Problèmes.

Problème: Les jeux coûtent trop chers à faire.

Problème: Le marché des "hardcore gamers" n'est pas assez gros pour absorber cette hausse des coûts de développement.

Problème: Quand les studios essaient de faire des jeux différents pour aller chercher un plus gros marché, les gamers refusent.

Problème: Quand les studios essaient de faire des jeux moins gros pour rester dans leurs budgets, les gamers refusent.

Problème: Quand les studios essaient de faire des jeux plus intelligents, les ventes ne sont pas (toujours) à la hauteur.

Problème: Vendre 3 millions de copies d'un jeu à son lancement (TROIS MILLIONS!!!) ne suffit plus à couvrir les coûts de développement.

Problème: Quand les jeux ne vendent pas assez, les studios de jeux se font fermer.

Problème: La console de Sony a été un succès au E3 non parce qu'elle apporte quelque chose de nouveau, mais parce qu'elle propose le statu quo.

Problème: La console de Microsoft a essayer de proposer un nouveau modèle d'affaire mais s'est fait démolir par la critique.

Problème: La console de Nintendo, qui pourrait être une solution à tous ces problèmes, n'est supporté ni par les gamers ni par les studios de jeux.

Problème: Statistiquement, chaque nouvelle génération de consoles a fait quadruplé les coûts de production des jeux.

Problème: On s'en va directement dans une impasse.

On peut déjà prévoir ce qu'il va se passer. Si le marché ne peut pas absorber d'aussi grosses sorties, le nombre de gros jeux va simplement diminuer. Pareil comme au cinéma: Un gros film à chaque 2-3 mois, et plein de film cheaps pour boucher les trous. On va avoir nos quelques jeux du genre Assassin, Halo et Call of Duty chaque année, et plein de jeux casuals pour boucher les trous.

Est-ce que c'est ça que vous voulez?

Combo Game Designer Programmeur: avantages et inconvénients

le combo game designer programmeur
vs
le game designer pur

Petite réflexion sur le game design...

On me faisais remarqué récemment à quel point c'est utile pour un game designer de savoir programmer. Le game designer crée les systèmes. Le programmeur les implémente. Évidemment, on peut tout de suite voir qu'un combo game designer programmeur est un excellent mélange parce qu'il enlève une étape de communication entre les deux personnes. Pas besoin pour le designer d'expliquer ses idées au programmeur. Il peut, en tant que programmeur, les coder directement.

Cependant, je pense qu'il y a malgré tout un avantage à avoir un game designer "pur" (c'est-à-dire qui n'agit pas comme programmeur dans l'équipe).

Le combo programmeur game designer permet peut-être d'éviter une étape de communication, mais je pense qu'il y a des situations où c'est utile d'avoir cette étape supplémentaire. Séparer le design et l'implémentation ça a ses avantages.

Lorsqu'il développe une idée, un game designer programmeur va penser à deux choses en même temps: il va penser à la complexité du système et penser aussi à comment il va implémenter le système. Mais justement, puisqu'il pense déjà à l'implémentation, il arrive souvent qu'une idée intéressante soit immédiatement rejetée parce qu'elle semble difficile à programmer.

Supposons une idée de design X qui serait absolument géniale. Malheureusement, cette idée géniale X est très complexe à programmer. Si l'idée géniale est apparue dans la tête d'un game designer programmeur, il va immédiatement voir les difficultés dans l'implémentation et tenter de trouver des raccourcis. Mais ce processus risque de détourner l'idée géniale en une idée beaucoup moins géniale. Ça n'arrive peut-être pas à tout coup, mais c'est une possibilité.

Par contre, si le designer arrive avec une idée qu'il a déjà décortiquée en systèmes, le programmeur va devoir prendre le temps de bien considérer l'idée, ne serait-ce que pas politesse envers son ami le designer. L'idée géniale a ainsi beaucoup plus de chance d'être considérée. Peut-être qu'elle ne sera pas intacte. Peut-être qu'elle sera transformé au fur et à mesure que le designer et le programmeur vont discuter des difficultés de l'implémentation. Mais au moins, si le designer tient bien à son idée, on peut être sûr que l'idée géniale ne sera pas travestie simplement parce qu'elle est difficile à programmer.

Au final, ces discussions entre le designer et le programmeur sont très bénéfiques. Pour le designer, cela permet de tester ses concepts en profondeur. Souvent, le programmeur va apporter des aspects au design qui avaient été oubliés. Parfois, les difficultés de programmation vont forcer le designer à trouver des idées encore meilleures pour aller chercher le noyau principale de l'idée et enlever tout le gras. Et pour le programmeur, cela enlève une certaine pression. Il peut se concentrer uniquement sur faire fonctionner le code (ce qui est déjà un défi en soi) et ne pas avoir à se soucier si les idées sont solides ou non. Parce que ça, si le game designer est bon, ça devrait être correct.

La question revient évidemment à savoir qui entre le programmeur et le designer a le plus de pouvoir dans l'équipe. Je ne veut surtout pas dire que le designer doit avoir tous les pouvoirs et que le programmeur doit seulement exécuter le travail! Il faut seulement trouver une balance qui fonctionne. Et ça, c'est probablement une question de goût que chaque équipe de travail doit trouver.

Est-ce que les jeux vidéo sont un Art?

Réponse:

AAAAAARRRRGGGHHHH!!!! Pas encore cette foutue question!!!

Est-ce que les fabricants de brosses à dents, les compositeurs de musique pop, les illustrateurs, les animateurs de TVA et Michael Bay se demandent constamment si leur médium est un Art? Alors pourquoi l’industrie du jeu ressent le besoin de toujours relancer le débat? Est-ce qu’on est insécures à ce point?

Anyway, c’est facile: la réponse est oui! Bon! Vous êtes contents?

Alors retournez péter des gueules à Call of Duty et laissez moi jouer à Sword and Sworcery en paix!

Mon avis après 2 mois de grève

Je ne suis pas du genre à être très "politique" ou revendicateur sur les internets, mais les événements des derniers mois m'obligent un peu à sortir de mon trou.

Je suis en grève depuis très exactement 2 mois et je suis particulièrement fier de l'être. Je ne fais pas la grève parce que je ne veux pas payer la hausse. Ça serait absurde de ma part puisque je suis à ma dernière année universitaire. Je ne fais pas la grève parce que je ne veux pas payer; je fais la grève parce que l'éducation c'est important, et que l'université, comme l'école primaire et secondaire, devrait être beaucoup moins chère qu'elle ne l'est présentement. Je ne fais pas la grève pour moi maintenant; je fais la grève pour les générations futures. Je fais la grève pour que plus de gens aillent à l'école, qu'ils gagnent de meilleurs salaires, qu'ils soient plus riches et payent plus d'impôts pour à leur tour financer les écoles des générations futures. Collectivement, on y serait tous gagnants.

Je n'ai par contre pas toujours été de cet avis. J'étais, au départ, farouchement contre la grève. Je ne voulais surtout pas étirer inutilement ma session. Je trouvais ça absurde de faire une grève pour des frais de scolarité que je ne payais même pas moi-même.

Mais rapidement, après même pas 2 semaines, j'ai changé d'avis. Après m'être renseigné sur le conflit, sur les positions et sur les enjeux, je me suis rendu compte que cette grève représentait exactement le genre d'idées et de valeurs que je revendique habituellement.

Je me suis aussi rendu compte qu'il y avait du louche dans les actions des autorités. Le recteur de l'UdeM, le gouvernement et les autorités ont tous utilisé des manoeuvres douteuses et des tactiques déloyales pour arriver à leurs fins. Il y a eu les injonctions. Il y a eu les doubles messages et la propagande pour tenter de plaire à la population. Il y a eu les tentatives de minimiser ou ridiculiser le mouvement. Heille! J'ai fait des études universitaires, mais le gouvernement nous parle comme s'il s'adressait à des enfants de 5 ans qui veulent des bonbons! Quand même!

Il est temps que les gens se réveillent. En fait, je suis même convaincu que si plus de gens étaient allés à l'université, ils ne seraient pas aussi bornés et le gouvernement aurait plié depuis longtemps. C'est justement pour ça que c'est important que l'éducation soit moins chère: pour que les gens soient mieux éduqués et se fassent moins avoir!

Ce que je veux dire, c'est que ça va me faire PLAISIR de payer plein d'impôt par année pour financer une éventuelle gratuité scolaire. Je risque même de payer assez d'impôt pour rembourser, chaque année, l'équivalent de tout ce que j'aurai payé en frais de scolarité au total dans ma vie! Je vais être content de savoir que mon impôt va servir à envoyer plus de jeunes à l'université.

Après ça, qu'on vienne me dire que les étudiants en grève «ne pense qu'à eux». Je me demande vraiment quel camp est le plus «socialement responsable»?

Le paradoxe Megaupload

Megaupload a été fermé par la justice américaine le mois dernier. Personnellement, je m'en fous un peu; je ne l'ai presque jamais utilisé. Je me rappelle juste qu'il fallait payer pour pouvoir regarder la fin des films. Et moi, payer pour du piratage, je trouve ça absurde.

Un fournisseur d'internet a dit que Megaupload correspondait à 20% de son trafic. C'est énorme! Ça veut donc dire que beaucoup de gens utilisaient ce service. Mais comment est-ce que ces gens faisaient pour regarder leurs films si on ne peut pas voir le film au complet sans payer? J'imagine qu'il y a une bonne proportion de gens qui payaient.

Je serais curieux de savoir le pourcentage que ça représente et combien d'argent les gens payaient en moyenne. L'industrie devrait se demander pourquoi les gens veulent payer pour ça (du piratage), mais pas pour acheter le film (et encourager les artistes).

Pourquoi payent-ils pour ça, mais ne payent pas pour acheter le film sur iTunes ou pour le voir sur Netflix? Pourquoi les gens sont prêts à payer pour du piratage mais pas pour l'original? C'est absurde!

Durant le temps de Noël, j'ai réfléchi...

On lit parfois des textes d'opinion dans des magazines ou dans des blogues où les auteurs expliquent pourquoi ils n'aiment pas la fête de Noël et pourquoi ça les déprime. Je me souviens, il y a quelques années, lorsque je lisais des textes comme ça, je ne comprenais pas. Je ne comprenais pas pourquoi des gens pouvaient être aussi tristes et déprimés dans un moment aussi joyeux. Je pensais que c'était parce qu'ils étaient trop pessimistes ou parce qu'ils ne faisaient pas assez d'efforts.

Mais plus récemment, j'ai compris. J'ai compris que ce qu'ils n'aiment pas, ce n'est pas la fête de Noël en tant que telle, mais plutôt la décadence qu'elle entraîne chez les gens. Et maintenant, je suis un peu du même avis qu'eux. Je vois les gens qui dépensent des sommes importantes pour acheter des patentes plus ou moins utiles aux autres. Je vois des jeunes enfants qui reçoivent des cadeaux par poignée et qui ne semblent pas y prêter une grande attention. Je vois les gens qui courent dans les centres d'achats où tout le monde a l'air malcommode. Je me rappelle le Noël de l'année où je travaillais dans une boutique de jeux vidéo et où j'ai dû endurer la même musique de Noël pendant 2 mois.

J'ai donc compris pourquoi certaines personnes en sont arrivées à détester cette fête-là. Bon, là je dis ça, mais ça ne veut pas nécessairement dire que je déteste moi aussi. Au contraire, j'aime bien ce qu'elle symbolise et j'aime bien le fait qu'il s'agisse d'une occasion de voir toute la famille pour manger des bonnes choses que nos parents ou grands-parents ont pris le temps de cuisiner. J'ai eu ben du fun à déconner en famille, ça c'est sûr! Par contre, ce que je n'aime pas, c'est évidemment la nature commerciale de la chose.

Je ne comprends pas le plaisir de voir des enfants déballer des poignées de cadeaux avec un air de s'en foutre. Je ne comprends pas pourquoi les gens vont passer autant de temps dans les magasins au lieu d'aller dans leur famille pour fêter ou pour cuisiner.

Encore une fois, c'est le temps de l'année où je deviens un peu pessimisme quant à la vie humaine en général. Je repense à ce qu'un prof nous a un jour dit, comme quoi les statistiques disent que 70 à 80% des gens n'aiment pas leur job. Je pense à ça et je ne peux m'empêcher de m'imaginer qu'ils font cette job-là uniquement pour pouvoir se payer des trucs et s'acheter du bonheur fictif pour essayer finalement d'oublier le fait qu'ils n'aiment pas leur job. Au lieu de régler le problème à la source (en s'arrangeant pour aimer leur job et/ou en travaillant moins), ils travaillent plus pour se payer des «médicamments» à leur manque de motivation au travail.

Bref, j'ai passé un bon Noël en famille et avec ma blonde et je n’ai pas magasiné de cadeaux à personne. Et si l’on exclut les interminables séances de déballage de cadeaux, j'ai eu ben du fun à Noël, malgré mes quelques petites idées noires. Essayez ça l'an prochain. Allez voir des gens plus et achetez moins de cossins.

Une petite lettre au CRTC

Le CRTC veut permettre aux compagnies d'internet de facturer encore plus cher, en leur permettant de facturer un prix (genre 2 à 4$) pour chaque gigaoctets téléchargés. C'est une décision bête qui va tuer toutes les petites compagnies d'internet et permettre aux géants Bell et Vidéotron d'empocher encore plus.

Le CRTC est récemment revenu sur sa décision en disant «qu'il allait y penser» et qu'il allait tenir des consultations. C'est donc l'occasion de leur faire savoir ce qu'on veut, c'est à dire un internet libre.

Sur le site d'Open Média, vous pouvez remplir un petit formulaire pour envoyer une lettre au CRTC. Il y a même une lettre pré-écrite que vous n'avez qu'à signer et cliquer pour envoyer. Moi, j'ai voulu faire un peu différent et j'ai écris ma propre lettre. Je vous la recopie ici:

Bonjour,

Radio-Canada a eu un coup de génie en offrant leur service Tou.TV où on peut visionner toutes leurs émissions en ligne. L'Office Nationale du Film (ONF) a aussi mis la majorité de son contenu en ligne pour qu'on puisse le voir de partout gratuitement.

À quoi sert leurs démarches, à quoi sert d'offrir tout ce contenu «gratuitement», si c'est pour devoir payer ensuite des frais aux compagnies d'internet? Pour voir ces films et ces émissions, est-ce qu'il faudrait que je paye les compagnies d'internet plutôt que les sites qui produisent le contenu? C'est un peu ridicule, non?

L'avenir des médias passe par l'internet. Si je veux regarder des émissions de télé, je les télécharge sur iTunes ou sur Netflix. Si je veux jouer à des jeux vidéos, je les télécharge sur Xbox, sur PlayStation ou sur ordinateur en passant directement par les boutiques en ligne de Microsoft, Sony ou Steam. Si je veux écouter de la musique, je peux l'acheter et la télécharger directement sur le site de l'artiste. Je peux faire tout cela grâce à l'internet.

Je ne suis pas un pirate. Je me fais un point d'honneur de payer le juste prix pour tout ce que je veux télécharger. Je veux que les artistes récoltent l'argent que je leur paye. Je ne VEUX PAS que les compagnies d'internet récoltent cet argent à la place. On les paye déjà bien assez cher à chaque mois.

Merci,

Francis

Ce soir, je me couche tôt.

Et là tu te dis: «Bon, ça fait 3 soirs que je dors pas. Ce soir, faut que je me couche de bonne heure pour essayer de rattrapper tout ça!»

Mais là évidemment, tu vas checker tes courriels. Pis après ça, tu te dis «ooooooh, juste 2 minutes.... Je vais aller sur Facebook juste 2 minutes». Tsé genre tu te fait une promesse à toi-même.

Pis là, soudainement, y'a 1 heure qui vient de disparaître, pis t'es en train de cliquer sur ta vache... Faque là c'est genre toi avec le poing levé au ciel qui crie «CURSE YOU FACEBOOK!!!!!»

mais tsé, tu vas quand même jouer une game de Bejeweled...

La saga de mon diplôme (et pourquoi je m'en fous)

Finir son baccalauréat et recevoir son diplôme, c'est pas quelque chose de commun. C'est un événement important. On fête ça en grand. On va à une cérémonie où tout le monde est habillé avec la toge et on reçoit notre diplôme de la part du recteur de l'université. Tout le monde est content. Tout le monde sourit. C'est la concrétisation de 3 années de dur labeur et d'étude acharnée. Y'en a qui pleurent de joie. C'est la reconnaissance tant attendue. C'est tout ça et bien plus.

Ok, mais alors, pourquoi je m'en fous?

La cérémonie de remise des diplômes est tombée pendant que mes parents étaient en voyage en Europe. Mes amis n'y allaient pas parce qu'ils étaient tous encore en deuxième année. Je ne connaissais personne. J'ai dit: «bof, ça me tente pas full. Je m'en fous pas mal anyway.»

Ils ont envoyé le diplôme par la poste. Pour ceux qui n'ont jamais eu de diplôme universitaire par la poste, je vous explique. Ils t'envoient ça dans une grosse enveloppe géante et cartonnée. Du gros papier jaune épais et solide. À l'intérieur, y'a deux gros cartons pour empêcher l'enveloppe d'être pliée et donc empêcher que le diplôme soit abîmer. Y'a aussi une brochure pour ceux qui veulent faire encadrer leur diplôme. Y'a des options d'encadrement de 50 à 300$, avec de la petite cuirette et un fini en acajou et une bordure en argent et de la reliure en or et des diamants partout! (non, j'exagère pour les diamants, mais le reste est vrai)

Et le diplôme? À quoi il ressemble? Euhm..... ben, je ne m'en rappelle plus trop. Je l'ai à peine regardé. Il était fait avec du beau papier j'imagine. Et il y a sûrement le sceau officiel de l'université et des signatures officielles pour aller avec. Oui, c'est probablement ça qu'il y a dessus. Mmm, je m'en souviens à peine.

Et ensuite? Ensuite, qu'est-ce qu'on fait avec un diplôme? Je ne vais certainement pas payer la moindre cenne pour le faire encadrer avec de l'acajou et de la petite cuirette!

Non, sérieux, je ne savais pas trop quoi faire avec. Je l'ai laissé traîner sur la table de cuisine. Bon, je l'ai au moins remis dans la grosse enveloppe avec les cartons pour ne pas qu'il se fasse abîmer, mais c'est tout! Il a traîné là une semaine. En fait, c'était la deuxième semaine qu'il passait sur la table de cuisine. La première semaine, c'était avant d'ouvrir l'enveloppe. Je ne l'ouvrais pas parce que je savais ce qu'il y avait dedans (mon diplôme) et que ça ne m'intéressait pas. Ma mère le bougeait à chaque jour sur la table en espérant que je le vois. C'est quasiment si elle a pas mis des lumières de Noël dessus pour attirer mon attention. Évidemment, je l'avais vu mais je ne l'ouvrais pas.

Après avoir traîné une deuxième semaine sur la table de cuisine (ça c'était après l'avoir ouvert), ma mère s'est écoeurée et m'a dit de le ranger ailleurs. Alors, je l'ai pris et je l'ai mis sur le buffet à côté de la table. Elle n'était pas contente. Alors je l'ai pris et je l'ai mis sur le piano. Je pense que, cette fois-ci, elle ne m'a pas vu faire parce qu'elle n'a rien dit.

Il a passé une troisième semaine sur le piano dans la cuisine. Ensuite, ma mère s'est écoeurée et l'a mis dans «le tas». Pour ceux qui ne savent pas, le tas c'est, comme son nom l'indique, un tas de patentes et de gugusses qui traînaient et que ma mère met dans un tas dans le corridor. Là dedans y'a des manteaux, des bas, des vieux papiers, des journaux, des dictionnaires, des sacs de linge sale, des souliers, des formulaires d'inscription au tarif réduit de la STM, des balles de tennis, des batteries rechargeables, des étuis à caméra, des sachets de biscuits vides et... mon diplôme! Le tas -- cette entité vivante, grossissante, qui bouge et qui se reproduit parfois -- avait avalé aussi mon diplôme. Ça devenait un peu embarrassant.

Là, vous vous dites sûrement «mais pourquoi tu ne le rangeais pas à sa place, ton maudit diplôme?!»

Ouain......

C'est que, voyez-vous, un diplôme c'est gros. C'est genre ben plus gros que toutes les feuilles de papier que vous avez utilisées dans votre vie! Pis en plus, il faut pas le plier! (Ça serait ben le comble de le plier, après que l'université ait mis autant d'efforts, de cartons et d'enveloppe jaune épaisse pour le protéger des pliures!) C'est tellement gros, un diplôme, que ça ne rentre pas dans aucun tiroir, aucun classeur, aucune armoire. Sérieux, c'est vraiment gros! Genre gros comme une télé HD au plasma! Je savais vraiment pas où le mettre.

Finalement, après plusieurs autres semaines à traîner dans le tas, mon diplôme a disparu. Ma mère avait enfin trouvé une place pour le ranger. Je pense que je sais où c'est. J'ai pas vraiment été vérifié. Je l'ai dit: je m'en fous!

Un diplôme c'est juste un papier. C'est un papier qu'on affiche sur le mur pour péter de la broue. J'ai pas fait 3 ans d'université juste pour avoir un papier pour l'encadrer dans un fini acajou et velours et péter de la broue pendant le reste de ma vie. J'ai fait 3 ans d'université pour apprendre des trucs. Et les trucs que j'ai appris, je les ai appris, peu importe si y'a un papier qui dit que je l'ai appris ou pas.