Pourquoi est-ce que je me sens jugé de jouer à des jeux vidéo?

À noter: Je ne pense pas que ce texte est super intéressant pour autres personne que moi-même. Mais bon, si je le met en ligne, c'est qu'au fond de moi je me dit que peut-être ça pourrait aider quelqu'un.

Dans mes tumultueuses aventures de dating (lol), j'ai constaté un truc qui revient souvent par rapport à ma relation avec les jeux vidéo. Pour explorer ça, je me suis dit que ça serait une bonne idée de mettre ça par écrit.

Ce que je constate, c'est que chaque fois que je parle de jeux avec quelqu'un qui n'est pas déjà joueur ou créateur, j'ai un malaise. Genre ça me gêne de dire que j'aime les jeux, que j'en fait. Avec mes visites chez la psy, j'ai appris que quand il y a malaise et gêne, c'est qu'il y a peur, et dans mon cas souvent c'est la peur d'être jugé. C'est vraiment un truc chez moi: j'ai vraiment peur du jugement des autres. J'y travaille, mais c'est clairement pas un truc qui va s'en aller rapidement, donc en attendant, c'est bon de se demander d'où ça vient.

En gros, c'est comme si je m'imagine que les gens pensent que c'est pas bien d'aimer les jeux.

Aspect 1: Les jeux, c'est violents

Pour le commun des mortels qui ne jouent pas et qui n'ont pas de joueurs vocaux dans leurs proches, le seul contact qu'ils ont avec les jeux c'est ce qu'ils ont vu dans les médias. Le problème, c'est que les médias n'ont pas exactement une vision très positive des jeux vidéo! Quand ils en parlent dans les nouvelles, c'est habituellement pour dire que le tireur fou dans telle fusillade jouait à des jeux! Ou que les jeux rendent les enfants violents parce que, regardez, ils sont très violent et plein de guns!!! Et genre... ils ont quand même raison (sauf pour ce qui est de rendre violent: l'inverse a été prouvé y'a longtemps). Si on regarde c'est quoi les jeux populaires, c'est à peu prêt tous des jeux avec des guns ou avec violence graphique (full disclosure: J'ai pas réellement vérifié. C'est mon feeling plein de préjugés!). C'est Call of Duty, Fortnite, et GTA. Et si c'est pas des jeux de guns, c'est des jeux de compétitions, de domination.

Évidemment, c'est pas juste ça! Y'a plein de bons petits jeux cutes, colorés, non-violents, pacifistes, qui encouragent plein de bonnes valeurs. Des jeux comme Monument Valley, ou Sky: Children of the Light, ou Journey ou plein d'autres dont on parle tout le temps sur On a juste une vie. Mais ça, le commun des gens ne les connaissent pas. Les jeux "artistiques", non-violent, ne sont pas les gros jeux vu dans les publicités. Y'a pas de pubs pour Monument Valley à la télé. Y'a juste des pubs pour FIFA et Call of Duty (du moins, c'était le cas dans le temps que j'avais encore la télé).

Le commun des gens n'entend parler que des trucs populaires. Les films populaires (de super héros genre), les albums de musique populaires (Céline Dion, Lady Gaga, Star Académie, ce genre de trucs), les livres populaires (la biographie de Steve Jobs, Fifty Shades of Grey, etc). C'est pareil pour tous les médiums. Y'a les trucs connus, et y'a ce qu'on pourrait appeler le "good stuff". Les trucs peu connus, mais super bons. Les trucs fait avec passions et amour. Les trucs plus expérimentaux, plus intimes. Ça existe pour les films (le cinéma d'auteur, les films québécois), la musique (tout ce qui ne joue pas à la radio, lol), les livres (ça je les connais moins, mais y'en a une tonne c'est sûr!). Et évidemment, c'est pareil pour les jeux. Les bons jeux que j'aime, c'est les trucs moins connus.

Je repense à des moments précis dans ma vie où je me suis senti jugé d'aimer les jeux vidéo. Une fois, c'était ma tante qui jasait avec ma mère. Ma mère parlait de Monument Valley, que c'était bon et très joli. Ma tente a eu un regard de dégoût: "tu joues à ça, toi, des jeux vidéo?? Moi, je ne jouerais jamais à ça!".

Dans ce moments là, ma psy me dirait: On s'en fout de l'opinion de ta tante! Si elle aime pas ça, c'est son problème! Ça ne devrait pas t'affecter autant!

Vrai. Faut que je me répète ça constamment!!

Mais en attendant, ça m'affecte. Parce que soudainement, je ressent le besoin de leur partager les bons jeux, mais je le fait avec peut-être un peu trop de passion, de manière un peu défensive, donc les gens ne sont pas super réceptifs. Et c'est épuisant de toujours devoir se justifier! Alors en attendant, je partage mes trouvailles auprès de gens que je sais qu'ils sont déjà intéressés, dans les conversations de groupe de mes amis, sur Mastodon, sur On a juste une vie, etc. Je prend le chemin facile qui me fait éviter les affrontements, pour éviter d'avoir peur. (Ma psy avait un nom pour ça mais j'oublie...)

Partie 2: Les jeux c'est pour les enfants. Les jeux c'est une perte de temps.

La plupart des gens plus vieux que moi pensent ça. En fait, ma génération, ceux qui ont grandi avec Nintendo et les consoles de masses, on étaient (un peu) les premiers. Avant ça, les jeux vidéos étaient pas mal plus niches. Donc, pour eux, les jeux, c'est le truc qui fascine leurs enfants. C'est pas un truc d'adulte. Donc c'est normal que ces adultes n'ont pas encore accepté le médium comme un "vrai médium artistique". De la même manière que la bande-dessinée a eu le même problème v'là genre 60 ans. Ça a pris plusieurs générations avant que ça devienne "normal" et "acceptable". Ça a pris des BD plus adultes, émotionnellement matures, pour que le grand public s'y intéresse. Genre comme les BD de Paul. Soudainement, plein de gens voulaient lire une BD et réalisait que, «oh wow, c'est pas pour les enfants pentoute» et..... «oh my god, Paul à Québec, c'est donc ben triste à la fin!!!»

Ouain.

Je dirai pas combien y'a de jeux qui m'ont fait explorer des sentiments vraiment intenses et absolument pas enfantin. Des sentiments que je suis sûr que certain adultes n'ont jamais vécus. Genre le mystique/spirituel de Sword and Sworcery EP qui m'a presque fait croire en une certaine forme de divinité. Genre la fin de Journey (qui te fait sentir connecté avec une autre personne que tu connaissais pas v'là 30 minutes!) ou de The Garden Between. Genre la réalisation de ce que ça veut dire "un univers quantique" avec Meanwhile ou Braid. C'est des émotions que j'ai jamais vu ailleurs, sauf peut-être dans certains romans un peu bizarres/intenses. Le fait que ces jeux là existent, c'est la preuve que le médium des jeux est devenu mature et est maintenant capable de toucher à toutes les émotions, pas juste les trucs pour enfants et la violence. Le problème c'est que, pour l'instant, y'a juste les fans de jeux indépendants qui savent ça.

C'est tough pour moi présentement parce que, comme je disais, je navigotte les apps de dating et je fais quelques rencontres. Comme c'est des filles en dehors de mes cercles sociaux, c'est des filles qui ont souvent eu très peu de contacts avec les jeux. Elles se souviennent peut-être d'une console appartenant à un frère durant leur enfance avec un peu de Mario Kart. Elle ont joué à Monopoly et Scrabble. Elles ont eu un ex qui passait toutes ses soirées collé à sa console à crier dans un micro. Pis c'est pas mal ça. Et là moi j'arrive, cet hurluberlu qui affirme que ça existe des jeux "pas pour enfants" et "qui font pleurer" et j'ai genre 2 minutes pour essayer de leur faire comprendre que, non, je ne passe pas mes soirés à trop jouer à Call Of Duty comme leur frère/ami/ex.

Oh, juste pour préciser: ces conversations là se passent dans ma tête. Parce que, en fait, à part une ou deux fois, ça n'a presque jamais été mentionné dans les rencontres que j'ai faites. La plupart s'en foutent un peu. C'est moi qui voit ça pire que ce l'est. C'est moi qui a peur de le dire. Qui dit, un peu sur le bout de la langue "ouais, j'aime bien les jeux vidéo" et qui précise très rapidement "mais pas les jeux violents! Juste les jeux cutes!" et qui ajoute immédiatement "mais pas les jeux pour enfants là! Les jeux peuvent faire pleurer!!!"

Ouain. Je suis vraiment toujours en train d'essayer de me justifier.

Partie 3: Les jeux sont addictifs et rendent anti-social

Là-dessus, je vais pas trop vous contredire. C'est vrai que y'a beaucoup de jeux qui sont addictifs par design. Je le sais, c'est ma job de les faire! Et même les jeux plus traditionnels pouvaient être très accrocheurs par les défis qu'ils offrent à relever, l'action, les couleurs, la nouveauté. C'est définitivement plus intéressant que de faire des devoirs ou aller dehors regarder le gazon pousser. Et le stéréotype du nerd collé à son écran, dans le sous-sol, sans jamais sortir dehors voir le soleil, c'est une image ancré dans la tête des gens. Probablement à cause des publicités de l'époque. Et des personnages nerds dans les sitcom et les films. Des éternels enfants/adolescent déconnectés de la réalité, renfermés sur eux-même, anti-sociaux. Et là moi, évidemment, j'ai peur d'être confondu avec cette image là. Genre "non non, moi je suis pas un nerd comme ça! Moi je suis un cool nerd!".

Sauf que, dans les faits, l'image ne matche même pu avec moi. Parce qu'en vérité, depuis que j'ai arrêté de jouer à Heroes of the Storm de manière quotidienne, je ne passe plus tant d'heures que ça à jouer dans une semaine. Au contraire, je passe du temps pour d'autres loisirs, pour apprendre des nouveaux talents, je m'occupe de mon jardin, je fait du yoga. Alors pourquoi je me vois comme le mauvais chum qui préfère jouer aux jeux plutôt que de jaser avec sa blonde?

Et là vous allez me dire: Ben alors, c'est pas compliqué, t'as juste à te trouver une fille qui est aussi gamer!

Ouainnn......... pas sûr.

En fait, c'est même pas un profil qui m'attire.

Parce qu'en réalité, même moi je ne me vois pas comme un «gamer». Pour moi un gamer c'est ceux qui jouent à Call of Duty, qui aiment le E-Sport et cette bullshit là. C'est des dude-bros qui crient avec des manettes dans les mains dans les annonces de Best Buy.

Moi je ne suis pas comme ça. Je ne suis pas comme les gamers qui streament sur Twitch avec leur chaise de gamer, leur clavier avec lumière colorée RGB et leur millions de toutous, figurines et sponsors. C'est pas pentoute mon style. Moi je suis rendu super minimaliste, zéro déchets. Je ne m'achète plus de console. Je ne m'achète pas un meilleur téléphone. Je reste sur mes vieilles patentes le plus longtemps possible. Je me débarrasse de toutes les choses que j'ai chez nous pour avoir le moins de bebelles possible. Alors quand je tombe sur un profil de fille gamer, malheureusement, ça vient souvent avec le profil de collectionneuse, de hoarder, et ça, ça me turn off. Tant mieux pour elles si elles aiment ça. Moi c'est pas mon style.

Et oui, je suis conscient que là je suis en train de juger ceux et celles qui se présentent comme gameuses et gamers. Je suis en train de dire que parce qu'ils/elles jouent à des jeux, ils/elles sont des personnes moins intéressantes. Dans le fond, peut-être que ça veut dire que c'est moi qui juge négativement les gamers et donc qui me juge moi-même. Ça expliquerait pourquoi j'évite autant cette étiquette.

Faque ouain. Je pense que je commence à avoir fait le tour de la question. Je ne m'attendais pas vraiment à avoir une révélation en écrivant tout ça, ni à régler mon problème. Mais je pense que c'est bon d'y penser, d'en prendre conscience et de tout mettre par écrit. Et tant mieux si ça a pu être informatif ou intéressant pour vous.

Je m'excuse de t'avoir rendu accro

Au début des temps, j'ai été un "early adopter". Un "pionnier". J'ai embarqué sur Facebook parce que c'était une bonne manière de rejoindre nos fans des activités que j'organisais. C'était avant l'existence des "Pages" alors mes amis et moi avions créé un compte qui servait juste à faire de l'auto-promotion et écrire des niaiseries. J'étais pas là pour moi, j'étais là pour spammer sans scrupules!

Sauf que.... c'était l'fun. Facebook était pratique et flatteur d'égo. Donc j'ai finalement créé un compte perso, toujours dans le but de faire de l'auto-promotion... mais c'était aussi l'fun d'interagir avec les gens, avec mes amis. C'est comme ça que Facebook m'a eu. Rapidement, je l'ai utilisé pour mon usage personnel. J'étais rendu accro.

Alors j'ai commencé à vous inviter à me rejoindre. Vous étiez hésitants. Vous n'aviez pas vraiment envie d'être sur Facebook vous aviez des réticences. Déjà les médias de l'époque parlaient des "jeunes" sur facebook qui révélaient tout de leur vie privée et ça, ça faisait peur aux "vieux". Mais je vous ai mis de la pression. Je vous ai dit à quel point c'était pratique pour faire des conversations de groupe ou envoyer des invitations à des événements.

Quand vous avez créé votre compte, j'ai célébré votre arrivé avec vous et tout les autres. «Bienvenue dans la famille!» (Sous-entendu: «on est tous accros ici donc votre présence nous rassure qu'on n'est pas les seuls.»)

Je m'excuse de vous avoir rendu accro.

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Chaque année, c'est la pire?

Je sais pas si vous avez remarqué mais depuis genre 2016, depuis l'élection de Trump, on n'arrête pas de dire que cette année était la pire année. On voit passer des messages vers le 31 décembre qui disent genre "Fuck you, 2016". En tout cas, personnellement, j'ai vraiment remarqué ça en 2016, après l'élection de Trump. Comme si les gens étaient juste rendu fatigués. Tristes et en deuil devant cet événement si choquant. Et mon impression c'est qu'on voyait pas vraiment ça avant, ce genre de posts négatifs envers l'année qui se termine. Ou du moins pas autant. Pas aussi répété. Pas aussi généralisé dans le zeitgeist.

Genre, je me souviens des posts de 2016 qui listaient toutes les choses poches qui sont arrivées cette année là. Et c'était pas juste les posts eux mêmes: c'était aussi dans les commentaires et les réactions des gens qui ressentaient la même chose.

L'affaire c'est que je me demande si c'est réellement le cas, si les années sont réellement généralement plus mauvaises qu'avant. Ou si c'est pas plutôt notre perception qui est rendue plus négative. Peut-être que c'est les gens dans mon cercle de réseaux sociaux qui vieillissent et deviennent plus cyniques ou fatigués? Genre tannés de toujours se battre, pour la politique ou l'anti-racisme/sexisme/etc. Est-ce que c'est vrai que les dernières 5 année ont vraiment été pires que les 5 avant? Est-ce que c'est parce que les gens dans mes cercles sont des millénaux et qu'ils font face, à peu prêt tous en même temps, à l'impuissance, à la réalité économique, au fait de pas pouvoir s'acheter de maison par exemple? Ou se désolent de ne pas avoir assez de poids dans les élections pour contrer les boomers plus conservateurs?

Ou alors, se pourrait-il que c'est les médias sociaux qui nous font tout voir de manière négative? C'est à partir de quelle année que Facebook et Twitter ont changé leurs algorithmes pour donner plus de visibilité aux posts populaires? Aux posts controversés qui font réagir les gens et qui sont donc "populaires"? Mon feeling c'est que c'était autour de 2016, non? Donc ça expliquerait pourquoi ces posts "fuck you 2016", et ceux des années suivantes, se sont vu donné une plus grande visibilité.

Ou alors, c'est l'inverse? Est-ce que l'humeur misérable collective serait causée ou du moins amplifiée par Facebook? Je sais que Twitter a vraiment ce problème d'amplification de la mauvaise humeur et la colère perpétuelle et c'est pour ça que j'ai arrêté de l'utiliser. Et je pense que Facebook est pareil (mais je l'utilisais déjà peu à cette époque donc je suis pas sûr maintenant).

Si c'est le cas, ça voudrait dire que ces grosses compagnies ont un contrôle vraiment puissant sur l'humeur collective. Ils optimisent leurs algorithmes pour maximiser leur revenus publicitaires et ça adonne que la recette gagnante pour eux c'est de nous rendre perpétuellement fâchés.

Mettons que je suis content d'avoir effacé mon compte Facebook.

Discord: La place cool pour chiller avec vos amis?

Vous avez peut-être vu le nouveau vidéo de Discord à propos de comment c'est "la place cool pour hangout with your friends", et comment ils aimeraient ça qu'on invite tous nos amis, nos groupes et nos communautés sur Discord. Yeah, sure, c'est pratique d'avoir tous nos amis à la même place, mais c'est pas nécessairement ce qui est le mieux à long terme. Il faut se rappeler que Discord est d'abord et avant tout une compagnie à but lucratif dont le but est de faire le plus d'argent possible. Et qu'ils ont 100% le pouvoir de changer leur service, rajouter des pubs, exclure des gens, etc. Peut-être que là, présentement, ils sont gentils et cools, mais ça veut pas dire qu'ils vont le rester. On se rappellera que Google était gentil et cool au début. Facebook aussi. Microsoft aussi (je suis trop jeune pour le savoir mais mon père m'a dit ça). Que sont-ils devenus? Corporate, avides d'argent, et mauvais pour tous le monde. Et même si Discord sont corrects présentement, on peut s'attendre à ce qu'ils se fassent racheter d'ici 2-3 ans par genre Amazon ou Facebook, et là c'est eux qui vont avoir vos historiques de conversation. Et vouloir remplir ça de pubs.

Gardez-ça en tête avant d'inviter tous vous amis et groupes sur Discord comme ils vous demandent de faire. La "place cool pour hangout with your friends", c'est la place qui ne vous espionne pas pendant que vous êtes là et qui n'essaye pas de vous vendre des cossins pendant que vous êtes là.

Note: Ceci étant dit, si vous voulez sortir de Facebook Messenger ou Whatsapp pour migrer sur Discord, c'est quand même un pas dans la bonne direction. Entre deux maux, on choisit le moins pire!

Des alternatives mieux, du plus casual aux plus avancés:

*= ceux que j'ai essayé personnellement

Tisane à la menthe pour les paresseux (comme moi)

  1. Première étape: Faire pousser de la menthe. Ok sure, c’est plus d'efforts initialement, mais après c'est moins loin que d'aller à l'épicerie à chaque fois. Pis sérieux, ça pousse tout seul. C'est de la f--ing mauvaise herbe! Ça va envahir tout ton jardin si tu fais pas attention. Garde ça dans un pot, arrose quand c'est sec, garde ça à l'ombre, pis tu va avoir de la menthe jusqu’à ta mort! Maudit chanceux!
  2. Choppe des p'tits bouttes. Les grandes feuilles goûtent un peu meilleur selon moi, mais les p'tites sont bonnes aussi. Essaye les deux I guess?
  1. Mettre les feuilles de menthe dans un ti-cossin à thé. Met en beaucoup. Genre remplis ton ti-cossin à thé au complet.
    • Optionnel: Tu peux les hacher avec des ciseaux si tu feel pas trop paresseux aujourd'hui. Ça goûte différent parce que tu as mis des efforts (et de l'amour) dedans.
  1. Verse de l'eau chaude. Ou un peu tiède-chaude si tu veux pas te brûler. Genre 70 degré si t'es du genre a avoir une bouilloire automatique de vrai paresseux!
  2. Attend genre 4-5 minutes. Ou plus. Ou moins. J'vais pas t'ostiner. (Si t’as pas de montre, dessine-toi en une. Quand t’as fini ton dessin, ça fait 5 minutes!)
  1. Verse ça dans une tasse. Si c’est vert radioactif, c’est parfait! C’est bon pour toé!
  2. Boit ça. Ça goûte la menthe. MMMmmm! Maintenant va t'évacher sur ta galerie pis profiter de ton moment où tu travailles pas, maudit chanceux!
  1. Si y fait chaud pis que tu veux que ça soit frette, met des glaçons. Ou met la au frigo, ou whatever. J'men fout chu pas ta mère.
  2. Boit en pas trop si veux pas aller aux toilettes 75 fois aujourd’hui.

TL;DR: Met d'la menthe dans d'l'eau chaude pis boit ça.

Des nouvelles durant le confinement (jour 20-60) et quelques recommandations

Note: J'ai commencé à écrire ceci au jour 24. Je l'ai oublié, puis terminé au jour 63.

Allo les gens. Comment ça va durant l'apocalypse?

J'ai déjà parlé ici quelques fois du sentiment de solitude et d'isolation. Je pense qu'être au courant de ces choses là m'a rendu beaucoup plus robuste à la situation actuelle de coronavirus. Donc je vais bien. Et ma job nous ont tous gardé en télé-travail donc pas de problèmes d'argent. Au contraire, j'essaye d'être encore plus généreux que d'habitude sur Patreon (pour encourager les artistes et les gens cools!), et dans la vraie vie sur les trucs que j'achète près de chez nous (pour encourager les petits commerces!)

Aujourd'hui j'ai plusieurs petits bidules à partager:

Bidule #1 : Musique relax!

Je sais pas si vous avez vu mais Nine Inch Nails vient de sortir 2 albums complets gratuits. Y'en a un qui est super zen relax, parfait pour méditer ou travailler. Ça feel un peu Boards of Canada mais encore plus smooth. L'autre feel plutôt cataclysmique, très à propos dans la situation actuelle.

Les 2 sont téléchargeables sur leur site: https://www.nin.com. C'est aussi sur Apple Music et sur les autres services de musiques.

Oh pis ça n'a rien à voir avec le genre de musique qu'ils font d'habitude, faque même si vous les aimez pas d'habitude, checkez ça pareil 🙂

Bidule #2: Jitsi

Comme je disais au début, c'est important de pas rester tout seul. C'est pas parce qu'on peut pas sortir qu'on ne doit plus parler aux gens.

Avez ma famille et mes amis, on utilise beaucoup un service qui s'appelle Jitsi (aussi appelé Jitsi Meet).

C'est cool parce qu'on n'a pas besoin de se créer un compte et sur un ordi y'a rien à installer pour le faire marcher. Très utile pour vos amis qui ont tous des téléphones différents et des services de messagerie différents. Ça fonctionne aussi sur des vieux téléphones comme mon iPhone 5s ou le iPad4 de ma mère.

Et le mieux c'est que c'est gratuit et y'a pas de limite de temps. (La raison pourquoi c'est gratuit c'est que c'est open source et financé par une compagnie qui offre aussi des forfaits payants pour les entreprises.)

Donc plus d'excuses de ne pas voir vos amis et vos parents. C'est cool pour jaser ou faire des grimaces ou juste déjeuner ensemble chacun chez soi. Et contrairement à Zoom, y'a pas de danger que n'importe qui active votre webcam et micro n'importe quand.

Bidule #3: Le chateau de l'impossible

Des vidéos très très niaiseux de Paul Marie qui s'ennuie dans son chez-soi et qui s'invente un univers très particulier remplis de rose, de tisane et de cookies, mais en noir et blanc et avec de la musique de film d'horreur. C'est pas pour tout le monde, mais moi je trouve ça très drôle.

Le chateau de l'impossible sur youtube et Invidious.

Bidule #4: Tu Me Niaise

Si vous êtes fans du groupe légendaire rock humoristique Sèxe Illégal, sachez qu'ils ont commencé depuis quelques mois un podcast en compagnie de Jean-François Provençal (des Appendices). Initialement enregistré devant public dans un bar, confinement oblige, ils ont changé leur approche depuis 2 mois. Ils font maintenant ça par appels vidéos, mais autrement la formule est la même.

Si vous connaissez Sèxe Illégal, peut-être que vous allez vous attendre à un certain style (humour absurde et rock), mais dans leur podcast, ils mettent de côté les personnages et ont se rend compte que ces 2 (3) gars là sont vraiment très très humains. Ils parlent de leurs émotions, de féminisme, de santé mentale, de comment c'est dur d'être humoristes indépendants au Québec quand les médias veulent juste couvrir les super-productions, de sumo et milles autres trucs. Leurs amis invités sont aussi très cools (ils m'ont fait découvrir la rafraîchissante Catherine Éthier et je suis super fan depuis!!)

Honnêtement, cette liste de sujets ne m'aurait personnellement jamais intéressés, mais les 3 gars sont finalement très attachants et je suis rendu méga-fan!

Tu Me Niaise, sur la chaine Youtube de Sèxe Illégal et sur Invidious. Ils ont aussi un Patreon pour avoir accès aux vidéos en différé et beaucoup de bonus.

Bon confinement à tous! Profitez-en! On ne revivra jamais un truc aussi bizarre!

Le four micro-ondes super cher de ma grand-mère

Le 15 avril 1986, ma grand-mère s'est acheté un four à micro-ondes. Je sais la date exacte parce qu'elle l'avait minutieusement inscrite sur le livret d'instructions que j'ai récupéré, en même temps que le four, à son décès.

Elle l'a payé 621,29$ (569,99$ + taxes). Oui, elle avait aussi soigneusement écrit le prix payé sur le livret d'instruction. En dollars d'aujourd'hui, j'ai fait le calcul, ça aurait coûté 1319,40$. Ça semble complètement fou, non? Aujourd'hui, on peut s'acheter un four micro-ondes pour genre 100-300$. C'était genre 5 fois plus cher!!

Le four de ma grand-mère était un four plutôt fancy. Il avait un mode de cuisson à convection comme un four conventionnel. J'ai regardé combien un tel four coûte aujourd'hui: c'est autour de 500-700$.

Quelle aubaine, n'est-ce pas? C'est cool de vivre en 2020 où on paye la moitié du prix de 1986, n'est-ce pas?

Pas si sûr...

Le four de ma grand-mère a rendu l'âme cette année après 33 ans. Ça c'est de la durabilité, mes amis! Aujourd'hui, un four dure quoi? 5 ans? 10 ans max?

Alors si on fait le calcul, qu'est-ce qui est plus rentable? Le four de ma grand-mère payé la somme exorbitante de 1319$ (en dollars d'aujourd'hui) ou un four d'aujourd'hui à 500$?

C'est super facile à calculer!

Le four de ma grand-mère:
1319$ / 33 ans = 39,96$/année (on va arrondir à 40$/an)

Un four d'aujourd'hui:
500$ / 10 ans = 50$/an

Donc, malgré tout, ma grand-mère a économisé, parce que son four a duré assez longtemps pour être rentable. Un bon investissement.

Et là je ne parle même pas du facteur environnemental: Son four a équivalu à 3.3 fours cheap d'aujourd'hui. Ça veut donc dire 3 fois moins de cochonneries et de pollution sur la planète!

On se fait croire que le futur est mieux, mais finalement on était mieux en 1986.

Alors la prochaine fois que vous achetez un électro-ménager, essayez de trouver une marque qui va durer longtemps, avec des pièces facilement remplaçables. Oui, c'est pas mal plus de trouble à trouver, et ça coûte ben plus cher, mais vous allez sauver de l'argent et aider la planète.

Antidote à mon insatisfaction

L'autre jour j'ai écris à propos de mon questionnement pour savoir c'est quoi la prochaine étape une fois qu'on est capable d'identifier le problème quand on feel pas. J'ai pas vraiment trouvé de réponses encore mais j'ai des pistes.

Et là par coïncidence, ma chaîne préféré Kurzgesagt vient de sortir un vidéo qui parle justement de ça.

J'aime leur approche. J'aime que tout ce qu'ils disent est appuyé par des vraies études scientifiques. (Sinon c'est trop facile de vendre des recettes miracles bidons)

Depuis que je l'ai écouté, j'ai essayé leur méthode. J'ai ajouté une case "reconnaissance/gratitude" dans mon outil de journal personnel et j'essaye de lister 5 trucs (idéalement différents) par jour. Évidemment, comme ça fait juste 2-3 jours que j'ai commencé, je peux pas dire encore si ça a réellement un impact.

Mais juste le fait d'avoir vu ce vidéo, de me faire expliquer pourquoi certaine personnes sont plus positives que d'autres et me faire dire que n'importe qui peut arriver à changer, je trouve ça très encourageant. Ça m'a mis de bonne humeur pour le reste de la semaine! 😊

La prochaine étape

Ces derniers temps, j'ai beaucoup appris sur l'estime de soi. De par mes lectures et mes rencontres avec ma psy et mes discussions avec mes proches, j'ai appris sur comment ma tête marche. Je suis mieux outillé pour détecter quand je feel pas alors qu'avant je m'en rendais pas vraiment compte. Je réussi pas mal mieux à me calmer quand j'ai des petits moments anxieux. Je contrôle mieux mon sommeil. Je suis pas mal meilleur pour parler de moi ou demander quand j'ai besoin d'aide.

Donc on pourrait penser que tout va bien, non?

Bah.... ouais? J'imagine? Sauf que ça feel pas comme ça. J'ai encore des questions.

Genre... c'est quoi la prochaine étape? Qu'est-ce qu'on fait une fois qu'on a appris tout ça? Quand est-ce qu'on est "guérit"?

J'ai l'impression que depuis que j'ai commencé à apprendre tout ça, à chaque fois qu'on me pose la question "comment ça va", j'ai envie de répondre "c'est compliqué" ou "ça dépend". C'est à partir de quand que je vais pouvoir commencer à répondre oui sans que ce soit le oui de conventions.

Genre, est-ce que j'étais comme ça avant? À toujours me remettre en question? Ou est-ce que c'est quelque chose qui vient avec l'âge? Je sais pas si c'est juste que je me rappelle mal, mais je ne pense pas que j'étais comme ça avant. Genre d'avoir des journées où je feel vraiment déprimé pour aucune raison et que je sais pas quoi faire. Est-ce que ça m'arrivait avant?

...

hmmm...... Bon là maintenant que j'y pense, oui, ça m'arrivait. C'est pas vraiment nouveau. C'est juste qu'à l'époque, je savais pas vraiment comment appeler ça, ni quoi faire pour que ça arrête. Alors je l'ignorait. Maintenant j'ai des trucs. C'est pas parfait mais j'ai des trucs.

Donc à partir de quand est-ce qu'on peut arrêter de toujours avoir qqc de triste/difficile à raconter sur soi? À partir de quand est-ce qu'on sait qu'on va mieux?

En fait, j'ai l'impression que la réponse à ça c'est: quand on arrête de faire trop d'introspection et qu'on commence à pouvoir s'intéresser aux autres. À leur demander, eux, comment il vont. En tout cas, c'est une piste. La fille du livre que j'ai lu en fin de semaine arrive à cette conclusion et ça me fait réfléchir. (le livre = My Solo Exchange Diary vol.2, de Nagata Kabi, la suite de My Lesbian Experience With Loneliness). Dans le livre, elle fait beaucoup d'introspection et nous partage ce qu'elle fait pour s'en sortir. Et elle pense que la raison de son mal de vivre c'est qu'elle a trop de misère à connecter avec les autres. Et donc elle s'essaye à ça, à leur demander comment ils vont, à s'intéresser à eux.

Ça je le fait un peu, mais peut-être pas encore assez.

Sortir de ma tête et aller voir les gens. Leur demander eux comment ils vont, pas juste comme porte d'entrée pour ensuite parler de mes histoires à moi. Faire un peu moins d'introspection. Je sors vraiment pas souvent avec mes amis. C'est peut-être ça la prochaine étape que je dois travailler?

Ça pourrait être mon objectif pour les prochaines semaines. Mon objectif S.M.A.R.T. comme on fait à la job! On verra ce que ça donne.

Anxiété sociale et ce que j'ai appris au fil de mes visites aux psy

J'avais un rendez-vous chez ma psy ce matin et une journée de congé ensuite (j'en prends pas souvent, alors j'en profite à la fin de l'année pour pas les perdre!)

Normalement je suis trop gêné pour parler de moi dans mon blogue, parce que j'ai peur que les gens vont me juger, surtout si c'est genre quelqu'un du travail qui tombe là-dessus. Mais en fait, parler de santé mentale ne devrait pas être mal jugé. C'est pas comme si j'avais un immense problème qui ferait peur à un employeur ou un collègue. C'est juste des petites insécurités quotidiennes normales. Tout le monde a ces trucs là, sur différents aspects de leur vie. Mais comme personne n'en parle jamais, on ne s'en doute souvent pas. Faque aussi ben que je me lance le premier! Pour ouvrir la voie! (C'est comme ça que je vois ça. C'est comme ça que j'arrive à me convaincre de parler de moi, même si je sais qu'au fond, je le fait pour moi.)

Side note: J'ai relu plein de vieux billets de mon blogue dernièrement. C'est fou à quel point j'ai changé sur 17 ans. Évolué comme un pokémon! Mon niveau d'écriture s'est amélioré, ma perception du monde s'est raffermi et raffiné pour mieux percevoir les subtilités. Je suis moins un cul. Et je suis graduellement de plus en plus à l'aise à parler de moi. Avant j'étais full gêné. Ça parait que j'ai investi tout mes points de level-up des dernières années sur mes social skills!

Donc j'avais mon rendez-vous chez ma psy aujourd'hui. À chaque fois, dans les jours qui précèdent, je me demande si j'en ai réellement besoin ou si je suis déjà "guérit". Et à chaque fois, j'ai finalement un million de choses à dire et donc c'est une bonne chose que je continu d'y aller. À chaque fois, je pense que j'en ai pas réellement besoin, que j'ai pas vraiment des "vrais" problèmes et que j'ai pas besoin de voir une psy pour ça. Mais à chaque fois ça fait beaucoup de bien et ça m'apprend des chose. À chaque fois, je vois mon évolution. Le jour où j'arrêterai de voir cette évolution, je considérerai d'arrêter d'y aller. Pour l'instant, on va assumer que j'en ai encore besoin même si je suis pas sûr.

Aujourd'hui, on a parlé de comment je réagis en situation sociale difficile. Elle a utilisé l'expression "anxiété sociale" pour me décrire. Ça m'a en faits rassuré. De un parce que j'aime bien avoir un mot précis pour décrire "mon problème", et de deux pour me dire que, non, je n'ai pas des choses plus graves que je m'imagine parfois avoir. Si j'ai de la difficulté dans les relations sociales, est-ce que c'est parce que j'ai un trouble du genre Asperger ou autisme? Non, vraiment pas. Ces trucs-là c'est vraiment pire. De la même manière que certaines personnes veulent se faire rassurer que, non, elles n'ont pas le cancer ou whatever, moi faut me rassurer un peu sur ça. J'ai tendance à me juger beaucoup trop sévèrement, donc à assumer que mes problèmes sont plus gros qu'ils ne sont réellement. Et ma psy aide justement à dédramatiser tout ça. À me montrer l'échelle et me dire que je suis pas mal en bas complètement! 😄

Mais ça ne veut pas dire que je n'ai rien non plus. Mon malaise dans mes relations sociales vient de quelque part. Et de manière généralement, je suis assez bon pour trouver les sources, les causes et régler tout ça. C'est juste que j'ai souvent peur de ne pas faire ça correctement. Alors j'en fait des montagnes. Au final, il faut que je continue dans cette voie, que je continue de faire des efforts, parce que ce n'est pas quelque chose qui me vient naturellement. Et ça, il faut l'accepter. De la même manière que j'accepte les différence des autres, voire même les valoriser et les célébrer parce que c'est ça qui rend une personne cool, je dois apprendre à accepter mes propres trucs weirds et les célébrer aussi.

Bon. On a parlé de plein d'autres trucs aussi mais je vais m'en tenir à ça pour aujourd'hui. Je vais aller profiter de ma journée de congé! 🙂