Qu’est-ce qui me donne encore de l’espoir?

Qu’est-ce qui vous donne encore de l’espoir dans ce monde de merde?

C’est vrai, c’est pas facile d’avoir de l’espoir ces temps-ci. Mais l’espoir c’est un verbe. (Je pense que c’est Greta Thunberg qui avait dit ça?)

Quand elle a embarqué sur le bateau le mois dernier avec d’autres pour aller en Palestine apporter des vivres et des médicaments, elle savait très bien qu’ils allaient se faire arrêter. Mais elle l’a fait pareil pour montrer au monde entier à quel point Israël sont des trous de cul génocidaires qui font des crimes de guerre. Et à quel point les médias sont hypocrites.

Évidemment elle s’est fait arrêté, mais elle a pu livrer son message. Et maintenant on sait que les médias nous cachent la vérité à propos du génocide a Gaza. On sait qu’Israel est prêt à arrêter un bateau de sauvetage en eaux internationales (ce qui est un crime international!) et que les autres pays vont laisser faire Israël en toute impunité.

Évidemment on n’est pas Greta Thunberg. On n’a pas sa popularité internationale. On peut pas faire pareil…

Mais ça n’a pas empêché des milliers de personnes de faire un convoi de libération y’a 2-3 semaines, qui ont marché à pieds à travers plusieurs pays, pour se rendre jusqu’à Gaza avec des vivres et défoncer le blocus d’Israel. Malheureusement ça s’est arrêté aussi. Parce que les pays sont contrôlés par les oligarques. Si on avait des doutes, maintenant on le sait.

Est-ce que les gens qui ont marché dans ce convoi, pendant plusieurs jours, avait l’espoir de réellement briser le blocus d’Israel? Peut-être. Mais ils ne se faisaient pas d’illusion: ça allait certainement être bloqué par l’armée Israélienne. Mais ils l’ont fait pareil. Et ça a marché: ça a été un gros mouvement et les gens en ont parlé. C’était trop gros pour que les médias puissent l’ignorer.

Alors pour revenir à la question, qu’est-ce qui me donne espoir dans ces temps de poly-crises?
C’est de voir les gens passer à l’action. Faire quelque chose. Ne pas rester silencieux et inactif.

C’est de voir des gens dans mon quartier passer à l’action. Faire des petites choses, mais ensemble!

Exemple: Hier j’étais à un groupe de parole pour femmes palestiniennes.

Elles ont parlé de leur vie, de leur famille, des proches qu’elles ont perdu dans ce génocide. Une a dit qu’elle se sent muselée depuis 2 ans. Elle est venu parce qu’elle se sentait en sécurité de pouvoir parler dans ce groupe. Ensemble elles ont ris et pleuré. Elles ont parlé de leur désespoir. Elles ont parlé de ce qui leur donne de l’espoir.

Sans notre salle communautaire gratuite, où je suis bénévole, ça n’aurait pas eu lieu. L’organisatrice avait cette idée depuis un an. C’est quand elle a entendu parlé de cette salle communautaire qu’elle a pu mettre son idée en marche. Elle était pas sûre si des gens allaient venir. Finalement on était 6. C’était parfait.

Une disait qu’elle va à des manifestations depuis 40 ans et qu’elle commence à penser que ça sert à rien.

Je lui ai dit que ça ne sert pas à rien, parce que c’est une de ces manifestations là, à laquelle j’étais allé, qui m’a conscientisé sur ce qui se passe. Ça m’a fait voir qu’il y a réellement une masse de personnes à Montréal (et partout dans le monde) qui supportent la Palestine.

Parenthèse:

Cette manif là, il y avait eu assez de gens pour remplir la Place des Spectacles au complet. J’ai vu une photo aérienne prise par un drone. C’était 2 fois plus que la grosse grève du Front Commun en 2023, qui avait regroupée 200 000 personnes. J’étais là aux deux.

Mais ce qui m’a le plus choqué, c’est le silence dans les médias le lendemain. Un petit paragraphe pour dire qu’il y a eu une manif à Montréal. C’est tout.

Des gens avait jeté de la peinture rouge devant le bureau de Radio-Canada pour dénoncer le fait que, à ce jour, RC refuse d’utiliser le mot « génocide ». Évidemment, RC n’en avait pas du tout parlé. Le Journal de Montréal avait critiqué les militants qui saccagent la propreté privé de Radio-Can, mais sans expliquer pourquoi (le silence sur le génocide). Les médias refusent de parler de la vérité, parce qu’ils sont financés par les riches, qui bénéficient de ce génocide.

Fin de la parenthèse.

Mais bref, j’ai dit à cette femme hier qu’elle ne devrait pas être découragée de manifester. Que ca a servir à quelque chose. Que ça m’a conscientisé et que là aujourd’hui j’en parle partout.

Elle a dit que, découragée ou non, espoir ou non, elle allait quand même continuer de manifester. Mais quelle était contente de m’entendre aujourd’hui.

Elles sont sorties de cette soirée le cœur plus léger, plein de gratitude pour l’organisatrice, pour la salle, pour les autres participantes.
Et aussi un peu pour moi, homme blanc cis privilégié qui a écouté ce qu’elles avaient à dire en fermant ma gueule.


Le

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