mercredi 29 février 2012

Conférence de Capy à l'IGDA


Ce soir encore, l'IGDA organisait une conférence à la SAT. Cette fois, c'était les 2 fondateurs de Capy (Clash of Heroes, Sword and Sworcery et Critter Crunch) qui sont venu de Toronto pour nous jaser de leur expérience. En particulier, ils ont focussé sur un aspect important de l'industrie du jeux vidéo : l'art de se faire des contacts en buvant des bières!

En soit, le sujet n'est pas nouveau. Se faire des contacts, c'est la base de presque n'importe quelle job. Mais alors que bien des conférenciers vont simplement dire que c'est important d'avoir un bon réseau de contacts, les deux gars de Capy ont expliqué comment faire pour le créer.

Pour quelqu'un qui débute dans l'industrie et qui ne connait pas beaucoup de gens, se faire dire qu'il faut absolument avoir des contacts pour percer peut être plutôt effrayant. C'est dur de connaître des gens quand on ne connait personne. Ce que les gars de Capy ont expliquer, c'est qu'il faut dédramatiser la patente. C'est parfaitement faisable et même recommandé d'aller boire des bières ou prendre un lunch avec nos développeurs idoles indépendant ou non. C'est comme ça qu'on peut rencontrer des gens cools et peut-être devenir ami avec eux. Et c'est en se faisant plein d'amis qu'on se fait des contacts. Et ces amis là vont pouvoir nous aider quand on va être dans la merde et qu'on va avoir besoin de conseils.

Faut pas voir les contacts comme des outils ou des ressources. Il faut les voir comme des amis. C'est ces amis là qui vont vouloir embarquer dans le projet. C'est ces amis-là qui vont venir travailler avec vous. C'est ces amis-là qui vont se faire ambassadeur du projet et qui vont en parler à leurs amis. C'est ces amis-là qui vont vous dégotter des contrats. En étant honnête dans la relation, on construisant sur la confiance des gens, on peut s'assurer qu'ils vont être d'autant plus impliqué dans le projet et moins susceptible de nous abandonner. Et c'est la même chose avec les journalistes. C'est pas en envoyant des communiqués de presse bullshit qu'on va convaincre un journaliste de parler de nous. C'est en étant ami avec.

Comme j'ai dit, c'est rien de nouveau. C'est tout des choses que je savais déjà. Mais j'ai aimé comment ils ont dédramatisé la chose. Je suis sûr que ça va convaincre du monde qui ne sont pas trop fort sur le social à se lancer. C'est comme jaser avec ses chums.

mercredi 8 février 2012

Défi design: Un jeu à propos de la conciliation travail-famille

Aujourd'hui, dans le cadre de mon cours de design systémique, nous avons eu à faire un exercice de design d'un jeu sérieux (éducatif) qui enseigne la complexité de la conciliation travail-famille. Voici la proposition que notre équipe a présentée.

Titre: «Save the your world»

Type: RPG

Inspiration pour l'univers:

  • Univers inspiré de celui de Fable
  • Le joueur contrôle une équipe de personnages comme Dragon Age

Idée de départ:
Nous avons remplacé le concept travail-famille par une analogie similaire: Une équipe qui doivent explorer des donjons pour ramasser de l'argent pour faire vivre leur famille. La conquête de ces donjons devient l'analogie pour le travail.

But du jeu:
Apprendre la conciliation travail-famille par la découverte et l'expérimentation des mécaniques du jeu. Le joueur incarne un personnage qui doit sauver le monde ET défendre sa famille. Échouer à l'un ou l'autre de ces buts mène à l'échec.

Déroulement du jeu:
Le jeu est découpé en 2 phases de jeu: la complétion de quêtes et le temps passé avec sa famille. Comme dans les RPG traditionnel, le joueurs contrôle une équipe de personnages. Ces personnages veulent réussir des quêtes pour accumuler des trésors (argent) et des ressources (équipement) et ainsi augmenter leur satisfaction personnelle (bonheur). Cependant, chacun de ces personnages a aussi une famille et ces familles ont des besoins à combler. Les personnages devront donc renoncer à certaines quêtes pour aller passer du temps avec leur famille. Cependant, ils doivent tout de même compléter certaines quêtes pour assurer la protection des familles contre les attaques des monstres, ainsi que maintenir un salaire suffisent pour assurer les besoins et le bonheur de la famille.

Le joueur devra donc mener son équipe dans les donjons tout en prévoyant que certains personnages devront rester à la maison dans leur famille et ne pas participer à la quête. Il faudra choisir quels personnages doit venir et quels personnages peut prendre des vacances.


Le joueur devra maintenir une balance entre les ressources suivantes:
  • Argent (de 0 à infini)
  • Bonheur des personnages (en %)
  • Bonheur des familles des personnages (en %)
  • Équipement et pouvoir (objets achetable)
  • Temps passé dans les quêtes (en minutes)
  • Sécurité du village (en %)

Utilisation de chaque ressources:

Bonheur des personnages
Le bonheur des personnages agit un peu comme la motivation ou l'énergie qu'ont les personnages. Lorsque leur bonheur est à son maximum, les personnages sont au meilleur de leurs performances. Ils attaquent plus fort et se défendent mieux. Plus les personnages passent de temps dans les donjons loin de leur famille et plus le bonheur des personnage diminue. Lorsqu'il est à zéro, le personnage est inefficace en combat. Il doit aller voir sa famille pour récupérer.

Bonheur des familles
Chaque personnage a une famille avec des besoins. Lorsque ces besoins sont comblés, le bonheur de la famille augmente. Les familles ont besoin de 2 choses : d'argent pour faire leurs achats courant et de temps que les personnages doivent passer avec eux. Le personnage doit verser une allocation à chaque mois (ou à chaque fin de mission) à sa famille pour la faire vivre. Verser un montant insuffisant fait diminuer le pourcentage de bonheur. De plus, chaque personnage doit passer du temps avec sa famille. Passer trop de temps dans les donjons fait diminuer le bonheur de la famille.

Équipement
Les personnages peuvent utiliser les trésors (argent) trouvé dans les donjons pour acheter du meilleur équipement. Un meilleur équipement permet d'être plus efficace dans les donjons et donc de devoir passer moins de temps dans les quêtes, ce qui permettra de passer plus de temps en famille.


Argent
Tel que dit précédemment, l'argent sert à deux choses: acheter du meilleur équipement et payer les allocations pour la famille. L'argent est obtenue en explorant les donjons. Lorsque les personnages découvrent un trésor d'argent, ils obtiennent un boost de bonheur temporaire, ce qui leur permet d'explorer un peu plus le donjon.

Sécurité
Les monstres attaquent le village. Si on ne complète pas les donjons assez vite, ils vont venir détruire le village et les familles. La ressource "sécurité" agit comme régulateur dans le système, pour empêcher le joueur de seulement passer du temps avec la famille sans compléter les donjons.

Choix
Le joueur a plusieurs choix à faire et c'est en expérimentant avec ces choix qu'il va comprendre le système et comprendre la difficulté de la conciliation travail-famille. Voici quelques exemples de choix que le joueur devra faire:

Exemple #1:
J'ai 1000$. Est-ce que j'achète une meilleure épée qui augmentera le bonheur de mon personnage ainsi que ses performances au combat? Si oui, est-ce que j'aurai assez d'argent pour payer l'allocation à ma famille à la fin du mois? Est-ce que je prend le risque d'acheter l'épée en espérant ainsi que mes meilleurs performances vont me permettre de finir le donjon assez vite pour gagner l'argent nécessaire pour payer l'allocation?

Ici, parce que le temps dans le donjon est limité et que l'argent est limité, le joueur doit faire un choix en prenant compte de plusieurs facteurs (temps, argent, bonheur du personnage, bonheur de la famille)

Exemple #2:
Je suis presque à la fin du donjon. Si je le termine, je vais avoir un gros trésor qui me permettra de passer beaucoup de temps avec ma famille. Mais j'ai déjà passé beaucoup de temps dans le donjon et le bonheur de mes personnages est presque vide. Est-ce que je prend le risque de finir le donjon ou est-ce que je ne devrais pas plutôt me contenter de ce que j'ai déjà et retourner à ma famille sans terminer le donjon. Il faudra alors le recommencer.

Ici, on pourrait imaginer une mécanique de "crunch time" qui permet au joueur de poursuivre l'exploration du donjon même si ses personnages n'ont plus de morale. Cependant, l'utilisation du crunch time a un effet très négatif sur le bonheur de la famille du personnage et il mettra longtemps à récupérer.



En résumé
Ce jeu serait donc un RPG traditionnel auquel on ajoute une multitude de choix significatifs que le joueur devra faire. Il devra balancer le temps de travail (temps dans les donjons) et le temps familial de ses personnages. Passer du temps dans les donjons permet d'assurer la sécurité de la famille et de trouver l'argent nécessaire pour assurer leur survie, mais il ne faudra pas non plus passer trop de temps à faire des quêtes sinon le bonheur des personnages et le bonheur de leur famille sera diminué. Il s'agira ici pour le joueur de prendre en considération de multiples facteurs lorsqu'il prendra ses décisions.

Conclusion
Évidemment, on n'a eu que 40 minutes en classe pour compléter ce court exercice de design de système. C'est donc évident que le système est incomplet. On peut déjà voir que certaines idées sont probablement trop complexes inutilement et qu'on pourrait simplifier le tout. Cependant, on voulait justement éviter de faire un système trop binaire (à la Fable ou Mass Effect avec leur système de moralité binaire). Si on voudrait poursuivre l'idée dans un vrai jeu, il faudrait prendre le temps de bien balancer chaque système. Ça serait pas mal complexe, mais si c'est le but du projet, ça pose un beau défi intéressant.

dimanche 5 février 2012

Le paradoxe Megaupload


Megaupload a été fermé par la justice américaine le mois dernier. Personnellement, je m'en fous un peu; je ne l'ai presque jamais utilisé. Je me rappelle juste qu'il fallait payer pour pouvoir regarder la fin des films. Et moi, payer pour du piratage, je trouve ça absurde.


Un fournisseur d'internet a dit que Megaupload correspondait à 20% de son trafic. C'est énorme! Ça veut donc dire que beaucoup de gens utilisaient ce service. Mais comment est-ce que ces gens faisaient pour regarder leurs films si on ne peut pas voir le film au complet sans payer? J'imagine qu'il y a une bonne proportion de gens qui payaient.

Je serais curieux de savoir le pourcentage que ça représente et combien d'argent les gens payaient en moyenne. L'industrie devrait se demander pourquoi les gens veulent payer pour ça (du piratage), mais pas pour acheter le film (et encourager les artistes).


Pourquoi payent-ils pour ça, mais ne payent pas pour acheter le film sur iTunes ou pour le voir sur Netflix? Pourquoi les gens sont prêts à payer pour du piratage mais pas pour l'original? C'est absurde!

vendredi 20 janvier 2012

Billet pertinent à propos de mon zipper de manteau

Mon manteau d'hiver est vraiment scrap. Les attaches velcro ne tiennent plus, l'attache du zipper est pétée, les manches commencent à s'effilocher. Mais tsé, on s'en fout! Il fait encore sa tâche de manteau! Il est encore chaud. Pas besoin d'en acheter un neuf pour si peu!

Quand l'attache du zipper s'est brisée l'an passé, j'ai été bien embêté: comment faire pour attacher mon manteau? Ah ha! Un trombone a sauvé la situation! J'ai pu continuer à utiliser mon manteau un an de plus.

Aujourd'hui, l'anneau du zipper qui tenait le trombone s'est brisé. Malheur! J'étais prêt à renoncer finalement à ce manteau qui date du temps de Pilate!

Mais, c'était sans compter de la magie de Noël: après une observation minutieuse... Que vois-je? Un petit trou dans le zipper?? Juste parfait pour y faufiler mon trombone?! YESSSSSS!!!!!!

Mon manteau a encore de longues années devant lui!

dimanche 1 janvier 2012

Durant le temps de Noël, j'ai réfléchi...



On lit parfois des textes d'opinion dans des magazines ou dans des blogues où les auteurs expliquent pourquoi ils n'aiment pas la fête de Noël et pourquoi ça les déprime. Je me souviens, il y a quelques années, lorsque je lisais des textes comme ça, je ne comprenais pas. Je ne comprenais pas pourquoi des gens pouvaient être aussi tristes et déprimés dans un moment aussi joyeux. Je pensais que c'était parce qu'ils étaient trop pessimistes ou parce qu'ils ne faisaient pas assez d'efforts.

Mais plus récemment, j'ai compris. J'ai compris que ce qu'ils n'aiment pas, ce n'est pas la fête de Noël en tant que telle, mais plutôt la décadence qu'elle entraîne chez les gens. Et maintenant, je suis un peu du même avis qu'eux. Je vois les gens qui dépensent des sommes importantes pour acheter des patentes plus ou moins utiles aux autres. Je vois des jeunes enfants qui reçoivent des cadeaux par poignée et qui ne semblent pas y prêter une grande attention. Je vois les gens qui courent dans les centres d'achats où tout le monde a l'air malcommode. Je me rappelle le Noël de l'année où je travaillais dans une boutique de jeux vidéo et où j'ai dû endurer la même musique de Noël pendant 2 mois.

J'ai donc compris pourquoi certaines personnes en sont arrivées à détester cette fête-là. Bon, là je dis ça, mais ça ne veut pas nécessairement dire que je déteste moi aussi. Au contraire, j'aime bien ce qu'elle symbolise et j'aime bien le fait qu'il s'agisse d'une occasion de voir toute la famille pour manger des bonnes choses que nos parents ou grands-parents ont pris le temps de cuisiner. J'ai eu ben du fun à déconner en famille, ça c'est sûr! Par contre, ce que je n'aime pas, c'est évidemment la nature commerciale de la chose.

Je ne comprends pas le plaisir de voir des enfants déballer des poignées de cadeaux avec un air de s'en foutre. Je ne comprends pas pourquoi les gens vont passer autant de temps dans les magasins au lieu d'aller dans leur famille pour fêter ou pour cuisiner.

Encore une fois, c'est le temps de l'année où je deviens un peu pessimisme quant à la vie humaine en général. Je repense à ce qu'un prof nous a un jour dit, comme quoi les statistiques disent que 70 à 80% des gens n'aiment pas leur job. Je pense à ça et je ne peux m'empêcher de m'imaginer qu'ils font cette job-là uniquement pour pouvoir se payer des trucs et s'acheter du bonheur fictif pour essayer finalement d'oublier le fait qu'ils n'aiment pas leur job. Au lieu de régler le problème à la source (en s'arrangeant pour aimer leur job et/ou en travaillant moins), ils travaillent plus pour se payer des «médicamments» à leur manque de motivation au travail.

Bref, j'ai passé un bon Noël en famille et avec ma blonde et je n’ai pas magasiné de cadeaux à personne. Et si l’on exclut les interminables séances de déballage de cadeaux, j'ai eu ben du fun à Noël, malgré mes quelques petites idées noires. Essayez ça l'an prochain. Allez voir des gens plus et achetez moins de cossins.

jeudi 6 octobre 2011

Steve Jobs 1955-2011

Hier, j'ai été triste d'apprendre le décès de Steve Jobs. Encore une autre personne a avoir été emporté par le foutu cancer. Et aussi, perdre un mentor, ça fait quelque chose...

C'était un vrai de vrai perfectionniste et un designer méticuleux. En design, il est facile de tomber dans le panneau de la beauté du produit au détriment de son utilisabilité. Ou vice-versa. Ce gars-là m'a appris qu'on pouvait réussir à combiner les deux si on y met suffisamment d'efforts.

Quelqu'un sur twitter a ressorti ce vidéo d'une présentation qu'il a faite en 2005. C'est drôle et touchant en même temps, et parfaitement bien approprié.




* * *

Bye bye, monsieur mon mentor. Je vais tâcher de ne pas oublier!

lundi 26 septembre 2011

Lettre à mon ancien prof de musique remplaçant

À mon prof de musique remplaçant au secondaire, qui avait les cheveux roux frisés attachés en queue de cheval,

Vous avez donné des cours à un groupe de percussions, en parascolaire sur l'heure du diner au alentour de 2001 ou 2002. J'étais dans ce groupe. Vous ne vous souvenez probablement pas de moi. J'étais celui qui a brisé une baguette durant le concert de Noël. J'étais celui qui dérangeait, qui parlait aux autres étudiants pendant vos explications, ou qui manquait parfois des répétitions sans raison. En fait, vous m'aviez même mis à la porte du groupe vers la fin de l'année après que j'ai manqué une répétition particulièrement importante. À l'époque, j'étais vraiment fâché, mais ce n'est pas vraiment de ça dont je veux parler maintenant.

Vers le milieu de l'année, bien avant mon expulsion, vous nous aviez apporté une nouvelle pièce avec des rythmes latins. J'avais jusqu'alors été plutôt bon aux percussions en rythmes réguliers 4/4 mais cette pièce avait un rythme étrange qui m'était totalement extra-terrestre. Je jouais la cloche à vache dans cette pièce. Ma partie était en fait le rythme de base de la pièce et j'étais donc peut-être l'instrument le plus important du groupe, celui qui donnait le tempo et le rythme aux autres.
Mais ce rythme n'était vraiment pas facile. Même après l'avoir pratiqué pendant 2 ou 3 séances en cubicule, je n'arrivais toujours pas à l'exécuter. Il s'agissait d'un enchaînement discontinu de frappes, aligné sur une série de 4 triolets. Je n'avais jamais vu ça de ma vie et j'étais bien incapable de «compter» mentalement ce rythme particulier. Mon cerveau n'arrivait pas à comprendre la séquence. Pour moi, les frappes sur la cloque avaient l'air d'apparaître de façon aléatoire, même après avoir étudié les 7 notes intensivement. Mon cerveau refusait de voir la logique derrière, probablement parce que j'essayais de le comprendre en mode 4/4.

De mémoire, ça ressemblait à ça (ma notation n'est probablement pas correcte). Il s'agit de 4 triolets de croches:


Ce dont je me souviens parfaitement bien, c'est du moment où j'ai finalement compris. Tous les autres du groupe étaient partis et vous me donniez une leçon particulière. Ce soir-là, vous avez passé probablement plus de 20 minutes à me jouer les même 4 triolets, les même 4 temps, sur la cloche. Vous me faisiez taper dans les mains pour suivre le rythme. Et soudainement, il y a eu un déclic. Je ne peux l'exprimer autrement. Un instant, mon cerveau ne voyait aucune logique. L'instant d'après, les temps sont venus s'aligner de façon ordonnée et j'ai finalement «compris» le rythme de la pièce.

Avec le recul, je ne pense pas avoir jamais vécu un tel «déclic mental» à l'école ailleurs que durant cette soirée-là. Ça n'a pas été facile. Vous étiez probablement tanné de jouer le même rythme de 4 temps pendant 20 minutes en comptant la mesure. Vous étiez probablement fatigué de m'entendre jouer tout croche. Mais ça a porté fruit et j'ai par la suite parfaitement assimilé le rythme de cette pièce. Et je l'ai joué de façon, je crois, plutôt bien lors du concert de Noël (celui où, sous l'excitation, j'ai brisé ma baguette tellement je tapais fort sur ma cloche!)

* * *

Hier dans l'autobus, j'écoutais la soundtrack du jeu Scott Pilgrim vs The World - The Game (sur Xbox Live Arcade et PS3). Il y avait une pièce en particulier que je trouvais intrigante parce qu'elle avait une sonorité «vacance à la plage», mais je n'arrivais pas à comprendre pourquoi. Ce n'était pas vraiment causé par les instruments puisqu'il ne s'agissait que de synthétiseurs très lo-fi. Ce n'était pas non plus la mélodie, puisqu'elle était assez ordinaire. Après un moment, j'ai réalisé que c'était le rythme latin de la pièce qui faisait cet effet. Mieux encore, il ressemble même beaucoup au rythme que vous avez passé tant de temps à m'apprendre.



J'étais très content d'avoir réussi à identifier ce rythme, et d'avoir pu percer le «secret» de la pièce.

Je sais qu'on ne s'entendait peut-être pas très bien durant les cours, mais je voulais quand même vous dire merci pour ça.

samedi 30 juillet 2011

Frank Zappa, à ses débuts, à la télévision de l'époque

Voici un extrait d'émission où Frank Zappa a été invité invité au Steve Allan Show alors qu'il n'était pas encore trop trop connu (du moins, c'est ce que j'en comprends). C'était en 1963. Zappa arrive comme un hurluberlu et fait une démonstration de musique avec un vélo. Vous excuserez la qualité horrible et le fait que c'est découpé en 4 vidéos. Ça reste quand même très très drôle à écouter alors je vous invite à prendre le temps.










Je ne pense pas avoir écouté de Frank Zappa avant aujourd'hui. Je savais vaguement qu'il faisait de la musique bizarre mais je ne me rappelle pas en avoir écouté avant aujourd'hui. D'une certaine manière, je me retrouve dans la même position que le public de cette émission, où Zappa joue devant un public qu'il ne connait pas.

Ce qui est drôle, au début du vidéo, c'est qu'il semble gêné et n'offre pas de très longues réponses aux questions de l'animateur. Et de son côté, l'animation est dans une zone d'inconfort et semble faire des blagues pour masquer son embarras. Mais ce qui est beau, c'est qu'au fur et à mesure que l'entrevue et la démonstration avance, tous semblent se dégêner. Frank Zappa prend plus d'assurance, l'animateur se met à avoir du fun et le public rit de plus en plus. Je trouve absolument admirable que Zappa ait l'audace de demander au musicien du show de «jouer n'importe quoi, comme ils le sentent» et de mettre des objets sur les cordes du piano! Et les musiciens embarquent dans ses niaiseries et font de la musique hyper expérimentale à heures de grande écoute! Tout le monde a l'air de s'amuser et ça donne un maudit bon moment de télévision!

Television in that day was so much more innocent than today's tightly scripted and market-researched crap. "In Praise of Steve Allen and Television of the Early 1960s" might be more apppropriate. I don't recall how long each episode of The Steve Allen Show ran, but, I'd surmise 90-minutes [...] instead of 60 minutes as is popular these days. [...] Thanks to television programming of nearly four decades ago, and Steve Allen for actually being hip back then, to allow a full 20 minutes of air-time to some nearly indescribable individal with a taste for the bizarre to do his thing. Without that venue, without the innocence of television of the era, without the open-mindedness of a hip tv host in his prime, that early Frank Zappa television appearance would have never been broadcast.

R. Kane [Source]

samedi 18 juin 2011

Le nouveau drame: Dancing On My Own (Robyn)

Ça c'est le premier clip de Robyn que j'ai vu. Il est bon hein? Non? Vous n'êtes pas d'accord? Vous le trouver un peu... bizarre? Un peu ridicule? Ouais... Moi aussi je pensais ça au début. Mais plus maintenant.


La première fois que j'ai entendu une tune de Robyn, c'était quand j'ai travaillé un mois chez Ludia. Ma boss partageait sa librairie iTunes sur le réseau et foutu qu'elle avait de la bonne musique! J'était tombé sur Robyn par hasard et j'ai accroché tout de suite.

J'ai dû écouté ses albums Body Talk part 1 et 2 une bonne dizaine de fois avant d'aller la chercher sur Youtube. Je voulais voir de quoi elle avait l'air. Avec sa voix aigüe de gamine et avec la toute petite photo de la pochette d'album qui venait avec les mp3, je lui donnait quoi... 16 ans? 18? Peut-être 23 ans gros max.

La première fois que je l'ai vu dans ce clip, j'ai évidemment réalisé qu'elle était pas mal plus vieille que ça. Et ça fait un choc! C'est clairement pas une petite poupounne photoshoppée comme on en voit par dizaine à Musique Plus. Elle a de l'âge. Et en cet époque de chanteuses pop de 20 ans, quand t'es rendu à 32 ans, t'es complètement out, dépassée et on veut pu te voir parce que t'es vieille et laide. (J'exagère à peine, vous le savez bien! L'industrie pense comme ça en tout cas.)

Et sa manière de danser. C'est quoi cette façon de danser là?! La première fois que j'ai vu le clip, j'avais l'impression d'un petit clip à petit budget. Elle dansait toute seule dans une grande pièce en regardant la caméra. J'avais l'impression qu'ils n'avaient pas eu de budget pour engager des figurants et des danseurs pour l'accompagné. Sérieux, c'est quoi ce clip weird?!?

Ça c'est ce que je me disais la première fois que je l'ai vu. Mais vous le savez, ils ne faut pas se fier aux appararences. Une fois la surprise passée, on comprend que c'est en fait un choix artistique. Je veux dire, si vous portez attention aux paroles, c'est exactement ça que ça dit: "dancin on my own". Elle est allé à un party, elle avait un oeil sur un gars, le gars l'ignore, le gars embrasse une autre fille. Fuck! Pis la elle est triste. Elle est triste et elle pleure peut-être intérieurement, mais bordel, si c'est le cas, elle va certainement pas le laisser paraître. Faque elle continue de danser toute seule comme si de rien était.

C'est donc ça que le clip montre. Les plans alternent entre elle dans un party bondé de gens, qui observe le gars, et des plans où elle dans un genre de studio blanc tout éclairé, mais surtout désert. D'un côté, on a la réalité, le moment où elle est dans le party avec les gens, et de l'autre, on a ce qui se passe dans sa tête, mataphoriquement, avec elle qui danse seule dans cette salle vide. "So far away but still so near". L'éclairage est d'ailleurs grandement utilisé pour donner le ton aux 2 environnements. Dans le party, c'est un éclairage sombre, très tamisé, où on ne voit que les silhouettes. De l'autre, on a un éclairage en high key, tout blanc. Frontal. Cru. C'est le genre d'éclairage utilisé en comédie. Parce que c'est tellement brut comme lumière, tellement peu flatteur, que tu as automatique l'air un peu moche et ridicule. Et elle a vraiment l'air ridicule à danser ainsi toute seule dans cette pièce vide! C'est presque aussi grossier que la petite chorégraphie du Star Wars Kid.

Mais elle a du guts la fille. Elle s'en contrefout! Elle danse tout seule et elle a l'air ridicule, mais c'était nécessaire. C'est ce qu'il fallait pour faire passer le message artistique de la chanson. Et là, je parle pas de la fille dans la chanson. Je parle de la vraie Robyn, la chanteuse qui a physiquement dansé ainsi dans le vidéoclip. Ça prend du courage pour volontairement danser de façon un peu ridicule selon les standards. Ça prend du courage et beaucoup d'humilité pour avoir l'air ridicule. Et pas ridicule comme un show burlesque où c'est sarcastique d'avoir l'air ridicule! On parle du vrai ridicule qui est pathétique et désespéré. Celui qu'on ne veut pas voir. Celui qui nous fait détourner les yeux. Celui qui nous rend mal-à-l'aise. Celui qui nous gêne. Elle danse comme une déchaînée attachée et ligotée par ses sentiments: c'est pas tout de suite beau à voir, c'est sûr! Le genre de situation où, dans la vraie vie, tu t'en vas en disant «J'la connais pas!» Mais là, elle l'a fait. Elle a fait un clip où elle danse bizarrement, sans sarcasme, sans masque. Voilà. C'est comme ça. Si ça vous gêne, vous avez juste à vous en aller et à la laisser tranquille.

C'est ce que j'aime à propos de Robyn. Derrière la musique pop hyper accrocheuse et hyper dansante, il y a une maturité et une vulnérabilité qu'on ressent si on y prête attention. C'est pas juste de la petite musique pop de fillette de 18 ans, destinée à tourner à la radio pendant quelques mois et à être oublié ensuite. C'est quelque chose qui a été réfléchis, qui a mûrit et qui va rester mémorable. Dans le même genre, je pense un peu au récent album de Madonna, Confessions on a Dance Floor, où la musique électro-dance accrocheuse cache des textes profonds et personnels.

Est-ce que je trouve encore que Robyn a l'air ridicule à danser ainsi dans le clip? Non. Certainement pas. Je la trouve énergique, puissante. Si elle a l'air un peu pathétique, c'est parce qu'on sait qu'elle est remplie de tristesse et qu'elle ne veut pas le montrer. On voudrait aller la consoler. Lui dire que tout va s'arranger. C'est du drame puissant, ça! C'est du niveau des Tristant et Iseult et des Roméo et Juliette! C'est du drame aussi fort que ceux des grands classiques, mais ça se passe aujourd'hui. Vous l'avez peut-être vécu vous-même. Et, sur le coup, vous avez peut-être, vous aussi, fait des trucs un peu ridicule.

Pensez à ça avant de juger trop vite un clip que vous n'aimez pas parce que «la danseuse a l'air conne». C'est peut-être juste un choix artistique.

* * *

Mais fille, pourquoi t'es allé à un party toute seule? Ça doit ben être la chose la plus plate au monde! C'était ben courir après le trouble!

samedi 21 mai 2011

Sortir dehors

J'ai toujours dit que le soleil me donnait mal à la tête. C'était mon excuse pour ne jamais sortir dehors.

Depuis, j'ai essayé le cinéma 3D et le Nintendo 3DS et ça me donne mal à la tête aussi.

Finalement, ce n'est pas le soleil qui me donne mal à la tête: c'est le fait que le monde extérieur est en 3D.