord.js, qui est beaucoup plus stable. Ça vient aussi avec commando pour la gestion des commandes. Genre ça permet de faire des trucs plus complexe avec les commandes.

Un exemple d'image créé par Lightbot.

On s’entend, c’est surtout un changement pour le futur. Et quand je dis « futur », je veux probablement dire « peut-être… ou peut-être jamais ». I guess que c’était surtout un exercice d’apprentissage. Le code est quand même plus modulaire maintenant. J’aimerais transformer le jeu en bot pour Mastodon (et peut-être twitter? Ou Slack?)

Il y a une certaine beauté à travailler sur quelque chose de futile de manière compulsive. Comme les gens qui font des châteaux de sable. D’ailleurs, cette semaine, je pense aller à un mini gamejam où le « thème » c’est qu’on doit tout effacer ce qu’on a créé à la fin du jam. J’y vois une belle occasion d’apprendre un nouvel outil. Les objets créés disparaissent, mais les apprentissages restent!

Ça ressemble pas mal à 8 mois de travail invisible ça, non?

Oh well. Au moins ça me garde occupé. Ça me fait du bien.

Mise à jour invisible pour Lightbot

Dans la ligné « narF aime ça travailler pour rien », je pense que je viens de battre un record. Je viens de sortir un update pour Lightbot sur lequel je travaille depuis genre 8 mois. Et la beauté de cet update, c’est qu’il est entièrement invisible pour les joueurs. Mais derrière le rideau, à peu prêt tout le code a été réécrit.

Une mise à jour complètement invisible pour un jeu complètement sans gameplay!

Grosso modo, ce que j’ai fait, c’est que j’ai changé de librairie. Avant j’utilisais discord.io, où il fallait tout faire à la main, et maintenant j’utilise discord.js, qui est beaucoup plus stable. Ça vient aussi avec la librairie commando pour la gestion des commandes. Genre ça permet de faire des trucs plus complexe avec les commandes sans que j’aie besoin d’écrire plein de code pour faire ça.

On s’entend, c’est surtout un changement pour le futur. Et quand je dis « futur », je veux dire « peut-être… ou peut-être jamais ». I guess que c’était surtout un exercice d’apprentissage. Le code est quand même plus modulaire maintenant. J’aimerais transformer le jeu en bot pour Mastodon (et peut-être twitter? Ou Slack?) et les changements que j’ai fait sont un pas dans cette direction.

Il y a aussi une certaine beauté à travailler sur quelque chose de futile de manière compulsive. Comme les gens qui font des châteaux de sable. D’ailleurs, cette semaine, je pense aller à un mini gamejam où le « thème » c’est qu’on doit tout effacer ce qu’on a créé à la fin du jam. J’y vois une belle occasion d’apprendre un nouvel outil. Les objets créés disparaissent, mais les apprentissages restent!

Ça ressemble pas mal à 8 mois de travail invisible ça, non?

Oh well. Au moins ça me garde occupé. Ça me fait du bien.

Si ça vous intrigue, le projet est open source. Vous pouvez héberger le bot vous-même. Code Source sur git. Ou vous pouvez aller sur Discord pour l’essayer.

Se plonger dans les souvenirs, et constater que ça va mieux

Je relis des vieilles notes et journaux personnels. C’est drôle de relire ce qu’on pensait il y a des années. Des fois, je me console parce que je me rend compte que j’ai évolué de manière positive. Et d’autre fois, je relis une note et je vois que rien n’a changé.

Prenons celle-ci, daté du vendredi 10 janvier 2014 (donc il y a 5 ans) :

Je suis de plus en plus frustré contre tout et rien ces temps-ci. Je ne suis pas sûr de comprendre pourquoi.

Je suis frustré contre mon Mac qui est rendu lent et qui a plein de problèmes. Je suis frustré contre des trucs niaiseux comme ma manette qui a vidé sa batterie et contre les designer tapon qui n’ont pas mis d’indicateur de niveau de la batterie. Je suis frustré contre Steam qui est rendu lent et qui a un UI de cul. Et des bogues qui font que les jeux effacés ne sont pas réellement effacés et donc continuent de prendre de la place. Je suis frustré contre Google qui essayent de mettre du maudit Google+ partout et qui changent tout tout le temps, mais jamais pour le mieux. Genre les Hangouts pour enregistrer On a juste une vie. Genre Picasa qui crash à tous les 5 minutes.

C’est des petites niaiseries, je sais. J’écris ça et j’ai l’impression d’être un gros bébé gâté qui chiale pour rien. Mais je sais pas, depuis quelques temps, quand je vois du mauvais design, ça m’enrage! Je deviens vraiment fâché.

C’est drôle parce que, comme je disais, d’un côté, j’ai changé. Je suis certainement moins frustré contre tout aujourd’hui qu’à l’époque. Mais les causes de mes frustrations? C’est les même aujourd’hui qu’à l’époque! Steam n’a pas changé. C’est encore une interface de cul qui lag. Et Google continue de pousser leurs produits partout. C’est en partie pour ça que j’essaye de m’éloigner de ces plateformes là.

J’imagine que je suis rendu plus zen. C’est sûr que ça aide que j’ai maintenant une job stable et motivante. Je pouvais certainement pas dire ça en janvier 2014. C’était avant que je commence chez Ludia, quand je faisais des jobines de QA en freelance. C’est-à-dire aucunement stable ou motivant.

Il faut savoir apprécier les changements positifs qui nous sont arrivés dans la vie.

Questionable Content – Une BD qui fait du bien

Je ne me souviens pas quand j’ai commencé à lire Questionable Content. Ça doit faire 10 ans peut-être? La série existe depuis tellement longtemps! C’est incroyable qu’il continue de sortir une page par jour après tout ce temps!

J’essaye vraiment de me rappeler quand j’ai commencé à lire ça. Je sais pas pourquoi, j’ai l’impression que c’est important. Ça m’a accompagné durant tellement longtemps dans ma vie. Ça m’a appris des choses. Il y a tellement de personnages variés et d’histoires interpersonnelles, je pense que ça m’a appris des choses sur la vie, sur les gens.

extrait d'une page de Questionable Content

J’ai recommencé à lire la série à partir du début récemment, parce que j’étais rendu au point où j’avais tout lu ce qui était sortit et que j’en voulais plus. Donc j’ai recommencé du début. Et c’est sûr que c’est un peu choquant de voir le style visuel du début. Et j’avais oublié à quel point il se passe pas grand choses dans les premiers chapitres. Je pense que l’auteur avait encore un peu de maladresse aux niveaux des scénarios. Il aurait pu couper un peu pour augmenter la qualité. Mais en même temps, ça fait aussi parti du charme. L’histoire avance tranquillement, sans qu’il se passe quelque chose d’incroyable et d’exceptionnel à chaque minute. Comme dans la vraie vie.

Et de toute façon, ça se lit tellement vite, on ne voit pas le temps passer. On veut toujours lire une petite page de plus!

extrait d'une page de Questionable Content

C’est une série qui devient meilleure avec le temps. L’auteur s’est amélioré. Il a pris de la maturité. L’éventail des personnages s’est élargi et diversifié, ce qui mène à des histoires plus intéressantes. Les thèmes restent les même, on continue d’explorer les relations interpersonnelles et amoureuses, mais avec des personnages qu’on voit moins souvent, moins conventionnels et donc plus… vrai? Pas juste des jeunes. Pas juste des dudes. Pas juste des chicks sans personnalité. Pas juste des boring people ordinaire qu’on voit dans toutes les histoires.

Du moins, après les premiers chapitre! 😉

extrait d'une page de Questionable Content

Il à récemment sorti la page numéro 4000. C’est certainement un exploit. Félicitation!

extrait d'une page de Questionable Content

Si vous voulez lire ça vous aussi, voici un lien vers le début: début. Comme je disais, les premiers chapitres sont un peu lents, dont n’hésitez pas à sauter des pages, surtout quand ils se mettent à faire des insides jokes de musique qu’on comprends rien! Heureusement, ils font pu ça après un moment.

Mon ami Fred, qui voyait les beaux côtés — Silver Lining

Trigger warning: suicide et autres choses tristes.

Image du vidéoclip Silver Lining de First Aid Kit. Les 2 chanteuses, de dos, regardent une peinture d'un orage dont les nuages noirs ont un contour lumineux.

J’ai appris l’autre jour qu’un de mes amis a mis fin à ses jours. Ce qui est un euphémisme poli de dire qu’il s’est suicidé. C’était un bon ami, même si je ne le voyais plus souvent dans la dernière année. Pendant genre 2-3 ans, je le voyais chaque semaine durant les cinq à sept de la job. C’était mon partenaire de bière, la personne avec qui je pouvais bitcher quand il y avait des trucs moches à la job, mais aussi une personne avec qui on pouvait parler des belles choses dans la vie. Il n’avait aucune gêne et aucun sujet était off limit avec lui. Pour moi, c’était parfois choquant, mais aussi plutôt libérateur.

Je me souviens en particulier d’une de nos dernières conversations. Il m’avait fait un lift jusque chez nous et on avait parlé dans l’auto. Arrivé devant chez moi, on a continué de parler pendant au moins deux heures, jusqu’à très tard dans la nuit. Il me racontait ses problèmes et je lui ai raconté les miens. C’était une époque où j’avais encore beaucoup de difficulté à parler de moi. Il était patient et compréhensif. Il m’encourageais là où j’avais des difficultés avec mes problèmes. Mais rapidement, notre conversation s’était élargie pour parler de choses positives et de comment les gens avaient souvent de la difficulté de parler de la beauté dans le monde. On parlait de l’importance de dire aux gens ce qu’on aime chez eux: si on aime travailler avec eux, si on aime discuter avec eux, ou même juste des petits compliments comme le choix d’un vêtement ou dire aux gens qu’ils sont beaux. C’est bizarre comment, en général, on a tous plus de facilité à dire des critiques que des compliments.

C’est sûr que c’était pas un gars parfait. Ceux qui le connaissait le savent. Ceux qui ont joué avec lui à des jeux online le savent aussi. Il pouvait être pas mal chialeux sur certains sujets. Mais rien de particulièrement alarmant. Il suffisait de changer de sujet pour retrouver le gentil Fred.

On entend des fois les gens dire, quand un de leurs proches meurt à cause d’un suicide, qu’ils avaient perçu des signes mais qu’ils n’ont rien fait parce qu’ils pensaient que c’était pas grave. Mais pour moi c’est réellement une surprise. J’aurais jamais pu même imaginer qu’il allait faire ça.

Est-ce que c’est parce qu’il ne m’en parlait pas? Ou parce qu’il était encore correct les dernières fois qu’on s’est parlé? Ou parce que c’est moi qui a été aveugle aux signes? Peu importe. C’est malsain de penser comme ça alors j’évite de le faire.

***

Parfois, mon cerveau me joue des enregistrements de sa voix. Je l’entend dans ma tête. Je vois sa face. J’entends les phrases qu’il disait. Sa manière de dire «bon». Ou «comment c’qui va?». Ou «prend soin de toi Francis.» Ou «ciao!». Il avait un beau sourire et beaucoup d’empathie.

Je vais m’ennuyer. C’est sûr.

***

Cette nouvelle arrive pour moi à un bien mauvais moment. J’ai eu une autre mauvaise nouvelle cette semaine, plus proche de moi et plus proche du cœur, qui m’a aussi causé une grande tristesse. Alors ouais, la semaine a été tough pour moi. J’ai pleuré pas mal. (Fun fact: saviez-vous que la reconnaissance vocale de Siri est assez bonne pour fonctionner même si on a la voix toute brisée?) J’ai encore les émotions instables, mais ça va beaucoup mieux. Y’a rien comme un gros drame pour te faire oublier tes autres petits drames. Et j’ai la chance d’avoir plusieurs personnes à qui parler de tout ça.

Et donc ce matin, en lien avec tout ça, mon jukebox mental m’a ressorti la chanson Silver Lining de First Aid Kit.

Lien Spotify, Apple Music.

J’ai voulu comprendre ce que les paroles voulais dire donc je suis allée chercher un peu sur Internet. Je suis tombé sur un texte qui analyse les paroles et c’était très beau. Je vous encourage vraiment à le lire (archive). C’est court.

En gros, la chanson parle de comment c’est difficile mais pas impossible de passer par dessus les épreuves de la vie, quand on pense que tout va mal. Comment il faut parfois trouver des gens qui vont nous aider à sortir de notre tourment, nous faire sortir de chez nous et nous faire passer un bon moment, pour faire oublier nos difficultés ne serait-ce que pendant un moment.

I don’t want to wait anymore
I’m tired of looking for answers
Take me some place where
There’s music and there’s laughter

J’aime comment la voix de la chanson mentionne qu’elle a des difficultés et, en parlant à une autre personne, demande de la rassurer, de lui montrer les bons côtés de la situation.

I’ve woken up in a hotel room, my worries as big as the moon
Having no idea who or what or where I am
Something good comes with the bad
A song’s never just sad
There’s hope, there’s a silver lining
Show me my silver lining
Show me my silver lining

Si vous voulez en lire plus, je vous encourage vraiment à aller lire la petite analyse des paroles (archive). C’est très touchant.

***

La première fois que j’ai entendu cette chanson, c’était dans le générique de fin du dernier épisode de Tales from the Borderlands. La musique, qui oscille entre tristesse, espoir et mélancolie, donnait un bon ton à la fin de cette série. (Le jeu est vraiment bon en passant. Vous devriez y jouer!)

Mon ami Fred, comme tout être humain, oscillait lui aussi entre beaucoup d’émotions. Je vais m’ennuyer de toi, Fred.

There’s hope, there’s Silvergunn.

Dresser le Vortex

Ça doit vous arriver à vous aussi: vous ouvrez votre téléphone pour envoyer un petit message ou même juste pour regarder l’heure, mais une notification attire votre attention et vous oubliez ce que vous êtes venu faire. Moi ça m’arrive tout le temps. Je peux perdre des heures à sauter d’une notification à l’autre, d’une app à l’autre, à lire des articles, écouter des vidéos, répondre à des conversations. Bref, perdre des journée entière à gosser sur l’internet.

Et évidemment, qui dit perte de contrôle de son temps dit aussi anxiété, culpabilité, et tous les autres sentiments négatifs qui viennent avec.

Bulle de message texte avec pastille de notifications

Les chercheurs en UX ont commencé à donner un nom à ce phénomène: le Vortex. C’est le nom de la bête qui nous attire et nous garde prisonnier. Le vortex chronophage qui captive notre attention et nous font perdre le contrôle.

Les fabriquants d’apps connaissent bien ça. Ils font exprès après tout. Ils veulent qu’on reste dans leur application et qu’on l’utilise le plus longtemps possible, pour qu’on voit le plus de pubs possible! Je connais bien ça vu que je travaille dans le domaine.

En réponse, les Apple et Google ont essayé de nous donner des outils pour résister au vortex. C’est dans leur intérêt parce que si on vient à perdre confiance ou avoir peur de nos téléphones, ils vont en vendre moins! Comme des vendeurs de drogue qui veulent pas que tu fasses une overdose mais que tu continue d’acheter. Les récentes versions d’iOS et Android ont des outils pour dresser le vortex: information sur combien de temps on a passé chaque jour, possibilité de se mettre des limites pour chaque catégorie d’apps, etc.

Mais c’est encore nettement insuffisant. Bloquer l’app de facebook ne t’empêche pas d’y accéder par le browser par exemple.

Et ça ne permet un blocage que d’application complète. Mais dans la vie, on ne fonctionne pas comme ça. Je reçois des courriels de job et personnels dans la même app. Je reçois des messages texte de mes amis, collègues de job, trucs sérieux et trucs niaiseux dans la même app.

Donc ce que ça prendrait, c’est des catégories pour trier nos contacts. Pouvoir dire: cette personne est un collègue de job, donc je veux pas voir ses messages quand je suis à la maison parce que ça me stress trop. Faire ça ne bloquerait pas mon app de messages au complet. Seulement mes contacts de job.

Dans le fond, c’est similaire au catégories de courriels dans gmail. Les emails de promotions sont dans une catégorie. Les emails de réseaux sociaux sont cachés dans une autre catégorie. Mais c’est encore trop vague. Il faudrait pouvoir trier par personne, pas par app! Et idéalement, pouvoir faire ça globalement sans être obligé de refaire la même configuration dans chaque app qu’on utilise.

Si Apple et Google veulent vraiment nous aider à reprendre le contrôle et dresser le vortex, c’est ce genre d’outils qu’ils devraient nous donner.

Libre arbitre (free will)

Des fois, quelqu’un nous dit quelque chose de tellement nouveau, qu’on n’avait jamais imaginé, et on est complètement choqué. On résiste à cette nouvelle idée, en se disant que c’est probablement faux.

D’autre fois, une idée complètement nouvelle et choquante nous prend par surprise, mais en même temps, on l’accepte immédiatement comme une évidence.

Aujourd’hui j’ai eu cette expérience. J’écoutais cet épisode du podcast de This American Life:

Where there is a will – Act 2: Life is a coin with one side

Dans ce segment, David Kestenbaum explique qu’il ne croit pas en la notion de libre arbitre (en anglais: « free will »). Et…. je sais pas, je pense que j’aurais dû être choqué? Résister un peu? Être incrédule? Mais non. J’ai accepté cette idée sans aucune résistance, comme si c’était une évidence que je savais depuis toujours. Même si je n’avais jamais pensé à ça ou même entendu cette idée auparavant.

En même temps, les arguments sont quand même solides. Notre cerveau est quand même juste un gros moton de cellules (neurones), qui sont elles même un gros moton d’atomes. Et les atomes, ça bouge de façon très prévisible, régi par 4 règles très strictes de physique élémentaire, qui sont la fondation de tout mouvement dans l’univers. Donc nos neuronnes fonctionnent ou « bougent » exactement de la même façon que tout le reste dans l’univers. Nos pensée ne peuvent pas influencer sur ça! On aimerait bien croire que nous, humains, sommes supérieurs à tout ça, que notre cerveau est plus complexe… Mais non. On n’échappe pas aux lois de la physique.

Obey gravity! It's the law!
Obéissez à la gravité, c’est la loi!

Et, ok, on peut penser que les atomes c’est trop petits et trop loin de nous. Que peut-être il y a des choses entre les atomes et nos pensées qui viennent influencer. Une sorte de force divine. Le pouvoir de notre intellect supérieur! Mais en fait, notre cerveau est super prévisible! Et on peut le voir dans certaines situations. Les gens qui ont un accident et qui perdent temporairement la mémoire ont cette expérience où ils vont répéter en boucle les mêmes 5 minutes de leur vie. Ils vont poser les mêmes questions, répondre les mêmes choses, à chaque 5 minutes, pendant des heures et des heures! Si les inputs sont les mêmes, ils réagissent exactement pareil. Aux mots près! Le nom officiel c’est « Transient Global Amnesia ». Et ils en parlent plus en détails dans cet épisode de Radiolab (à 7m25s). C’est comme si leur cerveau était une machine programmée à répondre exactement de la même manière à certains stimulis. Comme une calculatrice qui donne toujours le même résultat si on rentre les mêmes nombres.

Alors ouais. Personnellement, je suis convaincu. Sans la moindre hésitations. On n’a aucun contrôle sur nos pensées et c’est tout. Quand on pense qu’on contrôle nos pensées ou qu’on se force à changer d’idée, c’est quand même juste nos mêmes neurones et nos mêmes atomes qui ont déclenché la réaction en chaîne qui nous a fait penser et décidé ça. On est des robots qui agissent selon comment notre cerveau a été programmé. Et notre cerveau a été programmé par notre biologie, notre éducation et notre environnement.

Et là on peut se dire, wow, si ma vie est contrôlée par les atomes de mon cerveau, maintenant que je le sais, ça va tout changer! Mais genre…. non? Pas tant? Oui, ça semble gros, mais au final, ça change pas grand chose à notre quotidien. Ça ne va pas changer la société ou nos relations ou nos lois parce que c’est pas comme si on allait réussir à convaincre tout le monde que c’est comme ça que ça marche. Alors on va continuer à vivre comme si de rien n’était. On va maintenir l’illusion en place. Et c’est tout.

***

Ce matin, quand je vais choisir mon chandail pour la journée, je vais faire exprès de ne pas prendre celui que j’aurais normalement pris (le premier de la pile!) Je vais me rebeller contre les automatismes!! ……. mais dans le fond, ça c’est juste parce que mon cerveau est programmé à être rebel et indépendant. À faire le contraire de ce qu’on lui oblige!

Donc… entièrement prévisible! 😀

***

Si ça vous intéresse, vous devriez écouter l’épisode de This American Life. Ils rentrent un peu plus en profondeur dans les considérations éthiques et sociales.

Moins de facebook, plus de contacts humains

Ça fait environ 6 mois maintenant que j’ai lâché Facebook et Twitter (et Instagram aussi, mais ça j’y allais déjà pas souvent). Ou du moins, que je fais activement des efforts pour ne plus y aller. Et laissez-moi vous dire: ils le savent que j’essaye de quitter! Ils ont redoubler d’efforts pour essayer de me garder. Ils m’envoient des notifications pour tout et n’importe quoi. Twitter en particulier: ils remplissent mon fil de notification avec des fausses notifications, juste pour me dire que « untel à aimé ce tweet ». C’est genre rendu comme un mini fil twitter, mais dans mon fil de notifications. Sérieux là!

Et évidemment ça marche. Je regarde presque plus mon fil principal, mais d’habitude je regarde mes notifications. Alors maintenant je dois faire attention de ne plus trop les regarder non plus. Et juste focusser sur les vrais notifs (genre les gens qui m’écrivent). Sauf que celles-là, il n’y en a presque plus parce que je ne poste jamais rien ou presque donc je reçois peu de réponses ou de nouveau abonnés. Donc rendu là, aussi ben pu y aller pentoute. Et c’est ça que j’ai fait. J’ouvre facebook 1-2 fois par semaine max, twitter pas beaucoup plus. Je résiste à la tentation!

Mon objectif dans tout ça est de reconnecter avec la réalité. Reprendre contact avec les gens en direct plutôt qu’en criant sur les internet. Je parle directement à mes amis par chat. J’appelle les gens importants (ma mère, mon père, ma grand-mère…). J’invite mes amis à aller prendre un thé ou déjeuner. Je pratique mes skills de conversations et je découvre que je suis pas aussi mauvais que je pouvais le croire. Tout ça, je faisais jamais ça avant, mais là je me force un peu et c’est une bonne chose.

***

Si vous voulez m’accompagner dans mon chemin sans facebook ni twitter, vous pouvez me jaser par texto sur Signal, Telegram, Discord et Line. Ou sur mastodon. Les liens sont sur ma page contact.

Le film Arrival et ce à quoi il me fait réfléchir

Je viens juste de finir d’écouter le film Arrival de Denis Villeneuve. Je m’attendais pas à grand chose, et j’ai été très impressionné. C’est un film film comme je les aime. Ça va pas trop vite, c’est focussé sur les personnages et leurs réactions plutôt que sur l’action. Le genre de film qui fait réfléchir. Et donc là j’ai des choses à dires. Certaines vont avoir des spoilers donc je vais les garder pour la fin.

Là je veux parler de 3 choses: la musique, la bande-annonce, et le message du film. Et ce que j’en tire. Ok ça fait 4 choses ça.

D’abord le trailer. Je suis tombé sur ce film par hasard, dans un commentaire sur la tune des méduses de Tetris Effect (vidéo de gameplay), quelqu’un a mentionné que ça lui faisait penser la musique du film Arrival. J’avais jamais entendu parlé du film avant ça.

Comparez par vous même!

De la bonne musique comme ça, très originale avec ses fragments de voix et une saveur de Philippe Glass, ça ne me laisse pas indifférent! Ça m’a rendu curieux de savoir d »où ça venait, donc j’ai regardé la bande-annonce du film. Malheureusement, c’est le genre de bande-annonce conventionnelle, qui montre trop, qui focus sur des choses pas importantes du film juste pour attirer les gens. Dans ce cas-ci, sur les militaires et les silly humans qui veulent faire la guerre. Par contre, après avoir écouté le film, je comprends pourquoi, dans ce cas-ci, ils n’avaient pas trop le choix. Le film a une thématique très intéressante qui se ressent à travers tout le film mais qui ne s’explique que vers la fin. Et donc je comprends qu’ils n’ont pas voulu révélé ça dans la bande-annonce. Et bien sûr, ils ne voulaient pas montrer les aliens du film trop trop non plus. Donc qu’est-ce qu’il reste? Pas grand chose en effet. C’est un film qui se joue en finesse, avec pas trop d’action, donc pas facile de faire des bande-annonces punchée. Et donc ça a donné ce que ça a donné. On va leur pardonner pour cette fois.

***

Maintenant je vais parler un peu de spoilers. Vous devriez donc aller écouter le film avant de continuer. Surtout que c’est un bon film, bien écrit, joué en finesse et qui fait réfléchir.

C’est votre dernier avertissement. À partir de maintenant je vais assumer que vous avez vu le film. (Après tout, j’écris ça surtout pour moi, et moi je l’ai vu le film!) 😀

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