Pourquoi est-ce que je me sens jugé de jouer à des jeux vidéo?

À noter: Je ne pense pas que ce texte est super intéressant pour autres personne que moi-même. Mais bon, si je le met en ligne, c'est qu'au fond de moi je me dit que peut-être ça pourrait aider quelqu'un.

Dans mes tumultueuses aventures de dating (lol), j'ai constaté un truc qui revient souvent par rapport à ma relation avec les jeux vidéo. Pour explorer ça, je me suis dit que ça serait une bonne idée de mettre ça par écrit.

Ce que je constate, c'est que chaque fois que je parle de jeux avec quelqu'un qui n'est pas déjà joueur ou créateur, j'ai un malaise. Genre ça me gêne de dire que j'aime les jeux, que j'en fait. Avec mes visites chez la psy, j'ai appris que quand il y a malaise et gêne, c'est qu'il y a peur, et dans mon cas souvent c'est la peur d'être jugé. C'est vraiment un truc chez moi: j'ai vraiment peur du jugement des autres. J'y travaille, mais c'est clairement pas un truc qui va s'en aller rapidement, donc en attendant, c'est bon de se demander d'où ça vient.

En gros, c'est comme si je m'imagine que les gens pensent que c'est pas bien d'aimer les jeux.

Aspect 1: Les jeux, c'est violents

Pour le commun des mortels qui ne jouent pas et qui n'ont pas de joueurs vocaux dans leurs proches, le seul contact qu'ils ont avec les jeux c'est ce qu'ils ont vu dans les médias. Le problème, c'est que les médias n'ont pas exactement une vision très positive des jeux vidéo! Quand ils en parlent dans les nouvelles, c'est habituellement pour dire que le tireur fou dans telle fusillade jouait à des jeux! Ou que les jeux rendent les enfants violents parce que, regardez, ils sont très violent et plein de guns!!! Et genre... ils ont quand même raison (sauf pour ce qui est de rendre violent: l'inverse a été prouvé y'a longtemps). Si on regarde c'est quoi les jeux populaires, c'est à peu prêt tous des jeux avec des guns ou avec violence graphique (full disclosure: J'ai pas réellement vérifié. C'est mon feeling plein de préjugés!). C'est Call of Duty, Fortnite, et GTA. Et si c'est pas des jeux de guns, c'est des jeux de compétitions, de domination.

Évidemment, c'est pas juste ça! Y'a plein de bons petits jeux cutes, colorés, non-violents, pacifistes, qui encouragent plein de bonnes valeurs. Des jeux comme Monument Valley, ou Sky: Children of the Light, ou Journey ou plein d'autres dont on parle tout le temps sur On a juste une vie. Mais ça, le commun des gens ne les connaissent pas. Les jeux "artistiques", non-violent, ne sont pas les gros jeux vu dans les publicités. Y'a pas de pubs pour Monument Valley à la télé. Y'a juste des pubs pour FIFA et Call of Duty (du moins, c'était le cas dans le temps que j'avais encore la télé).

Le commun des gens n'entend parler que des trucs populaires. Les films populaires (de super héros genre), les albums de musique populaires (Céline Dion, Lady Gaga, Star Académie, ce genre de trucs), les livres populaires (la biographie de Steve Jobs, Fifty Shades of Grey, etc). C'est pareil pour tous les médiums. Y'a les trucs connus, et y'a ce qu'on pourrait appeler le "good stuff". Les trucs peu connus, mais super bons. Les trucs fait avec passions et amour. Les trucs plus expérimentaux, plus intimes. Ça existe pour les films (le cinéma d'auteur, les films québécois), la musique (tout ce qui ne joue pas à la radio, lol), les livres (ça je les connais moins, mais y'en a une tonne c'est sûr!). Et évidemment, c'est pareil pour les jeux. Les bons jeux que j'aime, c'est les trucs moins connus.

Je repense à des moments précis dans ma vie où je me suis senti jugé d'aimer les jeux vidéo. Une fois, c'était ma tante qui jasait avec ma mère. Ma mère parlait de Monument Valley, que c'était bon et très joli. Ma tente a eu un regard de dégoût: "tu joues à ça, toi, des jeux vidéo?? Moi, je ne jouerais jamais à ça!".

Dans ce moments là, ma psy me dirait: On s'en fout de l'opinion de ta tante! Si elle aime pas ça, c'est son problème! Ça ne devrait pas t'affecter autant!

Vrai. Faut que je me répète ça constamment!!

Mais en attendant, ça m'affecte. Parce que soudainement, je ressent le besoin de leur partager les bons jeux, mais je le fait avec peut-être un peu trop de passion, de manière un peu défensive, donc les gens ne sont pas super réceptifs. Et c'est épuisant de toujours devoir se justifier! Alors en attendant, je partage mes trouvailles auprès de gens que je sais qu'ils sont déjà intéressés, dans les conversations de groupe de mes amis, sur Mastodon, sur On a juste une vie, etc. Je prend le chemin facile qui me fait éviter les affrontements, pour éviter d'avoir peur. (Ma psy avait un nom pour ça mais j'oublie...)

Partie 2: Les jeux c'est pour les enfants. Les jeux c'est une perte de temps.

La plupart des gens plus vieux que moi pensent ça. En fait, ma génération, ceux qui ont grandi avec Nintendo et les consoles de masses, on étaient (un peu) les premiers. Avant ça, les jeux vidéos étaient pas mal plus niches. Donc, pour eux, les jeux, c'est le truc qui fascine leurs enfants. C'est pas un truc d'adulte. Donc c'est normal que ces adultes n'ont pas encore accepté le médium comme un "vrai médium artistique". De la même manière que la bande-dessinée a eu le même problème v'là genre 60 ans. Ça a pris plusieurs générations avant que ça devienne "normal" et "acceptable". Ça a pris des BD plus adultes, émotionnellement matures, pour que le grand public s'y intéresse. Genre comme les BD de Paul. Soudainement, plein de gens voulaient lire une BD et réalisait que, «oh wow, c'est pas pour les enfants pentoute» et..... «oh my god, Paul à Québec, c'est donc ben triste à la fin!!!»

Ouain.

Je dirai pas combien y'a de jeux qui m'ont fait explorer des sentiments vraiment intenses et absolument pas enfantin. Des sentiments que je suis sûr que certain adultes n'ont jamais vécus. Genre le mystique/spirituel de Sword and Sworcery EP qui m'a presque fait croire en une certaine forme de divinité. Genre la fin de Journey (qui te fait sentir connecté avec une autre personne que tu connaissais pas v'là 30 minutes!) ou de The Garden Between. Genre la réalisation de ce que ça veut dire "un univers quantique" avec Meanwhile ou Braid. C'est des émotions que j'ai jamais vu ailleurs, sauf peut-être dans certains romans un peu bizarres/intenses. Le fait que ces jeux là existent, c'est la preuve que le médium des jeux est devenu mature et est maintenant capable de toucher à toutes les émotions, pas juste les trucs pour enfants et la violence. Le problème c'est que, pour l'instant, y'a juste les fans de jeux indépendants qui savent ça.

C'est tough pour moi présentement parce que, comme je disais, je navigotte les apps de dating et je fais quelques rencontres. Comme c'est des filles en dehors de mes cercles sociaux, c'est des filles qui ont souvent eu très peu de contacts avec les jeux. Elles se souviennent peut-être d'une console appartenant à un frère durant leur enfance avec un peu de Mario Kart. Elle ont joué à Monopoly et Scrabble. Elles ont eu un ex qui passait toutes ses soirées collé à sa console à crier dans un micro. Pis c'est pas mal ça. Et là moi j'arrive, cet hurluberlu qui affirme que ça existe des jeux "pas pour enfants" et "qui font pleurer" et j'ai genre 2 minutes pour essayer de leur faire comprendre que, non, je ne passe pas mes soirés à trop jouer à Call Of Duty comme leur frère/ami/ex.

Oh, juste pour préciser: ces conversations là se passent dans ma tête. Parce que, en fait, à part une ou deux fois, ça n'a presque jamais été mentionné dans les rencontres que j'ai faites. La plupart s'en foutent un peu. C'est moi qui voit ça pire que ce l'est. C'est moi qui a peur de le dire. Qui dit, un peu sur le bout de la langue "ouais, j'aime bien les jeux vidéo" et qui précise très rapidement "mais pas les jeux violents! Juste les jeux cutes!" et qui ajoute immédiatement "mais pas les jeux pour enfants là! Les jeux peuvent faire pleurer!!!"

Ouain. Je suis vraiment toujours en train d'essayer de me justifier.

Partie 3: Les jeux sont addictifs et rendent anti-social

Là-dessus, je vais pas trop vous contredire. C'est vrai que y'a beaucoup de jeux qui sont addictifs par design. Je le sais, c'est ma job de les faire! Et même les jeux plus traditionnels pouvaient être très accrocheurs par les défis qu'ils offrent à relever, l'action, les couleurs, la nouveauté. C'est définitivement plus intéressant que de faire des devoirs ou aller dehors regarder le gazon pousser. Et le stéréotype du nerd collé à son écran, dans le sous-sol, sans jamais sortir dehors voir le soleil, c'est une image ancré dans la tête des gens. Probablement à cause des publicités de l'époque. Et des personnages nerds dans les sitcom et les films. Des éternels enfants/adolescent déconnectés de la réalité, renfermés sur eux-même, anti-sociaux. Et là moi, évidemment, j'ai peur d'être confondu avec cette image là. Genre "non non, moi je suis pas un nerd comme ça! Moi je suis un cool nerd!".

Sauf que, dans les faits, l'image ne matche même pu avec moi. Parce qu'en vérité, depuis que j'ai arrêté de jouer à Heroes of the Storm de manière quotidienne, je ne passe plus tant d'heures que ça à jouer dans une semaine. Au contraire, je passe du temps pour d'autres loisirs, pour apprendre des nouveaux talents, je m'occupe de mon jardin, je fait du yoga. Alors pourquoi je me vois comme le mauvais chum qui préfère jouer aux jeux plutôt que de jaser avec sa blonde?

Et là vous allez me dire: Ben alors, c'est pas compliqué, t'as juste à te trouver une fille qui est aussi gamer!

Ouainnn......... pas sûr.

En fait, c'est même pas un profil qui m'attire.

Parce qu'en réalité, même moi je ne me vois pas comme un «gamer». Pour moi un gamer c'est ceux qui jouent à Call of Duty, qui aiment le E-Sport et cette bullshit là. C'est des dude-bros qui crient avec des manettes dans les mains dans les annonces de Best Buy.

Moi je ne suis pas comme ça. Je ne suis pas comme les gamers qui streament sur Twitch avec leur chaise de gamer, leur clavier avec lumière colorée RGB et leur millions de toutous, figurines et sponsors. C'est pas pentoute mon style. Moi je suis rendu super minimaliste, zéro déchets. Je ne m'achète plus de console. Je ne m'achète pas un meilleur téléphone. Je reste sur mes vieilles patentes le plus longtemps possible. Je me débarrasse de toutes les choses que j'ai chez nous pour avoir le moins de bebelles possible. Alors quand je tombe sur un profil de fille gamer, malheureusement, ça vient souvent avec le profil de collectionneuse, de hoarder, et ça, ça me turn off. Tant mieux pour elles si elles aiment ça. Moi c'est pas mon style.

Et oui, je suis conscient que là je suis en train de juger ceux et celles qui se présentent comme gameuses et gamers. Je suis en train de dire que parce qu'ils/elles jouent à des jeux, ils/elles sont des personnes moins intéressantes. Dans le fond, peut-être que ça veut dire que c'est moi qui juge négativement les gamers et donc qui me juge moi-même. Ça expliquerait pourquoi j'évite autant cette étiquette.

Faque ouain. Je pense que je commence à avoir fait le tour de la question. Je ne m'attendais pas vraiment à avoir une révélation en écrivant tout ça, ni à régler mon problème. Mais je pense que c'est bon d'y penser, d'en prendre conscience et de tout mettre par écrit. Et tant mieux si ça a pu être informatif ou intéressant pour vous.

Chaque année, c'est la pire?

Je sais pas si vous avez remarqué mais depuis genre 2016, depuis l'élection de Trump, on n'arrête pas de dire que cette année était la pire année. On voit passer des messages vers le 31 décembre qui disent genre "Fuck you, 2016". En tout cas, personnellement, j'ai vraiment remarqué ça en 2016, après l'élection de Trump. Comme si les gens étaient juste rendu fatigués. Tristes et en deuil devant cet événement si choquant. Et mon impression c'est qu'on voyait pas vraiment ça avant, ce genre de posts négatifs envers l'année qui se termine. Ou du moins pas autant. Pas aussi répété. Pas aussi généralisé dans le zeitgeist.

Genre, je me souviens des posts de 2016 qui listaient toutes les choses poches qui sont arrivées cette année là. Et c'était pas juste les posts eux mêmes: c'était aussi dans les commentaires et les réactions des gens qui ressentaient la même chose.

L'affaire c'est que je me demande si c'est réellement le cas, si les années sont réellement généralement plus mauvaises qu'avant. Ou si c'est pas plutôt notre perception qui est rendue plus négative. Peut-être que c'est les gens dans mon cercle de réseaux sociaux qui vieillissent et deviennent plus cyniques ou fatigués? Genre tannés de toujours se battre, pour la politique ou l'anti-racisme/sexisme/etc. Est-ce que c'est vrai que les dernières 5 année ont vraiment été pires que les 5 avant? Est-ce que c'est parce que les gens dans mes cercles sont des millénaux et qu'ils font face, à peu prêt tous en même temps, à l'impuissance, à la réalité économique, au fait de pas pouvoir s'acheter de maison par exemple? Ou se désolent de ne pas avoir assez de poids dans les élections pour contrer les boomers plus conservateurs?

Ou alors, se pourrait-il que c'est les médias sociaux qui nous font tout voir de manière négative? C'est à partir de quelle année que Facebook et Twitter ont changé leurs algorithmes pour donner plus de visibilité aux posts populaires? Aux posts controversés qui font réagir les gens et qui sont donc "populaires"? Mon feeling c'est que c'était autour de 2016, non? Donc ça expliquerait pourquoi ces posts "fuck you 2016", et ceux des années suivantes, se sont vu donné une plus grande visibilité.

Ou alors, c'est l'inverse? Est-ce que l'humeur misérable collective serait causée ou du moins amplifiée par Facebook? Je sais que Twitter a vraiment ce problème d'amplification de la mauvaise humeur et la colère perpétuelle et c'est pour ça que j'ai arrêté de l'utiliser. Et je pense que Facebook est pareil (mais je l'utilisais déjà peu à cette époque donc je suis pas sûr maintenant).

Si c'est le cas, ça voudrait dire que ces grosses compagnies ont un contrôle vraiment puissant sur l'humeur collective. Ils optimisent leurs algorithmes pour maximiser leur revenus publicitaires et ça adonne que la recette gagnante pour eux c'est de nous rendre perpétuellement fâchés.

Mettons que je suis content d'avoir effacé mon compte Facebook.

La prochaine étape

Ces derniers temps, j'ai beaucoup appris sur l'estime de soi. De par mes lectures et mes rencontres avec ma psy et mes discussions avec mes proches, j'ai appris sur comment ma tête marche. Je suis mieux outillé pour détecter quand je feel pas alors qu'avant je m'en rendais pas vraiment compte. Je réussi pas mal mieux à me calmer quand j'ai des petits moments anxieux. Je contrôle mieux mon sommeil. Je suis pas mal meilleur pour parler de moi ou demander quand j'ai besoin d'aide.

Donc on pourrait penser que tout va bien, non?

Bah.... ouais? J'imagine? Sauf que ça feel pas comme ça. J'ai encore des questions.

Genre... c'est quoi la prochaine étape? Qu'est-ce qu'on fait une fois qu'on a appris tout ça? Quand est-ce qu'on est "guérit"?

J'ai l'impression que depuis que j'ai commencé à apprendre tout ça, à chaque fois qu'on me pose la question "comment ça va", j'ai envie de répondre "c'est compliqué" ou "ça dépend". C'est à partir de quand que je vais pouvoir commencer à répondre oui sans que ce soit le oui de conventions.

Genre, est-ce que j'étais comme ça avant? À toujours me remettre en question? Ou est-ce que c'est quelque chose qui vient avec l'âge? Je sais pas si c'est juste que je me rappelle mal, mais je ne pense pas que j'étais comme ça avant. Genre d'avoir des journées où je feel vraiment déprimé pour aucune raison et que je sais pas quoi faire. Est-ce que ça m'arrivait avant?

...

hmmm...... Bon là maintenant que j'y pense, oui, ça m'arrivait. C'est pas vraiment nouveau. C'est juste qu'à l'époque, je savais pas vraiment comment appeler ça, ni quoi faire pour que ça arrête. Alors je l'ignorait. Maintenant j'ai des trucs. C'est pas parfait mais j'ai des trucs.

Donc à partir de quand est-ce qu'on peut arrêter de toujours avoir qqc de triste/difficile à raconter sur soi? À partir de quand est-ce qu'on sait qu'on va mieux?

En fait, j'ai l'impression que la réponse à ça c'est: quand on arrête de faire trop d'introspection et qu'on commence à pouvoir s'intéresser aux autres. À leur demander, eux, comment il vont. En tout cas, c'est une piste. La fille du livre que j'ai lu en fin de semaine arrive à cette conclusion et ça me fait réfléchir. (le livre = My Solo Exchange Diary vol.2, de Nagata Kabi, la suite de My Lesbian Experience With Loneliness). Dans le livre, elle fait beaucoup d'introspection et nous partage ce qu'elle fait pour s'en sortir. Et elle pense que la raison de son mal de vivre c'est qu'elle a trop de misère à connecter avec les autres. Et donc elle s'essaye à ça, à leur demander comment ils vont, à s'intéresser à eux.

Ça je le fait un peu, mais peut-être pas encore assez.

Sortir de ma tête et aller voir les gens. Leur demander eux comment ils vont, pas juste comme porte d'entrée pour ensuite parler de mes histoires à moi. Faire un peu moins d'introspection. Je sors vraiment pas souvent avec mes amis. C'est peut-être ça la prochaine étape que je dois travailler?

Ça pourrait être mon objectif pour les prochaines semaines. Mon objectif S.M.A.R.T. comme on fait à la job! On verra ce que ça donne.

Anxiété sociale et ce que j'ai appris au fil de mes visites aux psy

J'avais un rendez-vous chez ma psy ce matin et une journée de congé ensuite (j'en prends pas souvent, alors j'en profite à la fin de l'année pour pas les perdre!)

Normalement je suis trop gêné pour parler de moi dans mon blogue, parce que j'ai peur que les gens vont me juger, surtout si c'est genre quelqu'un du travail qui tombe là-dessus. Mais en fait, parler de santé mentale ne devrait pas être mal jugé. C'est pas comme si j'avais un immense problème qui ferait peur à un employeur ou un collègue. C'est juste des petites insécurités quotidiennes normales. Tout le monde a ces trucs là, sur différents aspects de leur vie. Mais comme personne n'en parle jamais, on ne s'en doute souvent pas. Faque aussi ben que je me lance le premier! Pour ouvrir la voie! (C'est comme ça que je vois ça. C'est comme ça que j'arrive à me convaincre de parler de moi, même si je sais qu'au fond, je le fait pour moi.)

Side note: J'ai relu plein de vieux billets de mon blogue dernièrement. C'est fou à quel point j'ai changé sur 17 ans. Évolué comme un pokémon! Mon niveau d'écriture s'est amélioré, ma perception du monde s'est raffermi et raffiné pour mieux percevoir les subtilités. Je suis moins un cul. Et je suis graduellement de plus en plus à l'aise à parler de moi. Avant j'étais full gêné. Ça parait que j'ai investi tout mes points de level-up des dernières années sur mes social skills!

Donc j'avais mon rendez-vous chez ma psy aujourd'hui. À chaque fois, dans les jours qui précèdent, je me demande si j'en ai réellement besoin ou si je suis déjà "guérit". Et à chaque fois, j'ai finalement un million de choses à dire et donc c'est une bonne chose que je continu d'y aller. À chaque fois, je pense que j'en ai pas réellement besoin, que j'ai pas vraiment des "vrais" problèmes et que j'ai pas besoin de voir une psy pour ça. Mais à chaque fois ça fait beaucoup de bien et ça m'apprend des chose. À chaque fois, je vois mon évolution. Le jour où j'arrêterai de voir cette évolution, je considérerai d'arrêter d'y aller. Pour l'instant, on va assumer que j'en ai encore besoin même si je suis pas sûr.

Aujourd'hui, on a parlé de comment je réagis en situation sociale difficile. Elle a utilisé l'expression "anxiété sociale" pour me décrire. Ça m'a en faits rassuré. De un parce que j'aime bien avoir un mot précis pour décrire "mon problème", et de deux pour me dire que, non, je n'ai pas des choses plus graves que je m'imagine parfois avoir. Si j'ai de la difficulté dans les relations sociales, est-ce que c'est parce que j'ai un trouble du genre Asperger ou autisme? Non, vraiment pas. Ces trucs-là c'est vraiment pire. De la même manière que certaines personnes veulent se faire rassurer que, non, elles n'ont pas le cancer ou whatever, moi faut me rassurer un peu sur ça. J'ai tendance à me juger beaucoup trop sévèrement, donc à assumer que mes problèmes sont plus gros qu'ils ne sont réellement. Et ma psy aide justement à dédramatiser tout ça. À me montrer l'échelle et me dire que je suis pas mal en bas complètement! 😄

Mais ça ne veut pas dire que je n'ai rien non plus. Mon malaise dans mes relations sociales vient de quelque part. Et de manière généralement, je suis assez bon pour trouver les sources, les causes et régler tout ça. C'est juste que j'ai souvent peur de ne pas faire ça correctement. Alors j'en fait des montagnes. Au final, il faut que je continue dans cette voie, que je continue de faire des efforts, parce que ce n'est pas quelque chose qui me vient naturellement. Et ça, il faut l'accepter. De la même manière que j'accepte les différence des autres, voire même les valoriser et les célébrer parce que c'est ça qui rend une personne cool, je dois apprendre à accepter mes propres trucs weirds et les célébrer aussi.

Bon. On a parlé de plein d'autres trucs aussi mais je vais m'en tenir à ça pour aujourd'hui. Je vais aller profiter de ma journée de congé! 🙂

Lecture: My Lesbian Experience with Loneliness

J'ai fini de lire une BD et ça m'a trotté dans la tête depuis des jours. C'est donc signe que j'ai des choses à dire. Alors je viens ici écrire des choses! Mais c'est un peu mêlé dans ma tête, faque ça risque de sortir un peu mêlé. Il y a beaucoup de choses à dire apparemment!

J'ai tombé sur une critique du livre par hasard sur Mastodon. Wait non, c'est pas important. Avant de commencer à raconter tout ça, je devrais débuter en disant c'est quoi ce livre!

My Lesbian Experience with Loneliness est une histoire autobiographique en format manga. L'auteur, qui a la fin vingtaine au moment d'écrire son histoire en 2015, raconte comment elle a vécu une longue partie de sa vie avec un lourd fardeau: troubles d'alimentation, burn out, fatigue chronique, pertes de cheveux, et surtout une très mauvaise estime d'elle-même. Et par la suite, raconte comment elle est réussi à surmonter (une partie de) tout ça. Mais au début, elle ne sait rien de pourquoi ça ne marche pas dans sa tête. Tout ce qu'elle sait, c'est qu'elle essaye très très fort de juste vivre normalement, avoir une bonne job, survivre à ses milles problèmes et essayer de rester au dessus des attentes de tout le monde autour d'elle qui lui mettent full pression: ses collègues de travail, sa famille et sa mère en particulier.

En passant, au cas où vous saviez pas, il faut lire les bulles de droite à gauche. ←

Au début, elle n'a pas les mots pour décrire rien de tout ça. Elle est perdue et ne comprend rien à rien. Et elle fait des erreurs Et c'est ça qui est merveilleux dans ce livre: l'auteure ne cache rien! Elle raconte tout! Toutes ses angoisses, toutes les choses terribles qu'elle a faites, racontés en détails, avec illustrations et humour, sans aucune pudeur. Et c'est pour ça que c'est merveilleux: parce que c'est super facile de s'y reconnaître! C'est pas des grands mots et des grands concepts abstraits. C'est la vraie vie. C'est son quotidien et toutes les mardes qu'elle endure à cause de son état mental. Même si vous n'avez pas vécu des choses aussi difficiles qu'elle, c'est tellement concret qu'on ne peut que s'y attacher. Surtout si vous êtes vaguement à l’affût de comment fonctionnent les troubles mentaux, ou même juste d'avoir fait un peu d'anxiété ou d'être insécure par moment. (aka: tout le monde!) Moi je me suis reconnu vraiment beaucoup, même si au final mes difficultés sont nettement moins intense que les siennes.

Bon, là on arrive au boutte où je vais moins parler du livre et plus parler de moi (parce que je sens que c'est ce que je dois faire si je veux faire sortir le méchant, et tout ce qui me trotte dans la tête.)

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Avoir tord. Avoir raison. Pourquoi on devrait faire attention avec les TED talk et les gens qui semblent avoir raison.

Parce qu'on écoute tous beaucoup de TED Talk.

Parce qu'on aime tous penser qu'on a raison et que ce que l'ont croit est vrai.

Parce que avoir tord, ça feel pas mal comme avoir raison. Comme le coyote dans Roadrunner, suspendu dans le vide parce qu'il est convaincu qu'il y a encore du plancher en dessous de ses pieds.

J'aime que, à intervalles réguliers, je tombe sur des affaires qui me rappelle que ça arrive à tous d'avoir tord. Parce que je suis constamment convaincu que je suis meilleur que les autres et que je sais plus de choses qu'eux. Et même si c'est peut-être vrai des fois, c'est dangereux de foncer dans se poser de questions. Je connais des gens comme ça; c'est pas agréable de travailler avec eux. Et à l'inverse, j'ai des collègues qui se remettent toujours en questions et qui savent qu'ils ne savent rien, et eux c'est un bonheur de travailler avec eux. (Un jour faudrait que j'écrive ici à propos de mon boss! Haha!)

Anyway. Je vous souhaite de vous poser un peu plus de question, comme j'essaye de le faire moi aussi.

Se plonger dans les souvenirs, et constater que ça va mieux

Je relis des vieilles notes et journaux personnels. C’est drôle de relire ce qu’on pensait il y a des années. Des fois, je me console parce que je me rend compte que j’ai évolué de manière positive. Et d’autre fois, je relis une note et je vois que rien n’a changé aux sources de mes frustrations.

Prenons celle-ci, daté de 2014, le 10 janvier (donc il y a 5 ans) :

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Lire Station Eleven me fait réaliser que le monde est impressionnant

Je suis en train de lire un lire un roman, Station Eleven, et ça me fait réfléchir à beaucoup de choses. Je vais peut-être écrire plusieurs billets pour parler de tout ça. Voici un premier.

La beauté du monde

On prend plein de chose pour acquis, au point où on oublie la beauté de ce qui nous entoure et le travail incroyable et l'évolution du savoir et de l'expertise qu'il y a derrière. Dans le livre, les personnages doivent apprendre à vivre avec très peu et prennent conscience de toutes les choses qu'ils prenaient pour acquis. Des choses comme la distance qui nous sépare: quand on n'a plus de moyen de transport autre que nos jambes, on ne peut pas aller très loin. Une autre ville à 100 km de distance est un voyage de plusieurs semaines. Quand on n'a plus d'électricité et que nos téléphones et ordinateurs ne servent plus à rien, on réalise soudainement à quel point c'est impressionnant de pouvoir se connecter à l'internet et avoir accès à toutes les connaissances presque instantanément. À pouvoir parler instantanément à n'importe qui simplement en appuyant sur quelques boutons. Quand toute la structure économique disparaît, la moindre babiole devient un chef d'œuvre. Par exemple, un globe décoratif avec de la neige dans de l'eau. Une machine a transformé une feuille de plastique en petits confettis de neige. Quelqu'un a conçu et fabriqué cette machine. Une autre machine a fabriqué le globe en verre. Le verre a été extrait à partir de poussière de roches! Un humain a placé les globes dans une boîte de livraison. Un autre humain a transporté cette boîte dans un camion ou un bateau ou un train. Tout ça, on le prend pour acquis et on lui accorde à peine de valeur: on peut acheter ce genre de babiole décorative au magasin 1$.

On prend tellement tout pour acquis, et tellement vite. Même des choses qu'on n'avait pas il y a 10 ans!

Ces temps-ci, j'essaye de me débarrasser de Facebook et Google et de leurs services qui, oui, sont très pratiques et gratuits, mais qui ont un grand contrôle sur nos vie et ramassent toutes nos données pour les vendre et nous bombarder de pubs. Essayer de se débarrasser de Google, c'est accepter de vivre dans un monde un peu moins connecté. C'est perdre Google Maps et devoir utiliser des cartes moins détaillées. C'est accepter qu'on a moins de nouvelles de nos amis par Facebook et qu'on doive mettre plus d'efforts pour aller chercher ces nouvelles là. En les appelant au téléphone. En les invitant pour leur parler en personne. (oui, oui, j'y travaille!)

Pouvez-vous croire qu'on n'avait rien de toute cette tech v'là 10-15 ans? Maudit qu'on aime ça se créer des nouveaux problèmes!

Se plonger dans les souvenirs, et constater que ça va mieux

Je relis des vieilles notes et journaux personnels. C'est drôle de relire ce qu'on pensait il y a des années. Des fois, je me console parce que je me rend compte que j'ai évolué de manière positive. Et d'autre fois, je relis une note et je vois que rien n'a changé.

Prenons celle-ci, daté du vendredi 10 janvier 2014 (donc il y a 5 ans) :

Je suis de plus en plus frustré contre tout et rien ces temps-ci. Je ne suis pas sûr de comprendre pourquoi.

Je suis frustré contre mon Mac qui est rendu lent et qui a plein de problèmes. Je suis frustré contre des trucs niaiseux comme ma manette qui a vidé sa batterie et contre les designer tapon qui n’ont pas mis d’indicateur de niveau de la batterie. Je suis frustré contre Steam qui est rendu lent et qui a un UI de cul. Et des bogues qui font que les jeux effacés ne sont pas réellement effacés et donc continuent de prendre de la place. Je suis frustré contre Google qui essayent de mettre du maudit Google+ partout et qui changent tout tout le temps, mais jamais pour le mieux. Genre les Hangouts pour enregistrer On a juste une vie. Genre Picasa qui crash à tous les 5 minutes.

C’est des petites niaiseries, je sais. J’écris ça et j’ai l’impression d’être un gros bébé gâté qui chiale pour rien. Mais je sais pas, depuis quelques temps, quand je vois du mauvais design, ça m’enrage! Je deviens vraiment fâché.

C'est drôle parce que, comme je disais, d'un côté, j'ai changé. Je suis certainement moins frustré contre tout aujourd'hui qu'à l'époque. Mais les causes de mes frustrations? C'est les même aujourd'hui qu'à l'époque! Steam n'a pas changé. C'est encore une interface de cul qui lag. Et Google continue de pousser leurs produits partout. C'est en partie pour ça que j'essaye de m'éloigner de ces plateformes là.

J'imagine que je suis rendu plus zen. C'est sûr que ça aide que j'ai maintenant une job stable et motivante. Je pouvais certainement pas dire ça en janvier 2014. C'était avant que je commence chez Ludia, quand je faisais des jobines de QA en freelance. C'est-à-dire aucunement stable ou motivant.

Il faut savoir apprécier les changements positifs qui nous sont arrivés dans la vie.

Everything

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J'ai rejoué au jeu Everything. J'avais envie d'y rejouer depuis longtemps, mais je me connais, ça me prend une excuse. Et là justement, j'en ai une bonne: j'ai des amis à la job qui veulent y jouer et faire comme un "game club" où on joue tous au même jeu et on en discute après. C'est tellement cool! C'est vraiment le jeu qui me donne envie d'en discuter après avoir joué! Mais c'est dur de trouver des gens qui aiment faire ça. (Un peu pour ça que j'aime ce qu'on fait au podcast de On a juste une vie, sauf que la y'a juste moi qui y a joué!)

Le problème avec Everything, c'est que j'ai tellement de choses à dire que je ne sais pas par où commencer. Donc je vais commencer avec le plus important du moment: il est en spécial sur Steam là là! N'attendez pas! (si vous lisez ceci après coup, vous pouvez voir tous les endroits où le jeu est vendu sur le site web et trouver le mieux pour vous)

D'habitude, quand j'en parle, je commence par dire que ce jeu là a changé ma vie. Et c'est très vrai. Je l'ai joué pour la première fois alors que j'étais dans une passe assez difficile au travail. C'est un jeu très relaxant dans son ambiance et c'était donc très bénéfique pour moi à ce moment là. Mais surtout, le jeu et sa narration par Alan Watts m'a fait voir le monde d'une manière différente. Je dis souvent qu'il faut arrêter de stresser dans la vie parce qu'au final, on est juste des singes qui crient à la surface d'une immense roche qui file à 100 000 km/h dans le cosmos. Et ce jeu là pousse cette idée au maximum. Jamais je n'ai autant réalisé que nous, êtres humains, on est tous pareil, qu'on a tous les mêmes problèmes, mais qu'on s'imagine différents du reste de la nature.

Quand, quelques mois plus tard, ma grand-mère est décédé assez subitement, Everything et les paroles de Alan Watts me sont revenus en tête. En religion, on entends souvent la phrase "tu était poussière et tu retournera poussière". Et c'est tellement vrai quand on y pense. Nos atomes, ça vient tout de la même place. Toutes nos atomes ont été crachées par le Soleil, et lui même ainsi que tout le reste provient de la même source: le Big Bang. Alors on se trouve ben hot, on s'imagine supérieur et différent, mais au final, on est tous la même chose. Pis tsé, Alan Watts a compris comment ça marche. Il a compris que le monde est beau et qu'il faut l'observer et en profiter. Et danser. Et ça, ça m'a tellement aidé à dédramatiser la situation quand ma grand-mère est morte. Ça m'a juste vraiment aidé.

Everything a l'air complètement con quand on regarde la bande-annonce. On voit les animaux tourner dans tous les sens et on s'imagine que le jeu a aussi peu de profondeur qu'un Goat Simulator. Que c'est juste une grosse joke. Mais je vous jure. Ça fait réfléchir au boutte. Y'a pas grand chose dans le monde qui ont changé ma vie. Mais Everything a eu un maudit gros impact!

Je recommande fortement!