Mise à jour invisible pour Lightbot

Dans la ligné "narF aime ça travailler pour rien", je pense que je viens de battre un record. Je viens de sortir un update pour Lightbot sur lequel je travaille depuis genre 8 mois. Et la beauté de cet update, c'est qu'il est entièrement invisible pour les joueurs. Mais derrière le rideau, à peu prêt tout le code a été réécrit.

Une mise à jour complètement invisible pour un jeu complètement sans gameplay!

Un exemple d'image créé par Lightbot.

Grosso modo, ce que j'ai fait, c'est que j'ai changé de librairie. Avant j'utilisais discord.io, où il fallait tout faire à la main, et maintenant j'utilise discord.js, qui est beaucoup plus stable. Ça vient aussi avec commando pour la gestion des commandes. Genre ça permet de faire des trucs plus complexe avec les commandes.

Un exemple d'image créé par Lightbot.

On s'entend, c'est surtout un changement pour le futur. Et quand je dis "futur", je veux probablement dire "peut-être... ou peut-être jamais". I guess que c'était surtout un exercice d'apprentissage. Le code est quand même plus modulaire maintenant. J'aimerais transformer le jeu en bot pour Mastodon (et peut-être twitter? Ou Slack?)

Il y a une certaine beauté à travailler sur quelque chose de futile de manière compulsive. Comme les gens qui font des châteaux de sable. D'ailleurs, cette semaine, je pense aller à un mini gamejam où le "thème" c'est qu'on doit tout effacer ce qu'on a créé à la fin du jam. J'y vois une belle occasion d'apprendre un nouvel outil. Les objets créés disparaissent, mais les apprentissages restent!

Ça ressemble pas mal à 8 mois de travail invisible ça, non?

Oh well. Au moins ça me garde occupé. Ça me fait du bien.

Le Solidaire: Un jeu de charte

C'est peut-être un peu tard pour en parler maintenant que les élections sont finies, mais je voulais quand même juste écrire un petit peu sur le jeu que j'ai fait avec Will, Sam et Pierson à propos de la charte des valeurs québécoises. Surtout parce que le PQ a peut-être perdu ses élections à cause de cette charte et que notre jeu l'avait genre... prédit! 😀

Donc, le jeu s'appelle Le Solidaire: Un jeu de charte. Dans le jeu, vous devez décider quels projets de lois vous allez intégrer à votre chartes des valeurs, tout en gardant à l'oeil votre taux de popularité, votre taux de multiculturalisme et votre budget trimestriel. Parce que si vous ne faites pas attention, vos lois pourrait vous couter vos prochaines élections!

Le jeu a été designé par William Robinson (mécaniques) et Pierson (recherches et écriture). J'ai agit en tant que programmeur et spécialiste de Construct (en d'autres mots, j'ai codé tout le truc à la vitesse de l'éclair). Sam Boucher a fait le visuel.

C'était la première fois que j'agissait en tant que programmeur sur un jeu. Je dois dire que ce fut une expérience à la fois stressante et exaltante. Mais ça m'a surtout permis de ressentir ce que les programmeurs ressentent sur un projet de jeu quand le design du jeu est imprécis et encore en mouvement. En tant que designer, ça m'encourage à être doublement précis et clair dans mes designs futurs, pour rendre la vie plus facile à mes amis programmeurs.

Une autre chose que j'ai appris, c'est que l'interface d'un jeu de gestion est à la fois primordiale si on veut que les joueurs comprennent le jeu, et à la fois très difficile à faire. J'ai poussé pour améliorer l'interface à chaque étapes du projet, et ça s'est grandement amélioré, mais on a encore quelques commentaires de joueurs qui ne comprennent toujours pas comment le jeu fonctionne. Donc il y aurait encore place à l'amélioration. Un court tutoriel, pour expliquer les principaux boutons, aurait probablement grandement aidé.

Le jeu est hébergé sur le site MtlBlog.com. Si vous voulez jouer, c'est par là:
http://www.mtlblog.com/this-game-lets-you-decide-the-fate-of-quebec/

(Si le lien ci-haut ne marche pas, essayez celui-ci: http://narf.itch.io/solitary)

Inspirations
Si vous trouvez notre jeu intéressant, vous allez probablement aussi aimer les jeux de Lucas Pope. Ses jeux The Republia Times et Papers, Please ont été une grande source d'inspiration sur notre projet.

La course en pain d'épices: Le défi design de ma carte de Noël

À Noël passé, j'ai décidé, comme je n'avais pas une cenne pour faire des cadeaux à personne, que j'allais plutôt offrir un jeu en cadeau. Un jeu personnalisé, destiné à ma famille et mes amis. Une carte de Noël sous forme de jeu, genre.

Ça a donc donné La Course en pain d'épice. Vous pouvez y jouer en ligne sur itch.io:

Évidemment, comme j'étais vraiment occupé avant Noël, ça ne m'a laissé qu'une journée pour faire le jeu. On était le 24 décembre et je devais rejoindre mon père au métro à 17h.

Mon défi de design était donc le suivant:

  1. Faire un jeu en moins de 12 heures
  2. Un jeu comme carte de Noël
  3. Offrir un défi intéressant pour les joueurs expérimentés
  4. Pouvoir comprendre les règles en regardant les autres joueurs
  5. Assez simple pour que mes grand-mères soient capables de le finir (elle n'ont jamais joué à un jeu de leur vie!)

Je crois avoir assez bien réussi sur tous les points:

Moins de 12 heures
J'ai utilisé des mécaniques simples, pour la plupart déjà intégrées dans Construct 2. Et comme j'avais déjà fait un premier prototype plus tôt dans le mois, je savais ce qui était facile à faire et ce qui serait trop compliqué (et donc coupé).

Comprendre les règles en regardant les autres joueurs
Un seul bouton, sauter par dessus les obstacles, ramasser les biscuits, se rendre à la fin le plus vite possible. Tout est visuellement représenté. On reste classique et casual.

Un jeu comme carte de Noël
En plaçant le texte dans le décor du jeu, ça permet d'éviter d'ennuyer les joueurs qui ne veulent pas lire, tout en offrant un peu de rejouabilité pour ceux qui veulent lire (refaire le niveau tranquillement, sans se soucier des obstacles, pour lire le texte). 
Offrir un défi intéressant
Le fait d'ajouter une table de high score, dans un contexte où les joueurs se connaissaient et étaient tous dans la même pièce pour jouer, a généré énormément de rejouabilité chez les joueurs plus compétitifs tels mes petits cousins et mes frères et soeurs. En fait, le level design est tellement pourri (je m'excuse!!) qu'il est impossible de finir le jeu sans foncer dans au moins un obstacle. Il faut connaître le niveau par coeur et, de toutes façons, ça fini par aller trop vite. Les joueurs devaient donc trouver le meilleur chemin, celui qui va vite et qui évite la majorité des obstacles.
Ma grand-mère doit être capable de le finir
En utilisant le modèle d'une course contre la montre où il est impossible de perdre, je m'assure que les joueurs vont immanquablement se rendre à la fin. Oui, mes grand-mères ont foncé dans la plupart des obstacles, mais elles se sont quand même rendu à la fin. Et elles étaient contentes d'avoir joué.
Au final, j'ai reçu des félicitations de toute la famille, même mes oncles et mes tantes qui ne connaissent rien aux jeux vidéos, et j'ai fait joué les plus jeunes pendant beaucoup plus longtemps que j'avais espéré!

Remerciements à Annie, la plus meilleure artiste, capable de faire du visuel de jeu en même pas 2 heures!

Pokemon, c'est juste du grinding...

Oh man…

Twitch Plays Pokemon m'a donné envie de me partir une game de Pokemon Blue. Sauf que Pokemon, dans le fond, c'est juste du grinding. Tu fais juste peser sur A tout le temps. Y’a aucun défi. Tu avances sur un chemin linéaire, dans une histoire linéaire et quand tu arrives dans une zone où c’est difficile, tu reviens sur tes pas pour aller te soigner. Et l’XP fait en sorte que tu vas toujours pouvoir aller pousser un petit peu plus loin à chaque fois. Bref, c’est juste du grinding.

Jouer à Pokemon ne m'a pas rappelé de bons souvenirs. En fait, ça m’a seulement donné envie de créer ma propre version de Pokemon. Ce serait exactement le même concept, sauf quelques mécaniques différentes. Genre, je donnerais plus d’XP si tu prends un risque dans les combats, en utilisant un pokemon faible contre un fort par exemple. Je récompenserais les joueurs qui tentent de pousser «juste un petit peu plus loin» quand leurs pokemons sont fatigués, au lieu de toujours revenir prudemment au PokeCenter.

Bref, récompenser un peu la prise de risque, plutôt que de simplement récompenser la prudence. Forcer le joueur à prendre des décisions. Sinon, ça veut dire que le jeu est beaucoup trop permissif et pourrait être joué par un robot ou un singe complètement dénué d’intelligence.

Le fait qu’ils se sont rendus aussi loin malgré l’anarchie dans Twitch Plays Pokemon (ou Random Number Generator Plays Pokemon) prouve que le jeu est jouable par un singe. Ça ne récompense pas l’intelligence.

Et ça, ça m’intéresse pas.

Tu peux faire des jeux!

Toi là, qui lit ceci. Tu as déjà voulu faire des jeux?? Ou peut-être même que ça t'es jamais passé par la tête parce que tu as toujours cru que c'était trop long et compliqué. Ou que tu ne sait pas comment faire parce qu'il faut savoir programmer.

Et bien toi là, qui lit ceci, je vais te dire un secret:

Tu peux faire des jeux!

Tu peux faire des jeux maintenant. Tu peux faire des jeux facilement. Tu peux faire des jeux sans que ça prenne 1 an de ton temps. Tu peux même faire des jeux si tu as aucun talent en dessin, en musique ou en ordinateur!

Tu as peut-être vu mon jeu A Fishing Game with Actual Water et tu t'es peut-être dit que j'ai pu réussir ça seulement parce que je suis un programmeur, un ingénieur ou que j'ai utiliser du matériel super complexe. Eh bien je vais te dire un autre secret: j'ai fais le jeu en seulement une journée! Et tout le matériel vient du magasin 1$, sauf le Makey Makey, qui est une bebelle magique et fabuleuse et facile à utiliser et même pas chère. À chaque fois que je présente Fishing Game, je ne manque jamais une occasion de dire aux gens à quels points c'était facile et pas compliqué et qu'ils peuvent faire la même chose facilement.

Et comme je suis un bon gars, je vais te donner mon truc magique. Le truc c'est d'utiliser les bons outils. Les outils faciles. On est rendu en 2013 et les outils pour faire des jeux sont rendus FULL FACILES!! Voici ceux que je préfère:

Twine
Twine permet de faire des récits interactives et des jeux du genre "livre dont vous êtes le héros". Des jeux principalement composés de textes pour décrire les lieux, personnages et dialogues, comme pour un roman, mais où le joueur peut faire des choix d'actions et de dialogues. Twine est vraiment vraiment facile à utiliser! Si tu sais écrire, tu sais faire des jeux avec Twine! Ma mère pourrait utiliser Twine! Twine permet de faire des jeux comme mon jeu Un Nez De Clown Au TOJam ou le jeu Even Cowgirls Bleed de Christine Love. Sinon, un autre outil du même genre que je n'ai pas encore essayé mais qui a l'air encore meilleur: inklewriter.

Construct 2
Construct est un des engins de jeux 2D les plus puissants et faciles que j'ai utilisé. Même pas besoin de savoir programmer. Il suffit de connecter des éléments logiques entre eux. Exemple: «Quand [le loup] touche à [le héros], fais disparaitre [le héros], soustrais 1 à [nombre de vies] et recommence le niveau». Construct permet de faire des jeux pour le web, pour Mac et PC et pour iPhone/Android et plusieurs autres. Y'a une version gratuite qui est en masse pour faire des petits jeux. L'outil lui-même demande d'avoir Windows. Si tu es sur Mac, regarde du côté de Stencyl et de Game Salad, deux autres outils faciles à utiliser. Peu importe lequel tu choisis, y'a plein de tutoriels sur youtube et sur leur site web.

Makey Makey
Comme j'ai dit, mon jeu Fishing Game utilisait un Makey Makey pour détecter quand les joueurs touchaient à l'eau. Makey Makey est un petit bidule USB à brancher dans son ordi. En attachant des fils dans les trous sur le bidule, on peut brancher n'importe quoi sur son ordi. Et bam! J'ai pu jouer à Canabalt et Mario avec une banane! Ça coûte 50$ sur leur site web, ça prend même pas 5 minutes à faire marcher et ça vient avec tout le kit nécessaire pour faire n'importe quoi!

Jeux de table
Si vraiment tu as peur de faire un jeu vidéo, sache que c'est vraiment cool et facile de faire un jeu de société. Suffit d'avoir beaucoup de papier et de crayons, d'acheter des paquets de cartes au magasin 1$ et d'écrire dessus avec des crayons feutre noirs ou d'acheter des étiquettes autocollantes. J'ai vu toutes sortes de jeux de table créés en 48 heures dans les gamejams. Ça permet d'être super créatif et de faire des jeux vraiment fous ou simplement prendre le temps de faire des belles cartes et des beaux pions. Le secret pour réussir? Tester son jeu le plus souvent possible, jouer seulement quelques minutes pour voir si ça marche et ne pas avoir peur de changer les règles quand ça ne marche pas. Par exemple, mon jeu Combat Géant a été créé en seulement un après-midi. On changeait les règles constamment et on le testais à chaque 5 minutes. Au final, le jeu est vraiment cool.

Les gamejams, le défi One Game A Month et le Ludum Dare
Comme pour n'importe quoi qui demande de se libérer du temps pour réaliser un projet personnel, c'est facile de sombrer dans la procrastination et de niaiser sur Facebook plutôt que de faire son jeu. C'est pourquoi il y a plusieurs concours, défis ou événements qui offre des thèmes pour s'inspirer et des limites de temps très strictes. Genre 48 heures. Ou genre terminer 1 jeu par mois. Certains gamejams se font sous forme de rassemblement dans un lieu, certains se font par internet chacun chez soi. Suffit de fouiller un peu autour de toi et tu trouveras l'opportunité qui te convient pour faire ton jeu.

Bref, tu n'as plus d'excuses. Fais des jeux et devient un héros! 😀

Recommandations de podcasts

Les gens sont souvent surpris de voir à quel point je semble connaître en détail «tous les jeux». Mon secret? J'écoute énormément de podcasts qui vont en détail dans leurs sujets. Plusieurs personnes m'ont demandé ma liste de favoris, la voici donc:

Podcasts de jeux vidéo:

Weekend Confirmed

Durée moyenne: 120 minutes
Weekend Confirmed couvre principalement les jeux triples-A, mais en gardant quand même une bonne place aux jeux mobiles et jeux indies. Mais ce que j'aime particulièrement, c'est qu'ils prennent le temps de discuter des choses en profondeur. Ils prennent le temps de décortiquer les mécaniques de jeux pour bien expliquer pourquoi tel ou tel jeu est intéressant ou non.
Site / iTunes

Gamers With Jobs Conference Call

Durée moyenne: 60 minutes
Gamer With Jobs est intéressant parce que tous les animateurs sont plutôt "âgés" (entre 35-45 ans) et ont des enfants. Donc ils sont intéressés par des types de jeux différents de ce qui est couvert par la majorité des sites de jeux. Cela inclut beaucoup de jeux de stratégie ou des jeux de coop local. Eux aussi n'hésitent pas à aller en profondeur dans leurs conversations. Aussi intéressant: ils n'hésitent pas à parler de jeux de table, donc c'est cool pour ça aussi.
Site / iTunes

Brainy Gamer

Durée moyenne: 60 minutes
Brainy Gamer est animé par un prof à l'université, donc les conversations sont souvent orientées vers des sujets plus "intellectuels". Ce qui est bien c'est qu'il a presque toujours des invités très variés et les conversations sont toujours intéressantes.
Site / iTunes

A Life Well Wasted

Durée moyenne: 30-60 minutes
A Life Well Wasted est un excellent podcast sous une forme documentaire. Chaque émission a un thème et est composée de plusieurs chapitres aux sujets complètement différents, mais toujours reliés au thème. Malheureusement, l'auteur sort très peu d'épisodes; environ 1 par année. Cela étant dit, je vous conseille fortement d'aller écouter tous les épisodes précédents.
Site / iTunes

Design:

99% invisible

Durée moyenne: 10-15 minutes
99% invisible ne parle pas de jeux vidéo mais plutôt de design au sens large. Chaque émission prend la forme d'un reportage sur un sujet. L'architecture est un des sujets qui revient souvent, donc c'est particulièrement intéressant pour les level designers qui souhaitent élargir leurs horizons. Autre avantage: les émissions sont courtes.
Site / iTunes

Sujets divers:

This American Life

Durée moyenne: 60 minutes
This American Life a vraiment un feeling unique. C'est un peu un documentaire. C'est un peu des histoires. C'est parfois de la fiction mais c'est habituellement profondément réel. Chaque émission a un thème et est constituée de plusieurs actes ou "histoires" en lien avec le thème. C'est vraiment spécial et je pense qu'il faut écouter 1 ou 2 émissions pour commencer à comprendre pourquoi c'est aussi unique.
Site / iTunes

Radiolab

Durée moyenne: 60 minutes
Radio Lab ressemble à This American Life dans sa forme, mais les sujets tournent plus sur des thèmes scientifiques. Les 2 animateurs ont un don pour expliquer des concepts vraiment complexes et avec beaucoup de détails, mais toujours de manière conviviale et sans jamais être complexe au point de perdre ses auditeurs. À souligner: il y a un travail magistral au niveau de la conception sonore. Les sons et la musique sont utilisés apporter un autre niveau de compréhension des sujets.
Site / iTunes

Avec tout ça, vous allez pouvoir remplir votre iPod et ne plus jamais vous ennuyer avec la radio plate dans vos transports quotidiens! 🙂

Nouveau projet: «A Fishing Game with Actual Water»

À tous ceux qui se demandaient ce que j'allais faire avec mon MakeyMakey à part jouer avec des ustensiles et des bananes: Merci de votre curiosité!

En fait, j'ai acheté mon MakeyMakey pour participer au Fishing Gamejam organisé par Sophie Houlden dans lequel il fallait faire un jeu sur le thème de la pêche. J'ai donc fait un jeu que j'avais envie de faire depuis longtemps et qui se joue avec de l'eau. Oui, de la vraie eau! Celle qui mouille quand on met nos mains dedans. Et c'est justement le but du jeu: attraper des poissons (virtuel) et être mouillé! Le joueur qui a attrapé le plus de poissons gagne.

Comment ça marche?
Les 2 joueurs ont chacun 3 bols d'eau, qui sont reliés au laptop à travers du MakeyMakey. Les joueurs doivent garder une main une plaque en papier d'aluminium, ce qui permet au système de savoir quand ils touchent l'eau de chaque bol. Évidemment, il faut beaucoup de plastique pour protéger le laptop contre toute cette dangereuse eau!

J'ai amené le jeu au Parc Jarry en fin de semaine passée. Ce fut un grand succès. Les gens ont rapidement compris comment jouer et la compétition était féroce. Les joueurs ont découvert qu'ils peuvent éclabousser l'eau pour arroser le voisin du même coup! Certain ont même élaboré des tactiques compliqués pour essayer de tromper le système et faire plus de points! 🙂

Ce playtest public a été bien utile. J'ai noté certains points pour améliorer le jeu davantage. La prochaine fois que je vais amener le jeu à un événement, ça devrait être beaucoup plus stable.

Mon objectif futur pour ce jeu serait de l'amener à divers événements durant l'été pour essayer de faire jouer plein de gens. Je vais annoncer les événements ici et sur mon twitter et facebook pour que vous puissiez venir.

Un Nez de Clown au TOJam

En fin de semaine passé, j'étais à un AUTRE gamejam, cette fois-ci le Toronto Gamejam (TOJam).

J'y allais avec plusieurs gens de la gang du MRGS. On a formé quelques équipes de gens de Montréal pour essayer d'impressionner les jammers indies de Toronto. L'objectif: faire un jeu en moins de 3 jours!

Est-ce que ça a marché? Pas vraiment… Du moins, pas dans mon cas. L'équipe dans laquelle j'étais a genre… explosé! On s'est donc séparés dans d'autres équipes. De mon côté, j'ai choisi de faire un jeu en solo, principalement dans l'optique d'apprendre comment fonctionne le CSS et les trucs de web. Sur ce point, succès!

Mais au lieu de vous raconter cette fabuleuse histoire moi-même, je vais plutôt vous la faire vivre. En effet, le jeu que j'ai créé sur place à Toronto parle de… nos aventures à Toronto!

Le jeu s'appelle Un Nez de Clown au TOJam. C'est niaiseux, remplis d'inside-jokes et ça se joue en 5 minutes. Oh et il y a même un jeu dans le jeu! 😛

Gamejam DTGMA avril 2013 - Mon expérience

En fin de semaine, j'ai participé au DTGMA (Downtown Trimestrial Game Making Adventure!) à la Maison Notman. Le DTGMA est un gamejam "relax" organisé par la Mount-Royal Game Society (MRGS) et qui s'étend sur tout un mois. Certains participants prennent tout le mois pour faire leur jeu, mais d'autres ne participent qu'à la dernière fin de semaine du mois où tout le monde donne un blitz pour finir leur jeu. Cette fois-ci, Renaud Roi-des-monstres avait réservé la Maison Notman et j'ai donc retrouvé là-bas la plupart des habitués du MRGS.

Les thèmes du DTGMA de ce mois-ci étaient:
  - Cooking
  - Hoisting
  - Giant and talking
et on avait la liberté d'en choisir un, deux ou les trois.

Sam (le gars qui a fait le visuel de Cotton Balls Factory), Annie (celle qui a fait du visuel sur plusieurs de mes prototypes) et moi, on avait initialement prévu de faire un petit jeu pas compliqué avec Twine. On s'est donc rencontré pour déjeuner le samedi matin du jam et en profiter pour discuter de ce qu'on voulait faire. En fait, on n'avait absolument aucune idée de ce qu'on voulait faire! Les quelques idées qu'on avait eu jusqu'à ce moment n'étaient pas particulièrement originales et d'autres équipes avaient eu des idées similaires. On a donc poussé davantage et pensé à un jeu où un géant aurait de la difficulté à conserver son équilibre parce qu'il est trop grand, ce qui le fait trébucher et écraser des gens et des maisons. Comme Godzilla qui détruit tout Tokyo pendant qu'il se bat avec les autres monstres.

Dans un grand revirement de situation, on a finalement décidé de faire un jeu de table au lieu de faire un jeu vidéo. On s'est dit que ce serait une expérience intéressante à essayer. En plus, puisqu'on n'a plus la limite de la programmation qui prend toujours full de temps, on pourrait pousser le design au max.

Faire un jeu de table est toujours une expérience vraiment différente de faire un jeu vidéo. Quand on fait un jeu vidéo, c'est facile de prendre l'idée globale qu'on veut faire et de la faire rentrer dans un moule de jeux existants: jeu de plateformes, jeu de tir, jeu d'action, jeu à la première personne... Mais quand on fait un jeu de table, on a beaucoup plus d'options que ça. Est-ce qu'on veut utiliser des cartes? Est-ce qu'on utilise des pions? Des dés? Un plateau de jeu? Et chacun de ces éléments peut prendre plusieurs formes. Pour le plateau, on peut avoir une grille carrés, un labyrinthe, un trajet linéaire, une boucle... Pour les cartes, on peut utiliser des couleurs, des images, des symboles, des chiffres... Ce peut être un jeu à deux, trois, quatre joueurs ou plus. Il y a vraiment BEAUCOUP PLUS de possibilités avec un jeu de table que lorsqu'on fait un jeu vidéo, et c'est ce qui est excitant!!

Mes quelques expériences de création de jeux de table m'ont apprise qu'il faut rapidement décider d'une mécanique de base qu'on a playtesté pour ensuite graduellement ajouter les morceaux additionnels et faire des tests à chaque fois. On a donc décidé certains paramètres dès le début: Un jeu à 2 joueurs où 2 géants s'affrontent. Le but est de faire tomber l'autre géant pour qu'il écrase les gens (d'autres pions) dans sa chute. J'ai fait rapidement un petit système de cartes pour décider comment les joueurs peuvent déplacer leur géant ou pousser l'autre géant pour écraser les gens. Il y avait probablement plusieurs manière d'arriver au même résultat, mais il fallait bien commencer quelque part. C'était simplement une mécanique pas trop compliquée à implémenter. D'une certaine manière, c'est un peu comme la mécanique de base d'un jeu de plateformes: courir et sauter. Il ne restait qu'à déterminer les variables (à quelle vitesse on cours, à quelle hauteur on saute) et les défis (on saute par dessus quoi?, on cours pour aller où?). Dans notre cas, il fallait déterminer comment le joueur allait utiliser la mécanique de placement avec les cartes pour réaliser ses objectifs.

(Oh! Petite parenthèse: Je ne vais pas rentrer ici dans les détails des mécaniques du jeu. Je vais faire un autre billet pour ça.)

Le jeu a donc été complété en soirée le samedi. J'ai été le premier surpris: d'habitude, faire un jeu de table qui est intéressant à jouer peut prendre plusieurs jours de taponnage. J'imagine que la rapidité vient avec l'expérience.

Le dimanche, on a fait que des playtests en utilisant comme cobaye les autres participants du DTGMA. Les commentaires ont été très positifs. Les gens comprenaient bien les mécaniques et ils voyaient bien les possibilités et les choix qu'ils devaient faire à chaque tours. Mais le plus important c'était qu'ils avaient l'air bien concentrés sur le jeu et qu'ils s'exclamaient lorsqu'un revirement de situation avait lieu. Pour un game designer, c'est la récompense ultime! Ils avaient l'air d'avoir du fun!

On a tout de même eu des commentaires constructifs sur certains points à améliorer. Le système de défense actuel, bien que laissant beaucoup de place à l'effet de surprise, repose présentement un peu trop sur la chance. Le joueur attaquant n'a pas vraiment de moyen de prévoir son taux de succès. On va donc continuer à essayer d'autres paramètres pour essayer de rendre la mécanique de défense encore plus intéressante. J'ai déjà des idées toutes simples qu'on pourra essayer prochainement.

En conclusion, je suis vraiment content de ce qu'on a réussi à accomplir. On a été capable de trouver l'idée, de l'appliquer et d'itérer plein de fois et ce en seulement 1 journée de jam (le samedi). On a même réussi à faire des figurines, un design de planche de jeu, un design pour les cartes et plein de playtests le dimanche. Bon, il reste encore plusieurs itérations avant que ces éléments fonctionnent bien, mais le jeu est déjà l'fun right now! Bref, y'a de quoi se réjouir. On est sur la bonne voie vers un jeu qui pourrait être vraiment solide!

Mercredi de cette semaine, nous allons amener le jeu au meetup du MRGS pour que les gens puissent l'essayer et nous donner des commentaires sur les nouvelles modifications qu'on a apportées. Si vous voulez l'essayez, venez faire un tour!

Mother 3 - Quand la musique devient une VRAIE mécanique de jeu

Je lisais tantôt cet article à propos de la musique de Mother 3 (la suite de Earthbound/Mother 2). Ça a été écrit par un musicien qui s'amuse ici à décortiquer le tempo de plusieurs pièces intéressantes du jeu. Et ça m'a fait réalisé quelque chose de vraiment cool: Mother 3 utilise la musique, et plus particulièrement le tempo, comme mécanique de jeu!

Mother 3 est un RPG avec un système de combat relativement traditionnel. C'est du tour-par-tour basique comme il y en a dans des centaines de JRPG. Mais le jeu innove cependant sur plusieurs aspects, notamment avec la mécanique des compteurs de points de vie. Cependant, ce qui m'intéresse ici c'est plutôt le système de combos.

Durant un combat, lorsqu'on fait une attaque, on peut continuer d'appuyer plusieurs fois sur le bouton A pour attaquer jusqu'à 16 fois. Mais attention: pour que ça marche, il faut appuyer sur le beat de la tune!

En soi, ce n'est pas une mécanique complètement originale. Beaucoup de jeux demandent de taper sur le rythme. Même dans des RPG. On se souviendra notamment des mécaniques de "action battle system" des Mario RPG, Paper Mario ou certains Final Fantasy.

Mais Mother 3 va beaucoup plus loin. C'est à ma connaissance le seul jeu qui intègre les outils du Rational Game Design dans l'écriture même de sa musique!

Le design rationnel est un outil pour les game designers pour leur permettre de ne rien oublier dans le design et de créer une courbe de difficulté raisonnable. Par exemple, si dans un jeu, le personnage est capable de sauter à une distance X, on ne va pas demander au joueur d'utiliser cette habileté à son plein potentiel dès le début. On va commencer par lui donner des défis plus facile pour finalement lui demander de sauter de plus en plus loin et de manière plus précise. La «distance à sauter» est donc un paramètre du design rationnel que le designer peut ajuster. Dans un shooter, au début, les ennemis ne se déplacent pas trop vite et son facile à viser. Par la suite, ils se déplacent plus rapidement pour augmenter le défi. Ici, la «vitesse des ennemis» est donc le paramètre du design rationnel.

Comme je disais, dans Mother 3, le design rationnel semble avoir été utilisé pour la création des musiques de combats. Au début, quand le système de combos est présenté au joueur, les musiques sont relativement simples. Le tempo est régulier, à une vitesse moyenne et avec des indices auditifs clairs. Plus on avance dans le jeu, plus le jeu commence à inclure des versions alternatives des pièces musicales. Dans ces versions alternatives, le tempo devient irrégulier, il y a moins d'indices auditifs (exemple: pas de percussions faciles à suivre). Certaines pièces s'accélèrent. D'autres vont sauter des temps. Tout ça dans le but de rendre de plus en plus difficile pour le joueur de suivre le rythme pour faire des combos. Simplement appuyer sur A de manière régulière ne suffit plus. Il faut vraiment porter attention aux indices musicaux et même apprendre par coeur certains motifs. (Il y a un mode pratique pour ça justement, où le joueur peut se pratiquer à suivre le tempo sans subir de dommage de combat)

Allez lire l'article de Cruise Elroy. Écoutez les extraits et portez attention aux beats. Essayer de taper le beat des pièces. Vous allez constater à quel point cela devient difficile dans les versions alternatives.

C'est une utilisation super intéressantes du design rationnel. Vous pourrez remarquer que la musique a été composée selon certains paramètre du design rationnel. De la même manière qu'on peut changer le paramètre de «distance de saut» ou de «vitesse des ennemis», la musique de Mother 3 utilise les paramètres suivants:

  • Facile: Beat régulier et percussion facile à suivre
  • Taper sur la mélodie de certains instruments au lieu du tempo régulier
  • Taper sur un tempo qui s'accélère
  • Enlever les percussions, ce qui rend difficile la recherche du tempo
  • Utiliser une mélodie en contretemps (qui demande de taper sur les up-beat plutôt que les down-beat)
  • Sauter des beats à certains moment dans une pièce
  • Allonger abruptement certaines notes
  • Ajouter des pauses inattendues
  • Changer la signature rythmique de 4/4 à 3/4 ou 5/4, voire même carrément weird (29/16!!)
On s'entend, quand t'es rendu à composer une tune en 29/16, c'est que tu es en train de troller le joueur solide! Hahaha!
Évidemment, ce n'est pas tout de simplement mettre un tempo difficile à suivre. Il a fallu que le compositeur Shogo Sakai compose des mélodies intéressantes et musicalement correctes! C'est ce qui est compliqué avec le design rationnel. Parce que même si ton design de difficulté te dit que ça serait un bon défi de faire une tune en 29/16, il faut encore que la tune soit bonne! On veut pas que ça devienne une bouillie pour les oreilles!
Si, dans un jeu de plateformes, le design dit que ça serait bien d'avoir une plateforme à 3 mètres de haut, il faut encore que l'artiste de niveaux puisse placer des éléments qui rendent crédible le fait qu'une plateforme flotte dans les airs à 3 mètres! Il va par exemple ajouter un poteau ou une falaise. C'est un problème courant et facile à régler dans le cas d'un jeu de plateformes, mais complètement nouveau pour ce qui est de la musique. Mother 3 est donc un bon exemple (voire même le seul!) de jeu où la musique a été composée selon des contraintes de design rationnel ET les critères de beauté standards de musique.

Certains jeux musicaux comme Guitar Hero ont une courbe de difficulté progressive, mais dans ces jeux, on utilise des pièces musicales déjà existantes. Dans Mother 3, les pièces de musique ont été créé de toutes pièces en fonction des contraintes de courbes de difficulté. Et les versions alternatives des pièces ont été écrit en sachant que le joueur avait déjà maîtrisé la version de base de la même musique et utilisent donc les paramètres de design de difficulté avancés pour jouer sur les attentes du joueur, pour le confondre et le «troller» pour augmenter la difficulté, comme le ferait un bon level design.

Et donc, c'est vraiment hot! 🙂
Allez! On se laisse avec un remix rock semi-quétaine d'une tune du jeu de la meilleure tune du jeu! 😉