Princesse Mononoke

J’ai écouté le film Princesse Mononoke (dessins animés de Hayao Miyazaki) pour la première fois aujourd’hui.

Le message écologique, anti guerre et anti-pollution est vraiment fort. Et le monde est remplis de détails sur comment les gens vivaient à cette époque. C’est super authentique.

Je comprends pas comment on peut écouter ce film et pas avoir envie de vraiment changer les choses. De vraiment faire des efforts pour réduire notre consommation et arrêter d’exploiter les ressources et polluer sans limite. Et donc c’est quand même surprenant qu’autant de gens l’ais vu sans avoir essayé de changer leurs habitudes. Que ça n’a pas eu un plus gros impact.

Mais peut-être que je me trompe et que le film a réellement eu un impact, que y’a des gens qui ont adopté des nouvelles habitudes écolo après l’avoir vu. Si vous êtes dans cette situation, dites moi le. Ça va me redonner espoir.

En même temps, c’est peut-être aussi parce que moi et mon frère on y est déjà sensibilisé. On fait déjà des efforts zéro déchets, compost, etc. Mais je sais pas. Ça m’a donné envie de faire davantage.

Bref, c’est vraiment un bon film. Je recommande. Surtout si vous aimez les films nuancés où tout n’est pas noir et blanc.

Vieille pub: Alors Donkey Kong, qu’est-ce qu’on brasse?

Vous souvenez vous de la vieille pub de Donkey Kong à Télétoon?

Je sais pas si je devrais avoir honte ou être fier mais… je la connais par cœur. Parce que oui, il semblerait que mon cerveau avait rien de mieux à faire à l’époque (1997-98?) que d’enregistrer mentalement cette annonce!

Dans mon souvenir, ça allait comme suit:

Alors Donkey Kong, qu’est-ce qu’on brasse?

Ça frappe! Ils écrabouillent alligators. Écrabouille la banane. Saute le baril. C’est funky flyé, ça déménage la barouette, aplatit la capsule, agace la copine et tonnerre de reculons.

Sac à papier, pire estime, ce pirate chantant et dansant en gros plan qui se fait grondé par une vieille peau? Banane excitante! Et le pire c’est qu’on a juste à sa faim à regarder et encore pire que le meilleur man: tout le monde gagne!

À moins donné les alligators… Faites le saut sur Donkey Kong!

Et là aujourd’hui, je me suis dit « tient, et si j’essayais de voir si, depuis le temps, quelqu’un a remis la pub sur internet ». Et boom! C’est là!

Et là je constate 2 choses:

  1. Il parle ben moins vite que dans mon souvenir
  2. L’annonceur semble vraiment plus vieux que dans mon souvenir
  3. J’ai quand même bien retenu les paroles, mais y’en a que j’avais vraiment rien compris!

Et donc, 21 ans plus tard, j’ai rien de mieux à faire que de transcrire les paroles de l’annonce!

Et alors Donkey Kong? Qu’est-ce qu’on brasse?

Ça frappe! Écrabouille alligator. Ils écrabouillent la banane et saute le baril. C’est funky flyé. Ça déménage la barouette, aplatit la capsule, agace la copine et tolère le gluant(?)

Ça t’a pris(?) Yeti LSD(?). Ce pirate chantant en gros plan qui se fait gronder par une vieille peau. Balade excitante! Et le pire c’est qu’on a juste à s’asseoir et regarder. Et encore pire que le meilleur man: tout le monde gagne!

À moins donné les alligators! Faites le saut sur Donkey Kong!

Quelqu’un est capable de comprendre les bouts que je ne suis pas sûrs? Est-ce qu’il dit vraiment « yeti LSD »?!?

Le film Arrival et ce à quoi il me fait réfléchir

Je viens juste de finir d’écouter le film Arrival de Denis Villeneuve. Je m’attendais pas à grand chose, et j’ai été très impressionné. C’est un film film comme je les aime. Ça va pas trop vite, c’est focussé sur les personnages et leurs réactions plutôt que sur l’action. Le genre de film qui fait réfléchir. Et donc là j’ai des choses à dires. Certaines vont avoir des spoilers donc je vais les garder pour la fin.

Là je veux parler de 3 choses: la musique, la bande-annonce, et le message du film. Et ce que j’en tire. Ok ça fait 4 choses ça.

D’abord le trailer. Je suis tombé sur ce film par hasard, dans un commentaire sur la tune des méduses de Tetris Effect (vidéo de gameplay), quelqu’un a mentionné que ça lui faisait penser la musique du film Arrival. J’avais jamais entendu parlé du film avant ça.

Comparez par vous même!

De la bonne musique comme ça, très originale avec ses fragments de voix et une saveur de Philippe Glass, ça ne me laisse pas indifférent! Ça m’a rendu curieux de savoir d »où ça venait, donc j’ai regardé la bande-annonce du film. Malheureusement, c’est le genre de bande-annonce conventionnelle, qui montre trop, qui focus sur des choses pas importantes du film juste pour attirer les gens. Dans ce cas-ci, sur les militaires et les silly humans qui veulent faire la guerre. Par contre, après avoir écouté le film, je comprends pourquoi, dans ce cas-ci, ils n’avaient pas trop le choix. Le film a une thématique très intéressante qui se ressent à travers tout le film mais qui ne s’explique que vers la fin. Et donc je comprends qu’ils n’ont pas voulu révélé ça dans la bande-annonce. Et bien sûr, ils ne voulaient pas montrer les aliens du film trop trop non plus. Donc qu’est-ce qu’il reste? Pas grand chose en effet. C’est un film qui se joue en finesse, avec pas trop d’action, donc pas facile de faire des bande-annonces punchée. Et donc ça a donné ce que ça a donné. On va leur pardonner pour cette fois.

***

Maintenant je vais parler un peu de spoilers. Vous devriez donc aller écouter le film avant de continuer. Surtout que c’est un bon film, bien écrit, joué en finesse et qui fait réfléchir.

C’est votre dernier avertissement. À partir de maintenant je vais assumer que vous avez vu le film. (Après tout, j’écris ça surtout pour moi, et moi je l’ai vu le film!) 😀

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Frank Zappa, à ses débuts, à la télévision de l’époque

Voici un extrait d’émission où Frank Zappa a été invité invité au Steve Allan Show alors qu’il n’était pas encore trop trop connu (du moins, c’est ce que j’en comprends). C’était en 1963. Zappa arrive comme un hurluberlu et fait une démonstration de musique avec un vélo. Vous excuserez la qualité horrible et le fait que c’est découpé en 4 vidéos. Ça reste quand même très très drôle à écouter alors je vous invite à prendre le temps.

Je ne pense pas avoir écouté de Frank Zappa avant aujourd’hui. Je savais vaguement qu’il faisait de la musique bizarre mais je ne me rappelle pas en avoir écouté avant aujourd’hui. D’une certaine manière, je me retrouve dans la même position que le public de cette émission, où Zappa joue devant un public qu’il ne connait pas.

Ce qui est drôle, au début du vidéo, c’est qu’il semble gêné et n’offre pas de très longues réponses aux questions de l’animateur. Et de son côté, l’animation est dans une zone d’inconfort et semble faire des blagues pour masquer son embarras. Mais ce qui est beau, c’est qu’au fur et à mesure que l’entrevue et la démonstration avance, tous semblent se dégêner. Frank Zappa prend plus d’assurance, l’animateur se met à avoir du fun et le public rit de plus en plus. Je trouve absolument admirable que Zappa ait l’audace de demander aux musiciens du show de «jouer n’importe quoi, comme ils le sentent» et de mettre des objets sur les cordes du piano! Et les musiciens embarquent dans ses niaiseries et font de la musique hyper expérimentale à heures de grande écoute! Tout le monde a l’air de s’amuser et ça donne un maudit bon moment de télévision!

Television in that day was so much more innocent than today’s tightly scripted and market-researched crap. « In Praise of Steve Allen and Television of the Early 1960s » might be more apppropriate. I don’t recall how long each episode of The Steve Allen Show ran, but, I’d surmise 90-minutes […] instead of 60 minutes as is popular these days. […] Thanks to television programming of nearly four decades ago, and Steve Allen for actually being hip back then, to allow a full 20 minutes of air-time to some nearly indescribable individal with a taste for the bizarre to do his thing. Without that venue, without the innocence of television of the era, without the open-mindedness of a hip tv host in his prime, that early Frank Zappa television appearance would have never been broadcast.

R. Kane [Source]

Quelques souvenir sur Perfect Blue (À la mémoire de Satoshi Kon)

Il y a quelques semaines, j’ai réécouté Perfect Blue de Satoshi Kon. Depuis la mort de ce grand réalisateur, je me suis mis dans la tête de revoir tous ces films. Je progresse lentement (c’est seulement le 2ème que j’écoute depuis) mais je ne veux pas y aller trop vite et m’écoeurer non plus…

C’était la deuxième fois que j’écoutais Perfect Blue et je dois dire que le film est vraiment meilleur lorsqu’on l’écoute pour la deuxième fois parce qu’on peut enfin comprendre toute l’histoire en ayant toutes les clés en main. Comme c’est un thriller dont le récit nous est raconté de façon déconstruite, le voir une seconde fois nous permet de bien remettre tous les morceaux de puzzle ensemble. Pour cette raison, je suggère fortement d’écouter le film 2 fois si vous en avez la chance, pour pouvoir mieux l’apprécier.

Quand je l’ai réécouté, j’en ai fait profité toutes la famille. C’était notre film du vendredi soir. J’avais réussi à convaincre mon père que c’était un bon film et que ça ressemblait à un thriller de Hitchcock. Mon père déteste les «trucs japonais» et c’est probablement la seule chose que je pouvais dire pour le convaincre de s’installer avec nous et l’écouter.

Ça a plus ou moins bien fonctionné. Il a quand même pu apprécié le film un peu, même s’il continu de détester ça parce que c’est «des trucs japonais avec des petites voix aigües».

C’est intéressant qu’il ait souligné ce point. Et en fait, je dois dire que je suis plutôt d’accord avec lui. Autant j’ai pu être un énorme fan des animes et des mangas à une certaine époque, j’en ai depuis développé une écoeurantite aigüe. Tout ce qui est sorti récemment n’est qu’un ramassis de clichés scénaristiques, de sexisme dégoulinant, de scénarios insipides et de personnages insignifiants. Néanmoins, malgré tout cela, je garde une place dans ma bibliothèque pour certains animes particulier et certains films de réalisateurs talentueux. Satoshi Kon y a une place de choix, évidemment.

Je disais que c’était drôle que mon père n’ait pas apprécié le côté très «anime japonais» et petites voix aigües de Perfect Blue. Je souligne parce que c’est en fait plutôt ironique qu’il ait dit ça. Perfect Blue est, en plus d’être un thriller psychologique intense, une satire sur l’industrie des animes, des mangas et de la culture pop japonaise en général. Sans rentrer trop dans les détails de ce qui se passe au Japon (surtout que je ne suis pas un expert en la matière), disons seulement que de riches entreprises parfaitement légitimes se financent ouvertement en vendant des produits ayant comme but d’aller titiller les pulsions sexuelles déviantes et quasi pédophiles de leurs fans. La plupart des animes d’aujourd’hui ne sont que ça: des petites filles mineures dans des situations remplies d’allusions cochonnes. Si vous avez déjà vu du moe, vous devriez savoir de quoi je parle.

Ce qui est intéressant de Perfect Blue, c’est qu’il agit comme une sorte de documentaire de cette industrie. On y voit une chanteuse pop (au Japon, ils les appellent «idoru», une transcription de «idole») qui est forcée par son manager d’abandonner sa carrière musicale pour devenir actrice. Là où ça devient louche, c’est quand ses managers, mais aussi les scénaristes, les réalisateurs et l’industrie en général, la pousse à faire des scènes de viol et des photos érotiques. Inutile de dire qu’elle n’est pas particulièrement à l’aise avec ça, au point d’en développer des pathologies psychologiques et des dédoublements de personnalité. Le film décrit l’industrie de la pop culture japonaise comme gourmande de débauche sexuelle, tout en se foutant de ce que les actrices doivent endurer comme horreurs pour satisfaire la demande des fans.

Peu de réalisateurs japonais ont osé décrier le système et cette façon de mettre les jeunes femmes et les fillettes en images. Le seul autre que je connaisse c’est Hideaki Ano et la finale mythique de sa série Evangelion, où Rei (la fille moe cute dans la série (à sa façon)) se fait agrandir dans l’écran et mettre à nue de façon artificielle et horrifiante, comme si le réalisateur avait voulu dire: «vous l’aimez elle? Eh bien je vais vous en donner beaucoup plus que ce que vous en vouliez, au point de vous faire vomir!».

Mais je diverge… Ce que je veux dire, c’est que les animes s’enlisent dans un bourbier pervers et que Perfect Blue est un des trop rares films à oser critiquer le système. Ce qu’il disait en 1998 est encore plus vrai aujourd’hui. Si vous êtes fan d’animes, vous devriez l’écouter pour voir l’envers de l’industrie que vous aimez tant. Sinon, vous pouvez aussi écouter et apprécier le film comme un très bon thriller psychologique.

Voir aussi: Mes autres billets sur les films de Satoshi Kon écrit après sa mort, notamment celui sur Paprika.

À la mémoire de Satoshi Kon (1963-2010) : Quelques souvenir sur Paprika

Satoshi Kon, le réalisateur des films Paprika, Perfect Blue, Millenium Actress, Tokyo Godfathers et de la série animé Paranoia Agent, s’est éteint en août dernier des suites d’un cancer. Il travaillait encore sur un dernier film qui sera peut-être continué et sorti post-hume.

J’ai été choqué et très triste d’apprendre cette nouvelle. Quelqu’un avait posté ça sur Facebook. Je l’ai lu le matin avant d’aller travailler. Ça ma frappé.

Puis, le lendemain, j’ai lu sa dernière lettre. Juste avant de mourir, il a écrit une lettre que sa famille a publié sur son blogue. Quelqu’un sur internet l’a traduite. Ça m’a jeté à terre. J’ai pleuré un peu. Ce gars-là, c’était vraiment un génie. C’est un de mes réalisateurs préféré et ses films sont vraiment marquants. Paprika est dans mon top 4 des meilleurs films de tous les temps.

Après avoir lu sa dernière lettre, je me suis dit que la meilleure façon de célébrer sa carrière de génie serait de revoir tous ses films. Aujourd’hui, j’ai commencé avec le meilleur, Paprika.

Ça fait plusieurs fois que je le vois ce film-là. Je n’ai plus vraiment de surprise en l’écoutant. Seulement des souvenirs qui remontent, et le sentiment de revoir un film qui continu d’être aussi bon que la première fois.

La première fois que je l’ai vu, c’était au ciné-campus à l’université avec des amis. Durant tous le film, j’étais resté cloué sur mon siège, totalement hypnotisé et ébahit. La musique exaltante du film combinée aux scènes d’envols m’ont fait ressentir une sorte de liberté exubérante et infinie. Comparer cela aux immanquables scènes de vols aériens des films de Miyazaki (Spirited Away, Princess Mononoke, Castle in the sky, etc.), cela revient à comparer une petite balade en moto avec un saut en parachute! J’étais sorti de la salle béat d’admiration pour ce Satoshi Kon que je ne connaissais pas jusqu’alors, mais que j’avais déjà au sommet de ma liste de réalisateurs extraordinaires.

Récemment, en voyant le film Inception, je n’ai pas pu m’empêcher de le comparer à Paprika. C’est les même thème, le même genre d’effet spéciaux, le même genre d’ambiguïté dans le scénario. Par contre, là où Inception est un film de divertissement Hollywoodien avec des gros effets spéciaux, Paprika a une subtilité et un niveau de symbolisme beaucoup plus poussé, avec des tonnes de métaphores et de liens entre différents domaines scientifiques. Et je ne peux m’empêcher de penser que le réalisateur d’Inception a copié tout un paquet de trucs de Paprika. C’est flagrant!

Paprika a été le premier film que j’ai vu de Satoski Kon et le premier que j’ai écouté pour honorer sa mémoire. Je compte ré-écouter les autres que j’ai en ma possession (Tokyo Godfathers et Perfect Blue) et enfin écouter ses autres oeuvres que je n’ai pas encore vus.

Je vais essayer de venir écrire un petit quelque chose ici à chaque fois.

Mise à jour: J’ai continué d’écrire d’autres billets en écoutant ses films. Vous pouvez aller lire ça.

René Lévesque passé à l’autotune

Je parle souvent ici du recyclage comme forme d’art, c’est-à-dire de prendre quelque chose d’existant et de le transformer pour lui ajouter une valeur artistique. De faire du neuf avec du vieux. Ici, on a un discours de René Lévesque transformé en chanson. Et ça marche super bien en plus!

Ce vidéo ressemble évidemment à des millions de vidéo niaiseux sur youtube. Pourquoi alors est-ce que j’en fais tout un plat avec mes histoires d’art et de recyclage? Ce que je trouvais intéressant de celui-ci, c’est qu’il m’a fait découvrir un fragment de l’histoire. Je n’aurais probablement jamais cliqué pour voir un vidéo intitulé «Discours de René Lévesque». Par contre, un discours passé à l’autotune, ça c’est drôle! J’ai cliqué, j’ai regardé.

Ma génération est plutôt inculte quand on y pense. Je ne pense pas avoir jamais vu un discours de René Lévesque de toute ma vie. Je n’aurais probablement même pas été capable de le reconnaître en photo. Mais là, après avoir vu ce vidéo, c’est sûr que je vais m’en rappeler.

C’est ça la force du recyclage artistique. Ce vidéo là réussi à transformer un discours important d’un grand politicien en quelque chose d’encore plus grand, un hymne qu’on pourrait chanter, une mélodie qui va peut-être nous rester dans la tête toute la journée.

Réutiliser Heavy Rain? Mais quelle bonne idée!

J’ai entendu dire que le moteur graphique du jeu Heavy Rain allait être licencié pour permettre à d’autre gens d’écrire d’autres histoires. Je sais pas si c’est vrai, mais c’est une foutue de bonne idée! La force de Heavy Rain, ce n’était pas vraiment son moteur de jeu (qui a quelques petits bugs fatiguants); c’était son histoire.

(Petite parenthèse pour ceux qui ne connaissent pas Heavy Rain. Il s’agit d’un jeu pour PS3 où l’histoire occupe la principale partie. Le jeu est construit de façon à ce que les choix du joueur influencent l’histoire. Certains choix changent peu de chose, mais d’autres influencent de façon majeure le déroulement du jeu. À part ça, le joueur n’a pas grand chose à faire. Il parle aux gens et contrôle les conversations. Parfois, il y a des quick time events pour les séquences avec plus d’actions. En général, le jeu reste très cinématographique à tout moment dans sa façon de bouger la caméra. David Cage, le réalisateur du jeu, voulait faire un jeu qui soit très cinématographique et où le joueur s’attache vraiment aux personnages, tout en ayant la possibilité de contrôler l’histoire. [Plus d’infos] Fin de la petite parenthèse.)

Mais une histoire ne plait pas nécessairement à tout le monde. L’histoire de Heavy Rain ressemble beaucoup à celle de Indigo Prophecy, le jeu précédent du studio Quantum Dream. Ça commence comme un thiller policier, y’a des meurtres, y’a un gars qui se fait faussement accuser, mais tranquillement, ça vire en paranormal. On voit des médiums, des prophéties, des gens qui se font hypnotiser, des fantômes et même des extra-terrestres! Je ne m’attendait pas à ça. Quand j’ai joué à Indigo Phophecy, je m’attendais à un thiller, pas à un épisode de X-File. Je suis resté un peu surpris. J’aurais probablement préféré une histoire plus réaliste, sans paranormal.

L’histoire de Indigo Prophecy est un thriller fantastique. Ce genre d’histoire ne plaît pas toujours à tout le monde. Il y a des gens qui préfèrent les histoires de chevaliers et d’elfes. Il y a des gens qui préfèrent la science fiction. Imaginez qu’on donnait le moteur graphique de Heavy Rain à d’autres studios pour produire des histoires de moyen-âge ou de science-fiction. Imaginez qu’on le donne à Kojima (série Metal Gear Solid). Imaginez qu’on le donne à Tim Schafer (Psychonauts, Grim Fandango, Monkey Island). Imaginez qu’on le donne à Shigesato Itoi (Earthbound, Mother 3). Ces gens là font des jeux vraiment cools où l’histoire a une partie importante. S’ils pouvaient se concentrer plus sur l’histoire et moins sur le moteur, ça leur ferait économiser du temps et ils pourraient sans doute produire quelque chose d’intéressant. Les réalisateurs de films ne réinventent pas leur caméra à chaque films. Pourquoi les réalisateurs de jeux devraient faire ça?

Parlant de réalisateurs de film, on pourrait leur donner le moteur de Heavy Rain à eux aussi. Vous imaginez un jeu qui serait réalisé par les frères Coen? Par Tim Burton? Par James Cameron, David Lynch ou Kubrick ou Tarantino? Ça serait une drôlement bonne idée je trouve. (Évidemment, ces réalisateurs ne feront probablement jamais ça, convaincus comme ils sont que les jeux vidéos sont un sous-médium qui ne méritent pas qu’ils détournent leur attention de leur cinéma chéri. Mais ça c’est une autre histoire).

Une autre idée géniale: on pourrait aller chercher les scénaristes de télé-séries et de télé-romans. Ces gens-là sont habitués de constamment revoir leurs personnages et leur histoire de façon à conserver l’intérêt des spectateurs après des centaines d’épisodes. Pour faire un jeu à-la-Heavy Rain, où l’histoire se transforme au fil des décisions du joueur, ça serait parfait. En plus, c’est le genre de truc qui pourrait intéresser les non-joueurs. Tous les téléspectateurs qui écoutent Virginie seraient probablement intéressés à jouer à un jeu qui raconte des histoires similaires et où ils pourraient contrôler l’action un peu. Évidemment, il faudrait probablement enlever ou simplifier les séquences d’actions, mais ça serait adaptable.

Le moteur de jeu de Heavy Rain a beaucoup de potentiel. Jusqu’à maintenant, il a servit à raconter une seule histoire. Ce serait vraiment bien s’il pouvait être réutilisé pour raconter d’autres histoires. David Cage a dit en entrevue qu’il était intéressé à faire d’autres épisodes plus petits. Il a aussi dit qu’il voulait licencier le moteur du jeu pour permettre à d’autres studios de faire d’autre jeux avec. J’ai vraiment hâte de voir ce que ça va donner.

Petite note: J’ai joué et terminé Indigo Prophecy mais je n’ai pas encore joué à Heavy Rain. J’en ai beaucoup entendu parlé donc je sais de quoi je parle, mais j’ai quand même pu me tromper sur certains détails. Vous devriez me corriger dans les commentaires si c’est le cas.

Tout est trop beau

De nos jours, tout est trop beau. Tout est trop parfait. Je regarde des vieux films et je trouve ça intéressant de voir que, dans ce temps là, ils ne se cassaient pas la tête pour faire des trucs parfait. C’est un peu pour ça que, dans mes créations (films, flash, BD, etc), il y a beaucoup de grain dans l’image et de bruit indésirable dans le son (et les dessins sont laids parce que je ne me force pas). Je ne me casse pas trop la tête sur la qualité. L’important c’est ce qu’il y a à l’intérieur. C’est l’idée. À cause des limites technologiques de l’époque, le produit final était moins parfait, mais plus charmant.

Je viens de lire quelque chose qui résume très bien ma pensée. C’est une petite analyse à propos d’un album EP de Danger qui va sortir bientôt le premier février:: 07/17/2007 (c’est ça le nom de l’album). Vous pouvez lire le texte inspirant ici sur Nerd Music. En gros, c’est une louange des années 70-80, de l’idéologie punk, et de la faible qualité des copies qu’on pouvait avoir. J’adore!

Vous pouvez entendre la tune 4h30, toujours de Danger et tirée du même EP à venir, sur Tiny Cartridge où j’ai ramassé tout ce que je vous raconte ici. Allez y pour voir aussi un autre vidéo encore plus beau que celui-ci. Tout en pixels 16-bit et tout en beauté. En plus, la tune me fait penser aux tunes dans le film Labyrinthe (un film que j’aime beaucoup).

Au sujet de la faible qualité des images, J-L Godard disait:: «Rien ne sert d’avoir des images claires si les idées sont floues». En tout cas, j’aime beaucoup cette citation! Ça nous rappelle qu’on n’a pas besoin d’être trop perfectionniste dans l’enveloppe et qu’il faudrait plutôt se concentrer sur l’essentiel: le contenu.

Hypermédiation (et des vampires qui dansent)

Hypermédiation (hypermediacy):: Style de représentation visuelle dont le but est de rappeler au spectateur la présence du médium. Une forme d’autoréférentialité.

Dans mon cours de Cinéma et Technologie Numérique d’aujourd’hui, le prof nous a parlé d’un concept qui s’appelle l’hypermédiation. Ça c’est quand un film tente de briser au maximum l’illusion qu’il est un film pour nous faire croire qu’il est autre chose. Par exemple, un film de fiction qui essayerais de se faire passer pour un documentaire ou une émission de télé. On peut notamment penser à des films comme Blair Witch Project, Cloverfield ou District 9. Dans ces trois cas, il s’agit d’oeuvres de fiction qui veulent ressembler à un reportage télé ou à un film amateur tourné avec une caméra cheap. On y retrouve des caméras tremblotantes, du mauvais son, du bruit vidéo (grichage), etc.

Ce qu’on voit moins, c’est la même chose faite en animation. Parce que l’animation a déjà beaucoup de difficultés à être photoréaliste, elle peut difficilement nous faire croire à un faux-documentaire. Mais ça n’empêche pas certain de s’essayer, habituellement dans un but de parodie. Je pense notamment à l’anime Lucky Star, et à son segment Lucky Channel à la fin des épisodes, où on voyait deux animateurs qui avaient des problèmes dans leur studio de télévision. Je me souviens notamment d’un épisode où ils se chicanaient tellement fort qu’ils brisaient une caméra. La caméra basculait et l’image se brouillait.

Un nouvel anime viens de sortir, et il a l’air vraiment pas très bon:: Dance in the Vampire Bund. J’ai lu une critique et ça m’a convaincu de ne jamais écouter ça. C’est encore une histoire de vampires avec des bishos et des lolis et full de fan service dégoulinant. Et il y a un loup-garou aussi. Faut croire que les japonais ont vraiment envie de surfer sur la vague de Twilight.

Pourquoi je parle de ça? Et bien le premier épisode faisait une parodie de talk-show japonais. Tous les signes télévisuels s’y retrouvait. Si vous avez déjà vu un peu de télé japonaise sur YouTube, vous devriez savoir de quoi je veux parler. C’est évidement un anime de fiction (une princesse vampire qui veut conquérir le monde, je pense) mais qui a choisi de présenter ses personnages en faisant un talk-show qui imite la télé avec ses reportages sensationnalistes, ses talk-show et ses animateurs. C’était quand même bien fait et avez suffisamment de suspense pour que ça fonctionne. Personnellement, le fait que ça abolis les conventions d’animes en faisant un talk-show est la seule raison de pourquoi j’ai écouté le premier épisode de cet anime (et avec la ferme intension de ne PAS écouter les suivants).

Ce qui est intriguant, c’est de se demander pourquoi le studio qui produit l’anime a choisi de faire une telle expérimentation. Pourquoi vouloir essayer de briser le mur de la fiction en imitant la télé? À ce qui parait, le manga qui a inspiré l’anime commençait de façon très traditionnelle, sans briser la fiction. L’anime a choisi plutôt de pousser à fond l’imagerie télévisuelle. Pourquoi avoir changé ça?

Une des raisons que je peux voir, c’est pour renforcer son récit. Dans l’histoire de la série, les vampires auraient vécu dans l’ombre sans que les humains ne sachent qu’ils existaient, et ils auraient décidé qu’à partir de maintenant, ils allaient sortir de l’ombre. C’est un peu comme dans District 9, quand les extra-terrestres débarquent sur Terre. Le film choisi d’utiliser une approche de documentaire, pour nous faire croire que les extra-terrestres auraient réellement débarqué sur Terre. Je pense que c’est un peu ça que l’anime a essayé de faire, pour renforcer son histoire. Ça, mais aussi le fait que commencer une nouvelle série d’anime avec un punch original, ça aide au marketing! La preuve, j’aurais jamais écouté cette série sinon. Je l’ai écouté juste pour voir ce talk-show étrange.

Sur ce, si l’hypermédiation vous intrigue et que vous n’avez pas vu District 9, je vous suggère vraiment de voir ce film. C’est le meilleur que j’ai vu à date pour ce qui est d’imiter parfaitement les codes télévisuels. Sérieux, ça a vraiment l’air vrai!

Par contre, n’écoutez pas Dance in the Vampire Bund (sauf peut-être le premier épisode, que vous pouvez pirater sans remords sur YouTube). Ça a l’air vraiment plate, sauf si vous êtes un pédophile qui aime les p’tites filles nues. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est lui.