Chaque année, c’est la pire?

Je sais pas si vous avez remarqué mais depuis genre 2016, depuis l’élection de Trump, on n’arrête pas de dire que cette année était la pire année. On voit passer des messages vers le 31 décembre qui disent genre « Fuck you, 2016 ». En tout cas, personnellement, j’ai vraiment remarqué ça en 2016, après l’élection de Trump. Comme si les gens étaient juste rendu fatigués. Tristes et en deuil devant cet événement si choquant. Et mon impression c’est qu’on voyait pas vraiment ça avant, ce genre de posts négatifs envers l’année qui se termine. Ou du moins pas autant. Pas aussi répété. Pas aussi généralisé dans le zeitgeist.

Genre, je me souviens des posts de 2016 qui listaient toutes les choses poches qui sont arrivées cette année là. Et c’était pas juste les posts eux mêmes: c’était aussi dans les commentaires et les réactions des gens qui ressentaient la même chose.

L’affaire c’est que je me demande si c’est réellement le cas, si les années sont réellement généralement plus mauvaises qu’avant. Ou si c’est pas plutôt notre perception qui est rendue plus négative. Peut-être que c’est les gens dans mon cercle de réseaux sociaux qui vieillissent et deviennent plus cyniques ou fatigués? Genre tannés de toujours se battre, pour la politique ou l’anti-racisme/sexisme/etc. Est-ce que c’est vrai que les dernières 5 année ont vraiment été pires que les 5 avant? Est-ce que c’est parce que les gens dans mes cercles sont des millénaux et qu’ils font face, à peu prêt tous en même temps, à l’impuissance, à la réalité économique, au fait de pas pouvoir s’acheter de maison par exemple? Ou se désolent de ne pas avoir assez de poids dans les élections pour contrer les boomers plus conservateurs?

Ou alors, se pourrait-il que c’est les médias sociaux qui nous font tout voir de manière négative? C’est à partir de quelle année que Facebook et Twitter ont changé leurs algorithmes pour donner plus de visibilité aux posts populaires? Aux posts controversés qui font réagir les gens et qui sont donc « populaires »? Mon feeling c’est que c’était autour de 2016, non? Donc ça expliquerait pourquoi ces posts « fuck you 2016 », et ceux des années suivantes, se sont vu donné une plus grande visibilité.

Ou alors, c’est l’inverse? Est-ce que l’humeur misérable collective serait causée ou du moins amplifiée par Facebook? Je sais que Twitter a vraiment ce problème d’amplification de la mauvaise humeur et la colère perpétuelle et c’est pour ça que j’ai arrêté de l’utiliser. Et je pense que Facebook est pareil (mais je l’utilisais déjà peu à cette époque donc je suis pas sûr maintenant).

Si c’est le cas, ça voudrait dire que ces grosses compagnies ont un contrôle vraiment puissant sur l’humeur collective. Ils optimisent leurs algorithmes pour maximiser leur revenus publicitaires et ça adonne que la recette gagnante pour eux c’est de nous rendre perpétuellement fâchés.

Mettons que je suis content d’avoir effacé mon compte Facebook.

Se plonger dans les souvenirs, et constater que ça va mieux

Je relis des vieilles notes et journaux personnels. C’est drôle de relire ce qu’on pensait il y a des années. Des fois, je me console parce que je me rend compte que j’ai évolué de manière positive. Et d’autre fois, je relis une note et je vois que rien n’a changé aux sources de mes frustrations.

Prenons celle-ci, daté de 2014, le 10 janvier (donc il y a 5 ans) :

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Lire Station Eleven me fait réaliser que le monde est impressionnant

Je suis en train de lire un lire un roman, Station Eleven, et ça me fait réfléchir à beaucoup de choses. Je vais peut-être écrire plusieurs billets pour parler de tout ça. Voici un premier.

La beauté du monde

On prend plein de chose pour acquis, au point où on oublie la beauté de ce qui nous entoure et le travail incroyable et l’évolution du savoir et de l’expertise qu’il y a derrière. Dans le livre, les personnages doivent apprendre à vivre avec très peu et prennent conscience de toutes les choses qu’ils prenaient pour acquis. Des choses comme la distance qui nous sépare: quand on n’a plus de moyen de transport autre que nos jambes, on ne peut pas aller très loin. Une autre ville à 100 km de distance est un voyage de plusieurs semaines. Quand on n’a plus d’électricité et que nos téléphones et ordinateurs ne servent plus à rien, on réalise soudainement à quel point c’est impressionnant de pouvoir se connecter à l’internet et avoir accès à toutes les connaissances presque instantanément. À pouvoir parler instantanément à n’importe qui simplement en appuyant sur quelques boutons. Quand toute la structure économique disparaît, la moindre babiole devient un chef d’œuvre. Par exemple, un globe décoratif avec de la neige dans de l’eau. Une machine a transformé une feuille de plastique en petits confettis de neige. Quelqu’un a conçu et fabriqué cette machine. Une autre machine a fabriqué le globe en verre. Le verre a été extrait à partir de poussière de roches! Un humain a placé les globes dans une boîte de livraison. Un autre humain a transporté cette boîte dans un camion ou un bateau ou un train. Tout ça, on le prend pour acquis et on lui accorde à peine de valeur: on peut acheter ce genre de babiole décorative au magasin 1$.

On prend tellement tout pour acquis, et tellement vite. Même des choses qu’on n’avait pas il y a 10 ans!

Ces temps-ci, j’essaye de me débarrasser de Facebook et Google et de leurs services qui, oui, sont très pratiques et gratuits, mais qui ont un grand contrôle sur nos vie et ramassent toutes nos données pour les vendre et nous bombarder de pubs. Essayer de se débarrasser de Google, c’est accepter de vivre dans un monde un peu moins connecté. C’est perdre Google Maps et devoir utiliser des cartes moins détaillées. C’est accepter qu’on a moins de nouvelles de nos amis par Facebook et qu’on doive mettre plus d’efforts pour aller chercher ces nouvelles là. En les appelant au téléphone. En les invitant pour leur parler en personne. (oui, oui, j’y travaille!)

Pouvez-vous croire qu’on n’avait rien de toute cette tech v’là 10-15 ans? Maudit qu’on aime ça se créer des nouveaux problèmes!