Je suis chez ma mère et on a fait du ménage dans le sous-sol. Des tiroirs remplis de vieux CD-ROM, de disquettes, de DVD inscriptibles vierges. Qu’est-ce qu’on va faire avec tout ça?
On a aussi profité des vacances de Noël pour finir de numériser les cassettes vidéos du caméscope de ma mère. Tous les films de famille que ma mère filmait, les voyages, les déballages de cadeaux, et nos prouesses de bébé. Nous, enfants, qui jouons à grimper sur un escabeau et sauter sur un coussin. Nous qui se baigne dans la piscine gonflable miniature avec mon petit frère tout nu. Moi qui a organisé une chasse au trésor pour le 15ᵉ anniversaire de ma tante. (J’avais complètement oublié ça. C’était une vraie expérience de game design, mais 15 ans avant que j’étudie en design de jeu et 10 ans avant que je sache même c’est quoi du game design!)
Durant les vacances de Noël, ma sœur a rebranché la Wii pour jouer à Guitar Hero et RockBand Beatles. On a ressorti les 2 guitares et le drum en plastique. Une des guitares avait des problèmes de contacts alors on l’a démonté, nettoyé avec de l’alcool à friction et remontée. Le drum avait aussi des problèmes: la gaine du fil qui connecte la pédale au module principal était complètement sèche et s’est désagrégée. Il ne reste que les petits fils internes fragiles. On n’a pas retrouvé les baguettes du drum alors on a utilisé des cuillères à soupe.
Autre problème moderne: la télé soi-disant « smart » et le système de sons connecté ajoutent du délais alors c’était difficile à jouer, particulièrement pour le drum. À l’époque j’étais plutôt bon, capable de jouer en mode difficile, mais aujourd’hui, peut-être à cause des problèmes techniques, du manque de pratique, ou du fait que mes muscles n’ont plus 20 ans, je devais alterner entre facile et médium. Aussi, dans les dernières années, j’ai appris à jouer d’un vrai instrument, et ça vient avec une liberté créative qu’on ne peut pas se permettre quand on doit suivre avec précision la partition dans un jeu vidéo qui ne laisse pas de place à la liberté d’improvisation.
Comme la Wii était déjà branchée sur la télé, j’en ai profité pour essayer des jeux que j’avais acheté à l’époque mais peu joué. Genre Wario Land: Shake It! (le plateformer) et NiGHTS: Journey of Dreams. Ça vient de l’époque où j’achetais plein de jeux weirds de petits studios, mais bien avant l’arrivé des « jeux indies » qui sont arrivés avec les jeux téléchargeables en ~2010. J’aimais découvrir des petits trucs. Je croyais qu’il fallait encourager les devs en achetant leur jeux, même si je me doutais que j’allais peu y jouer. L’époque où je croyais encore que je pouvais influencer quels jeux étaient produits en « votant avec mon portefeuille ». Revoir ces jeux là dans ma pile, c’était nostalgique mais pas dans le bon sens. Ça me fait réaliser à quel point j’ai changé. J’ai perdu la magie dans mes yeux. Travailler dans l’industrie du jeux vidéo m’a écrasé tous mes rêves. Le capitalisme a piétiné mes rêves avec ses grosses bottes sales.
Travailler dans l’industrie du jeux vidéo m’a écrasé tous mes rêves. Le capitalisme a piétiné mes rêves avec ses grosses bottes sales.
Voter avec son porte-feuille. Je croyais que c’était important de voter avec son argent, en encourageant les petits développeurs. Mais depuis j’ai compris que ce genre d’achat pour encourager, ça ne marche pas vraiment. Ça n’empêche pas les grosses compagnies de fermer les studios.
L’industrie du jeu s’est transformé beaucoup dans les dernières années. Il y a juste tellement de jeux. La compétition est tellement grande. Les studios n’arrivent plus à être rentables. Seuls les chanceux survivent. Pour chaque indie darling qu’on voit réussir, il y a mille studios qui vendent ne réussissent pas à vendre plus de 1000 copies de leur jeu et qui font faillite.
Anyway, même si je voulais encourager un studio, je n’ai pas d’argent parce que je suis pauvre.
Et pourquoi payer pour des jeux? Ma librairie est pleine de jeux qu’on reçoit gratuitement de Epic et que j’ai envie de jouer mais que j’ai pas le temps. Et je ne parle même pas des jeux soi-disant « free-to-play » qui permettent quand même de jouer beaucoup sans payer. Alors acheter des jeux? Pourquoi faire?
Et anyway, pu personne n’a d’argent pour vivre. Qui peut se le permettre?
Ouain… désolé pour ce passage un peu déprimant. La fin des vacances de Noël a été un peu mélancolique.
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